Pat King, un des organisateurs de l’occupation à Ottawa, devra demeurer détenu

Des manifestants à Ottawa, le 30 janvier dernier
Jacques Nadeau Le Devoir Des manifestants à Ottawa, le 30 janvier dernier

Un des principaux organisateurs de la manifestation qui a duré trois semaines sur la colline du Parlement, à Ottawa, n’a pas pu obtenir sa libération sous caution, vendredi.

Pat King, de Red Deer, en Alberta, avait été arrêté vendredi dernier à Ottawa. Il fait face à des accusations de méfait, d’avoir conseillé de commettre un méfait, d’avoir conseillé de désobéir à une ordonnance du tribunal et d’avoir conseillé d’entraver le travail de la police.

Le juge de paix Andrew Seymour a indiqué vendredi qu’il n’était pas convaincu que M. King, s’il était libéré, ne commettrait pas d’infractions de même nature.

En rendant sa décision, le juge Seymour a expliqué que les preuves présentées par la Couronne « brossent le portrait d’un individu qui a clairement l’intention de poursuivre sa protestation et est indifférent aux conséquences ».

Il a également déclaré que M. King n’avait pas besoin d’être à Ottawa pour commettre d’autres infractions, soulignant le risque qu’il continue de communiquer avec d’autres leaders de la manifestation ou avec ses 354 000 abonnés sur Facebook.

Le juge Seymour n’était pas non plus rassuré par la personne qui devait répondre de M. King, une Albertaine qui ne connaît l’accusé que depuis quatre semaines environ et qui était venue à Ottawa pour prendre part à la manifestation.

Le juge a déclaré qu’il y avait des preuves que Kerry Komix aurait pu jouer un rôle dans l’organisation du convoi, rappelant son lien avec une campagne de financement pour ceux qui campaient au cœur de la capitale.

Mme Komix était soit « fermement ancrée parmi les leaders » du convoi, soit pouvait être « facilement manipulée » par eux, a estimé le juge Seymour. Il a déclaré que le tribunal prendrait un risque inacceptable en relâchant M. King sous la supervision de Mme Komix.

Le juge a aussi estimé qu’une personne raisonnable pourrait perdre confiance dans l’administration de la justice si M. King était libéré. « Les infractions étaient une attaque contre la primauté du droit, qui a ébranlé la confiance des Ottaviens et des Canadiens dans les institutions, comme le gouvernement et la police, pour les protéger, a déclaré le juge Seymour. Les infractions présumées sont extraordinairement graves et sans précédent. »

Points de contrôle toujours là

Les barricades délimitant un périmètre de sécurité au centre-ville d’Ottawa étaient toujours en place, vendredi, même si la superficie en était plus petite qu’au début de la semaine, après que la police eut dispersé les manifestants qui avaient bloqué les rues de la ville.

La police a indiqué que les points de contrôle resteront en place toute la fin de semaine, et que les policiers n’interviendraient que si des personnes participent à des activités illégales, telles que le blocage de rues.

Pat King était assis dans une salle d’audience du palais de justice d’Ottawa à quelques pâtés de maisons de ces points de contrôle, vendredi après-midi, alors que le juge Seymour rendait sa décision.

Lors de l’audience sur remise en liberté, plus tôt cette semaine, la Couronne avait diffusé une vidéo de M. King faisant des déclarations désobligeantes sur différentes communautés ethniques. Il se réjouissait aussi qu’une ordonnance du tribunal ait été requise plus tôt ce mois-ci pour restreindre le bruit incessant des klaxons de camions à Ottawa.

La Couronne avait demandé au juge, plus tôt vendredi, de rouvrir l’enquête pour remise en liberté, afin de pouvoir présenter de nouvelles preuves, mais le juge Seymour a rejeté la requête.

Le juge a aussi interdit vendredi à M. King de communiquer avec d’autres organisateurs du « convoi de la liberté », notamment Tamara Lich, Chris Barber, Daniel Bulford et Tyson George Billings.

Chris Barber a été libéré sous caution la semaine dernière, après avoir été accusé pour son rôle dans la manifestation au centre-ville d’Ottawa. Tamara Lich, par contre, n’a pas obtenu sa libération sous caution, mardi.

L’enquête sur remise en liberté de Tyson George Billings avait lieu aussi vendredi, mais la juge chargée de l’affaire a prévenu qu’il était peu probable qu’elle rende une décision d’ici la fin de la journée. La juge pourrait annoncer sa décision lundi.

Tyson Billings, âgé de 44 ans, est accusé de méfait, d’avoir conseillé de commettre un méfait, d’avoir conseillé de désobéir à une ordonnance du tribunal, d’entrave au travail des policiers et d’avoir conseillé d’entraver le travail des policiers.

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