La police reprend le contrôle d’Ottawa

Après que les policiers eurent intensifié leurs opérations dans les derniers jours, le nombre de protestataires a diminué considérablement à Ottawa, ont indiqué les autorités dimanche. Dans leur dernier bilan, les forces policières ont dit avoir procédé à l’arrestation de 191 manifestants et remorqué 79 véhicules.
Photo: Cole Burston La Presse canadienne Après que les policiers eurent intensifié leurs opérations dans les derniers jours, le nombre de protestataires a diminué considérablement à Ottawa, ont indiqué les autorités dimanche. Dans leur dernier bilan, les forces policières ont dit avoir procédé à l’arrestation de 191 manifestants et remorqué 79 véhicules.

Après 24 jours d’occupation, les policiers ont chassé du centre d’Ottawa les manifestants venus protester contre la vaccination obligatoire et les mesures sanitaires. L’opération s’est soldée par de nombreuses arrestations et le remorquage de plusieurs véhicules. Si le calme est de retour dans les rues, les députés poursuivent de vifs échanges sur les vertus de ratifier la Loi sur les mesures d’urgence, dont le vote est prévu lundi soir.

Après que les policiers eurent intensifié leurs opérations dans les derniers jours, le nombre de protestataires a diminué considérablement, ont indiqué les autorités dimanche. Dans leur dernier bilan, les forces policières ont dit avoir procédé à l’arrestation de 191 manifestants et remorqué 79 véhicules.

Pour l’instant, 389 accusations ont été portées contre ceux qui occupaient le centre-ville, ce qui comprend le cas d’une personne ayant tenté de se saisir du pistolet à impulsion électrique d’un policier.

Bien que la plupart des manifestants aient été délogés, la présence des policiers se fera sentir pour une période qui n’a pas été spécifiée. « Nous avons encore besoin de ces mesures pour empêcher le retour des manifestations illicites », a mentionné le chef intérimaire de la police d’Ottawa, Steve Bell, lors d’une conférence de presse dimanche après-midi.

Les policiers assureront une présence pendant encore plusieurs jours, a-t-il prévenu, et les points de contrôle restent en place pour le moment. Une clôture a de plus été érigée autour du parlement. « Nous avons promis cette semaine que nous allions libérer nos rues et les rendre à nos résidents, a dit Steve Bell. Chaque heure qui passe nous rapproche de cet objectif. »

Refusant de s’avouer vaincus, nombre de manifestants ont assuré qu’ils continueraient à faire pression pour une levée totale des restrictions anti-COVID dans le pays. Certains se sont regroupés hors d’Ottawa, dimanche.

Les risques sont encore présents, pense Stephanie Carvin, experte en matière de sécurité nationale et professeure à l’Université Carleton. « La menace originale n’est plus au centre-ville d’Ottawa, mais elle est encore présente, souligne-t-elle. Nous avons maintenant un groupe d’extrémistes anti-gouvernement très bien réseauté, qui a fait une démonstration de force significative et qui a récolté un bon montant d’argent. » Elle ajoute que d’autres groupes radicaux en profitent pour se mobiliser.

« La question est de savoir si on a besoin de la Loi sur les mesures d’urgencepour y faire face, parce que ce n’est pas le cas habituellement quand on doit composer avec le risque que posent les extrémistes, dit-elle. Je pense que le gouvernement doit faire plus pour nous démontrer pourquoi il a besoin de ces pouvoirs. »

Nous avons promis cette semaine que nous allions libérer nos rues et les rendre à nos résidents. Chaque heure qui passe nous rapproche de cet objectif.

Vifs débats aux Communes

Les autorités ont à nouveau étalé à grands traits dimanche les mérites de la Loi, entrée en vigueur mardi soir dernier.

« Nous avons vu les avantages de la Loi sur les mesures d’urgence. Ses dispositions nous ont permis de maintenir le périmètre, de restreindre les déplacements et d’étouffer le soutien financier aux manifestants », a mentionné dimanche le sous-commissaire de la Gendarmerie royale du Canada, Mike Duheme.

Ainsi, 206 comptes de banque ont été gelés et le compte d’un processeur de paiement d’une valeur de 3,8 millions de dollars a été gelé, a-t-il précisé.

La semaine dernière, la loi fédérale sur les mesures d’urgence est officiellement entrée en vigueur pour la première fois depuis son adoption en 1988. Elle confère le droit à la police d’interdire toute assemblée publique près de « lieux protégés », comme celle de la colline du Parlement, d’un monument de guerre ou des environs d’immeubles gouvernementaux, et de « saisir les véhicules » s’y trouvant.

Mais les députés doivent donner leur accord pour que le décret reste en vigueur et ils voteront sur la motion lundi à 20 h. La Chambre des communes a été le théâtre de vifs débats samedi et dimanche, après une pause d’une journée vendredi. Les libéraux ont besoin de l’appui du Nouveau Parti démocratique (NPD) pour que la mesure soit adoptée, et le parti a indiqué qu’il pourrait le retirer à tout moment.

L’utilité de maintenir les mesures d’urgence est discutable depuis que les forces policières ont fait le travail qu’elles auraient dû faire depuis un certain temps déjà, pense Daniel Béland, directeur de l’Institut d’études canadiennesà l’Université McGill. « C’est l’ironie : on a un vote, mais la situation s’est améliorée sur le terrain à Ottawa, dit-il. La situation paraît [donc] beaucoup moins urgente. »

Les conservateurs et le Bloc québécois sont, de leur côté, fermement opposés aux mesures d’urgence. Différents scénarios pourraient arriver lundi, estime le politologue. « Si la situation reste stable, le gouvernement pourrait simplement décider d’annuler le vote, dit-il. Ou si on vote, le NPD pourrait voter contre. Ils pensaient en avoir besoin la semaine dernière, et je pense que ça a été utile, mais le gouvernement et le NPD se retrouvent dans un dilemme une semaine plus tard. »

Les mesures d’urgence sont limitées par la loi à une période de 30 jours et il est possible de les révoquer à tout moment. Une enquête doit ensuite être tenue.

Ottawa n’a pas encore chiffré l’impact économique définitif de cette crise, durant laquelle plusieurs axes frontaliers névralgiques entre les États-Unis et le Canada ont été paralysés, ce qui a forcé de nombreuses usines à suspendre leur production.

Avec l’Agence France-Presse

L’UES enquête sur deux incidents impliquant des policiers à Ottawa

L’Unité des enquêtes spéciales de l’Ontario — l’équivalent du BEI — dit avoir ouvert une enquête sur deux incidents survenus lors des opérations policières visant à déloger les manifestants antigouvernementaux qui occupaient le centre-ville d’Ottawa depuis plusieurs semaines.

 

Selon des renseignements préliminaires, une femme âgée de 49 ans aurait été grièvement blessée par une policière de Toronto à cheval.

 

Une enquête a aussi été ouverte au sujet d’agents du Service de police de Vancouver qui auraient déchargé samedi soir des armes à létalité atténuée sur des personnes dans le secteur des rues Sparks et Bank.

 

L’Unité dit que personne n’a signalé de blessures au cours de cet incident. Elle demande à toute personne qui aurait été touchée par un projectile de communiquer avec elle.

 

Ces incidents seraient survenus au cours des opérations policières ayant mené à 191 arrestations depuis jeudi.

La Presse canadienne, à Ottawa

Enquête sur deux incidents impliquant des policiers à Ottawa

L’Unité des enquêtes spéciales de l’Ontario — l’équivalent du BEI — dit avoir ouvert une enquête sur deux incidents survenus lors des opérations policières visant à déloger les manifestants antigouvernementaux qui occupent le centre-ville d’Ottawa depuis plusieurs semaines.

Selon des renseignements préliminaires, une femme âgée de 49 ans aurait été grièvement blessée par une policière de Toronto à cheval. Une enquête a aussi été ouverte au sujet d’agents du Service de police de Vancouver qui auraient déchargé samedi soir des armes à létalité atténuée sur des personnes dans le secteur des rues Sparks et Bank.

L’Unité dit que personne n’a signalé de blessures au cours de cet incident. Elle demande à toute personne qui aurait été touchée par un projectile de communiquer avec elle.

Ces incidents seraient survenus au cours des opérations policières ayant mené à 191 arrestations depuis jeudi.

La Presse canadienne, à Ottawa



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