Plus de nouveaux diagnostics de VIH chez les hétérosexuels que chez les homosexuels au Royaume-Uni

À cause de la fermeture temporaire de nombreux centres de services de santé sexuelle en 2020 au Royaume-Uni, COVID-19 oblige, les tests de dépistages du VIH ont diminué.
Photo: Peter Nicholls Archives Agence France-Presse À cause de la fermeture temporaire de nombreux centres de services de santé sexuelle en 2020 au Royaume-Uni, COVID-19 oblige, les tests de dépistages du VIH ont diminué.

Au Royaume-Uni, les nouveaux diagnostics de VIH sont désormais plus fréquents chez les hommes hétérosexuels que chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH), a révélé une organisation caritative de lutte contre ce virus.

La moitié de tous les diagnostics de 2020 concernent des hommes hétérosexuels (49 %), contre 45 % chez les HARSAH, a détaillé l’organisme anglais dans un communiqué dévoilé le 7 février dans le cadre de leur semaine nationale de dépistage du VIH. L’organisation, du nom de Terrence Higgins Trust, mentionne qu’il s’agit d’une première en 10 ans.

À cause de la fermeture temporaire de nombreux centres de services de santé sexuelle en 2020 au Royaume-Uni, COVID-19 oblige, les tests de dépistages du VIH ont diminué. Chez les hommes hétérosexuels, cela a diminué d’un tiers (33 %), alors que pour les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, cela n’a diminué que de 7 %. Ainsi, malgré une proportion moins nombreuse à se faire tester, les hommes hétérosexuels ont davantage de cas positifs au VIH que les HARSAH, rendant l’écart d’autant plus significatif.

Cette baisse de diagnostics du côté des hommes non hétérosexuels serait attribuable à la disponibilité croissante de la pilule préventive (PrEP), mais aussi à la promotion ciblée du dépistage chez ce groupe d’individus. Non seulement ceux-ci ont tendance à se faire davantage dépister, mais ils le font plus rapidement que les hommes hétérosexuels. Ce faisant, ils diminuent le risque de transmission, étant au courant de leur situation. Ils peuvent alors prendre des médicaments afin que le VIH devienne indétectable dans leur corps, et donc intransmissible.

Le communiqué révèle aussi que beaucoup d’hétérosexuels ignorent pouvoir être porteurs du VIH. Ainsi, ceux-ci sont souvent diagnostiqués tardivement. L’organisme indique que 51 % des femmes et 55 % des hommes hétérosexuels déclarés séropositifs en 2020 l’ont été à un stade tardif. Du côté des HARSAH, seulement 29 % ont été déclarés séropositifs à un stade tardif, peut-on lire dans le communiqué.

Pour ce qui est des personnes vivant avec le VIH, on dénombre plus de HARSAH dans la population anglaise. Par contre, les nouveaux diagnostics de VIH au sein de ce groupe diminuent chaque année depuis 2014, totalisant une baisse de 70 % entre 2014 et 2020. Ce sont les Londoniens blancs qui connaissent la plus grande diminution de diagnostics.

De ce côté-ci de l’océan

Au Québec, où la transmission du VIH a longtemps été et demeure un enjeu quant au don de sang, les statistiques ne sont pas aussi optimistes. Les HARSAH représentaient 52,5 % des nouveaux diagnostics en 2019, selon le Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec de cette année-là (les données de 2020 n’étant pas encore disponibles).

Les diagnostics sont toutefois à la baisse chez les HARSAH au cours des dix dernières années, alors qu’ils sont en hausse pour les hommes hétérosexuels. « Entre les deux périodes de cinq ans (2010-2014 et 2015-2019), la moyenne annuelle des nouveaux diagnostics diminue de 15 % chez les HARSAH. Elle varie légèrement à la hausse chez les personnes hétérosexuelles (+9 %) », peut-on lire dans le rapport émis par le gouvernement du Québec.

Ces statistiques prépandémiques amènent toutefois un constat similaire que celles établies au Royaume-Uni. Les diagnostics diminuent du côté des HARSAH, alors qu’ils augmentent du côté des hommes hétérosexuels. Toutefois, il est impossible de savoir avec quelles proportions se font tester ces deux groupes d’individus au Québec.

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