Legault dit avoir prédit la montée de Duhaime dans les sondages

Le parti d’Éric Duhaime récolterait 14 % des intentions de vote, au moment où plusieurs Québécois vivent un ras-le-bol pandémique, contre 12 % pour QS et 11 % pour le PQ.
Jacques Boissinot La Presse canadienne Le parti d’Éric Duhaime récolterait 14 % des intentions de vote, au moment où plusieurs Québécois vivent un ras-le-bol pandémique, contre 12 % pour QS et 11 % pour le PQ.

François Legault aurait pressenti la montée du Parti conservateur d’Éric Duhaime. « Je vous avais dit que ça allait se resserrer, donc j’avais raison », a-t-il lancé mercredi à son arrivée à la période des questions.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) réagissait à la publication d’un nouveau sondage Léger, qui place désormais les conservateurs devant Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ).

Le parti d’Éric Duhaime récolterait 14 % des intentions de vote, au moment où plusieurs Québécois vivent un ras-le-bol pandémique, contre 12 % pour QS et 11 % pour le PQ.

Il n’aurait pas réussi à dépasser les libéraux (20 %) et serait encore loin de la CAQ (41 %).

Mais le Parti conservateur se retrouverait soudainement deuxième chez les francophones et troisième chez les 18-34 ans, selon le coup de sonde effectué auprès de 1017 Québécois du 11 au 13 février.

La satisfaction à l’égard du gouvernement caquiste serait en train de chuter : 55 % des répondants se disent toujours satisfaits du gouvernement. Ils étaient 60 % le 19 janvier dernier.

« Moi, je ne tiens rien pour acquis », a prudemment réagi le premier ministre Legault, pour qui la domination de la CAQ aux prochaines élections n’est pas assurée.

« Ça ne m’inquiète pas du tout »

Dans les corridors de l’Assemblée nationale, le député caquiste de Chauveau, Sylvain Lévesque, a indiqué, lui, ne pas se sentir particulièrement menacé.

C’est bien connu que la circonscription de Chauveau, qui se situe à Québec, est dans le collimateur des conservateurs.

« On est à six mois des élections, a souligné M. Lévesque. Un peu de patience, c’est normal, les gens sont fâchés, il y a une frustration qui s’exprime. Ça ne m’inquiète pas du tout. »

Vous n’avez pas peur de perdre votre siège, lui a demandé un journaliste. « Pas du tout, a-t-il répondu. J’ai un bilan très positif. »

Selon la députée indépendante Claire Samson, qui a rejoint les conservateurs en juin, M. Duhaime grimpe dans les intentions de vote parce qu’il tient un discours « inclusif et rassembleur ».

En mêlée de presse, elle a prédit que le succès des conservateurs allait perdurer dans le temps. « Les insatisfaits vont être encore là. Les gens ont de la mémoire », a-t-elle déclaré.

52 000 membres

Le chef conservateur Éric Duhaime croit également que les conséquences de la pandémie et des mesures sanitaires « abusives » continueront de se faire sentir encore longtemps au Québec.

La crise sanitaire aura fait apparaître un nouveau clivage, selon lui, entre les défenseurs des libertés individuelles et « ceux qui sont préoccupés par des enjeux de sécurité ».

« C’est une nouvelle réalité politique, et je crois que le Parti conservateur se situe d’un côté, et les quatre autres partis, de l’autre », a-t-il résumé en anglais lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale.

Selon son analyse, les Québécois rejetteront les « quatre partis traditionnels » aux prochaines élections pour se tourner vers le Parti conservateur, qui est « la voix de ceux qui ont été abandonnés ».

D’ailleurs, Éric Duhaime compte bien défendre les idées de son parti — et de ses 52 000 membres — lors des débats des chefs pendant la campagne électorale.

Par exemple, il estime que le Québec est mûr pour une nouvelle approche en santé.

 

« Si le gouvernement n’est pas capable de nous rendre des services dans des délais raisonnables, bien, il devrait payer, puis nous offrir des services dans le système privé », a-t-il illustré, mercredi.

« S’il y a des gens qui veulent nous exclure du débat des chefs, j’ai hâte de voir quel argument ils vont trouver », a-t-il ajouté.

M. Duhaime soutient que l’insatisfaction à l’égard du gouvernement caquiste est une « tendance lourde ». « La popularité du gouvernement Legault est en chute libre. Et ça, pour moi, c’est encourageant. »

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