La neige cause une tempête sur les cours virtuels au cégep

Une directive du Cégep de Saint-Hyacinthe a été interprétée par les enseignants comme une invitation à offrir leurs cours à distance malgré une fermeture de l’établissement due à la tempête de neige, vendredi.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Une directive du Cégep de Saint-Hyacinthe a été interprétée par les enseignants comme une invitation à offrir leurs cours à distance malgré une fermeture de l’établissement due à la tempête de neige, vendredi.

Une directive du Cégep de Saint-Hyacinthe a été interprétée par les enseignants comme une invitation à offrir leurs cours à distance malgré la fermeture de l’établissement due à la tempête de neige, vendredi. Cette controverse a relancé le débat sur la place de l’enseignement virtuel dans les cégeps après la pandémie.

« Les cours en présentiel sont suspendus pour la journée à la formation ordinaire et à la formation continue en raison de la fermeture des services de transport collectif régional. Les professeurs qui pourront basculer leurs cours en virtuel informeront leurs étudiants directement », indique un message diffusé vendredi sur le site Web du Cégep de Saint-Hyacinthe.

Cette possibilité annoncée d’une offre de cours à distance a fait bondir des enseignants, car la convention collective encadre les circonstances qui permettent de recourir à l’enseignement virtuel. « Le syndicat des enseignants à Saint-Hyacinthe est en beau fusil à cause de cette décision unilatérale », indique Yves de Repentigny, vice-président responsable du regroupement cégep à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN).

Tout changement aux modalités de livraison d’un cours doit faire l’objet de discussions au Comité de relations de travail (CRT) d’un établissement, ce qui n’a pas été le cas au cégep de Saint-Hyacinthe, selon le syndicat.

Un malentendu

 

Cette controverse est due à un malentendu, fait valoir la direction de l’établissement. « Dans la communication que nous avons expédiée ce matin après avoir pris connaissance de l’arrêt des services de transport en commun, nous avons voulu sensibiliser les étudiants au fait qu’ils seraient avisés par leur professeur si ce dernier décidait de donner son enseignement en mode virtuel. Cette communication ayant été rédigée à la hâte, nous convenons qu’elle pouvait porter à interprétation quant à nos intentions. Nous avons déjà eu des discussions internes sur ce sujet aujourd’hui et poursuivrons nos échanges dans les prochains jours afin de dissiper toute ambiguïté sur la question », indique Hélène Gagné, directrice des communications par intérim du cégep.

« [Nous] n’avons pas donné la consigne aux enseignants de basculer leurs cours d’aujourd’hui en mode virtuel. En respect du principe de l’autonomie pédagogique, ceux-ci ont la latitude de choisir la façon dont ils souhaitent remédier au fait qu’ils ne peuvent donner leurs cours comme prévu à l’horaire », précise-t-elle.

Crainte de dérive

 

Ce malentendu est révélateur d’une volonté des cégeps d’élargir leur offre de cours à distance, estime Yves de Repentigny. Les enseignants comprennent la nécessité de basculer à distance à cause de la pandémie, mais craignent une dérive dans la formation à distance — une solution facile qui nécessite peu d’investissements et qui rapporte gros.

« On nous annonce entre 25 000 et 30 000 étudiants de plus dans le réseau collégial d’ici une décennie, ça peut être tentant de créer des cours virtuels plutôt que d’investir dans des agrandissements coûteux », dit Yves de Repentigny.

Pour Samuel Vaillancourt, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), l’important est que « quand une personne choisit un cours en présentiel, elle ait un enseignement en présentiel autant que possible ». Les étudiants sont d’accord avec l’enseignement à distance à cause de la pandémie, mais cette solution devra être encadrée à l’avenir, selon lui.

Il rappelle que 10 % de la population étudiante n’a pas accès à un ordinateur portable ou à une connexion Internet fiable, et 27 % n’a pas d’endroit calme et propice à l’enseignement virtuel.

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