Les camionneurs lèvent le camp après deux jours de manifestation à Québec

Tous les camions stationnés boulevard René-Lévesque, à Québec, ont quitté les lieux avant 17 h dimanche, ce qui a mis fin à deux jours de manifestations contre les mesures sanitaires dans la Vieille Capitale.

Après s’être rassemblés par milliers samedi, quelques centaines de manifestants sont retournés dimanche devant l’Assemblée nationale pour déclarer à nouveau leur besoin de « liberté ».

Le rendez-vous dominical a débuté par un concert de klaxons vers 10 h. Comme la veille, une vingtaine de poids lourds étaient stationnés sur le boulevard René-Lévesque, près du parlement, dans une zone spécifique. Leur présence était tolérée en vertu d’une entente préalable entre le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) et les organisateurs de l’événement. Comme convenu, ces engins devaient quitter le secteur à la tombée du jour, ce qu’ils ont fait.

En début d’après-midi, les principaux organisateurs du Convoi de la liberté se sont adressés à la foule réunie près de la fontaine de Tourny pour une deuxième journée de suite. Le syndicaliste Bernard Gauthier a félicité les manifestants en indiquant que les deux dernières fins de semaine de manifestation à Québec avaient été pacifiques et que, par conséquent, il attendait « un retour d’ascenseur de la part du gouvernement ». « Il faut que tu nous reviennes avec des réponses, a lancé l’organisateur. Nous autres, on va réagir si ça ne marche pas. On va se trouver d’autres choses, c’est sûr et certain. »

Les organisateurs réclamaient surtout l’abandon définitif du passeport vaccinal. Cette mesure sera suspendue le 14 mars prochain.

Puis, entre musiques diffusées par des haut-parleurs et séances de « méditation » en groupe, l’atmosphère est demeurée festive toute la journée.

Le SPVQ a contenu tout débordement. Les forces de l’ordre ont procédé samedi à quatre arrestations : deux pour voies de fait et action indécente et deux en vertu de la réglementation sur la paix et le bon ordre. Durant la fin de semaine, les agents ont remis en tout 167 contraventions : 63 en vertu de la réglementation sur la paix et le bon ordre, 75 en vertu du Code de la sécurité routière et 29 constats de stationnement.

Identité numérique

 

Encore une fois, de nombreux protestataires et orateurs ont martelé dimanche leur opposition à l’identité numérique. Plusieurs ont ainsi réclamé un « débat public » sur les possibles dérives du passeport vaccinal, et la possibilité que celui-ci devienne un outil de contrôle et de surveillance du gouvernement.

Parmi eux se trouvaient Michel Dutil et Annie Marquis, deux trentenaires doublement vaccinés contre la COVID-19. « Le passeport vaccinal, ça semble être une très belle porte d’entrée pour l’identité numérique et la surveillance éventuelle de la population », a mentionné Michel Dutil.

Sa conjointe a ajouté que c’était « un terrain très glissant » et que le gouvernement devrait davantage informer la population sur le sujet. « Je ne vois pas la nécessité de l’identité numérique, ça fait peur », a indiqué Annie Marquis.

Le gouvernement souhaite qu’en 2025, des pièces d’identité, comme la carte d’assurance maladie, l’acte de naissance ou le permis de conduire, soient numérisées. Le gouvernement mène également des discussions avec des institutions financières afin d’évaluer la possibilité d’y intégrer des documents non gouvernementaux, comme la carte de crédit.

Le ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Éric Caire, a récemment indiqué que la biométrie, la reconnaissance faciale ou encore la reconnaissance des empreintes digitales pourraient être utilisées pour sécuriser l’identité numérique.

Depuis l’instauration du passeport sanitaire, plusieurs théories du complot prétendent que cette mesure sanitaire n’est que le prélude à l’instauration d’une sorte de « crédit social » comme en Chine, où la biométrie et l’identité numérique sont utilisées pour attribuer des notes aux citoyens, selon des facteurs comme la moralité et le civisme.

C’est ce que croit un manifestant originaire de Québec, qui refuse de donner son identité parce qu’il se méfie des médias et du gouvernement. « L’identité numérique servira à diviser les citoyens et à instaurer le crédit social, comme en Chine », a indiqué le manifestant. Selon lui, lorsque les mesures sanitaires seront levées, une partie des manifestants continueront de se battre contre l’identité numérique.

Pour l’instant, aucune autre manifestation n’est prévue la fin de semaine prochaine devant l’Assemblée nationale.

Avec Le Devoir

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