Montréal protège des terrains du Technoparc et interpelle Ottawa

Pour atteindre sa cible ambitieuse, la Ville aura toutefois besoin de l’appui du gouvernement fédéral, qui possède des terrains dans ce secteur, situé à proximité de l’aéroport Montréal-Trudeau.
Marie-France Coallier Le Devoir Pour atteindre sa cible ambitieuse, la Ville aura toutefois besoin de l’appui du gouvernement fédéral, qui possède des terrains dans ce secteur, situé à proximité de l’aéroport Montréal-Trudeau.

La Ville de Montréal a annoncé vendredi qu’elle protègera 16 hectares d’espaces verts qui lui appartiennent dans le secteur du Technoparc, dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Elle aura toutefois besoin du soutien du secteur privé et du gouvernement fédéral afin de réaliser l’ensemble de son engagement électoral concernant la protection des milieux naturels dans ce secteur.

Les terrains municipaux dont la Ville entend assurer la conservation à long terme sont situés à l’intérieur de l’Éco-campus Hubert Reeves et du marais IPEX, connu pour les nombreuses espèces d’oiseaux qu’on peut y observer. L’administration municipale espère ainsi protéger ces espaces verts dans l’ouest de Montréal de la pression immobilière qu’apportera dans les prochaines années l’arrivée d’une station du Réseau express métropolitain – baptisée Marie-Curie– au coeur de ce quartier industriel spécialisé dans les technologies de pointe.

C’est une conservation environnementale complète, dénuée de pouvoir de construction », a assuré vendredi au Devoir la responsable des grands parcs au comité exécutif, Caroline Bourgeois, au sujet du changement de zonage dont bénéficieront les terrains de la Ville en question. « Il y a une faune, une flore et des milieux humides qui s’y trouvent », a rappelé l’élue, tout en précisant que la Ville souhaite en parallèle permettre les développements industriels dans le nord du Technoparc, qui ne dispose pas de la même valeur écologique.

Cette annonce représente toutefois « une première étape » pour la Ville, qui souhaite à terme « tripler la superficie du parc-nature des Sources », rappelle-t-elle dans un communiqué émis vendredi. En campagne électorale, la mairesse Valérie Plante a ainsi fait part de son objectif de protéger environ 175 hectares d’espaces verts dans ce secteur, soit une superficie presque aussi grande que le parc du Mont-Royal, qui compte 190 hectares.

Pour atteindre cette cible ambitieuse, la Ville aura toutefois besoin de l’appui du gouvernement fédéral, qui possède des terrains dans ce secteur, situé à proximité de l’aéroport Montréal-Trudeau, mais aussi de certains terrains appartenant à des propriétaires privés. « C’est la clé pour arriver à l’objectif », a insisté Mme Bourgeois vendredi, au sujet du soutien attendu du gouvernement fédéral.

« Là-dessus, on a eu de bons échanges avec le ministre [de l’environnement] Steven Guilbeault et son cabinet », a assuré l’élue de Projet Montréal.

Le conseil d’arrondissement de Saint-Laurent avait d’ailleurs indiqué jeudi par voie de communiqué avoir acheminé une lettre au ministre Guilbeault afin de presser celui-ci de protéger certains terrains à forte valeur écologique du Technoparc en marge de la décision de la firme Médicom de renoncer à construire une usine dans une zone humide du secteur, le mois dernier.

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