La croissance démographique du Canada demeure la plus élevée du G7

De 2016 à 2019, la population canadienne a augmenté à son rythme le plus rapide depuis la fin des années 1980.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir De 2016 à 2019, la population canadienne a augmenté à son rythme le plus rapide depuis la fin des années 1980.

Bien que l’arrivée de la pandémie ait ralenti l’accroissement de la population, le rythme de croissance démographique du Canada demeure le plus élevé du G7. La population canadienne s’établit maintenant à un peu moins de 37 millions de personnes en 2021, soit 1,8 million (+5,2 %) de plus qu’en 2016. C’est ce que révèlent les premiers résultats du recensement de 2021 dévoilés mercredi par Statistique Canada.

La population du Canada a ainsi augmenté presque deux fois plus vite que celle des autres pays du groupe comprenant l’Allemagne, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni.

Le Canada s’est également classé au septième rang du G20 de 2016 à 2021, à égalité avec l’Inde.

C’est surtout l’immigration internationale, et non la fécondité, qui a alimenté cette croissance démographique : sur le 1,8 million d’habitants supplémentaires, quatre personnes sur cinq ont immigré. Notons que les cibles d’immigration du pays pour les immigrants permanents et temporaires ont augmenté depuis 2015.

L’immigration demeure d’ailleurs le principal moteur de la croissance démographique dans presque toutes les provinces et tous les territoires. Parmi les provinces, c’est l’Île-du-Prince-Édouard et la Colombie-Britannique qui ont enregistré les rythmes de croissance les plus rapides.

Pour la première fois depuis les années 1940, la population des Maritimes a augmenté à un rythme plus rapide que celle des provinces des Prairies, en raison de l’immigration et de l’afflux de Canadiens arrivant d’autres régions du pays.

Le poids du Québec diminue

 

Même si la population du Québec a augmenté plus rapidement (+4,1 %) de 2016 à 2021 par rapport au cycle de recensement précédent (+3,3 %), la province a vu son poids démographique diminuer pour un onzième recensement consécutif. Le Québec était le lieu de résidence de 23 % des Canadiens en 2021, en baisse comparativement à 23,2 % en 2016.

Plus du tiers des 37 millions de Canadiens dénombrés vivent en Ontario (38,5 %, ou 14,2 millions de personnes) en 2021, en hausse comparativement à 38,3 % en 2016.

De 2016 à 2019, la population canadienne a augmenté à son rythme le plus rapide depuis la fin des années 1980. On note même une augmentation annuelle record de plus de 583 000 personnes (+1,6 %) en 2019.

L’arrivée de la pandémie a toutefois nettement ralenti cette tendance, principalement en raison des restrictions frontalières et de voyage mises en place pour limiter la propagation du virus. Ces mesures ont considérablement réduit le nombre d’immigrants permanents et temporaires arrivant au Canada, affirment les chercheurs de Statistique Canada. L’accroissement migratoire international en 2020 représentait même moins du quart de ce qu’il était l’année précédente.

Les décès liés au coronavirus auraient, quant à eux, eu peu d’effet sur le ralentissement démographique observé. Même si la COVID-19 est devenue la troisième cause de mortalité au pays — après le cancer et les maladies cardiaques —, les décès attribuables à la maladie ont eu beaucoup moins d’effets que la chute massive de l’immigration.

Pour preuve, les nouvelles arrivées d’immigrants permanents ont diminué de près de la moitié : elles sont passées de 341 000 en 2019 à 185 000 en 2020. Le nombre de décès est passé de 285 000 à 307 000, une grande partie de cette augmentation étant attribuable à la COVID-19.

Fécondité en baisse

 

L’accroissement naturel de la population, soit le nombre de naissances moins le nombre de décès, est le second facteur ayant stimulé la croissance démographique au pays. Sa proportion a toutefois diminué, passant de 0,3 % en 2016 à 0,1 % en 2021, ce qui correspond au plus bas niveau jamais enregistré.

Cette diminution serait entre autres attribuable au vieillissement de la population et à la baisse de la fécondité, selon les chercheurs de Statistique Canada.

La pandémie de COVID-19 aurait toutefois intensifié cette tendance : le taux de fécondité du Canada est passé de 1,47 enfant par femme en 2019 à un creux sans précédent de 1,40 enfant par femme en 2020.

En raison de la pandémie, un cinquième des adultes canadiens âgés de moins de 50 ans désiraient avoir moins d’enfants comparativement à ce qu’ils prévoyaient auparavant ou ont décidé d’attendre avant d’avoir des enfants, note une étude publiée en décembre dernier.

Le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest sont les seuls parmi les provinces et les territoires du Canada où la croissance démographique repose principalement sur l’accroissement naturel. Les deux territoires ont des taux de fécondité beaucoup plus élevés qu’ailleurs au Canada et sont donc constitués d’une population plus jeune.

L’étalement urbain se poursuit

Outre la croissance démographique, Statistique Canada note que l’étalement urbain s’accélère dans le pays. En 2021, près de trois Canadiens sur quatre (73,7 %) vivaient dans l’un des grands centres urbains du Canada, en hausse par rapport à 73,2 %, cinq ans plus tôt.

Les centres-villes ont aussi connu une croissance particulièrement rapide. Au printemps 2021, 3,5 % des Canadiens, soit 1 281 474 personnes, vivaient dans le centre-ville de l’un des 41 grands centres urbains du pays.

Les centres-villes les plus peuplés étaient ceux de Toronto (275 931 personnes), de Vancouver (121 932 personnes), de Montréal (109 509 personnes), d’Ottawa (67 169 personnes) et d’Edmonton (55 387 personnes).

L’accélération récente de la croissance démographique dans les centres-villes s’expliquerait entre autres par le désir de vivre à proximité des quartiers centraux et par les démarches de plusieurs villes ayant « adopté des plans visant à densifier les centres-villes et à y accroître l’offre de logements ».

« Il y a vraiment un phénomène d’étalement urbain », en parallèle avec « une densification des centres-villes », a résumé Laurent Martel, responsable de l’analyse des données démographiques du recensement, en conférence de presse virtuelle mercredi.

Le démographe a remarqué que les « villes situées juste à l’extérieur de ces grands centres » bénéficient aussi de cet afflux de population.

Au cours des prochains mois, Statistique Canada diffusera tous les résultats du Recensement 2021, qui brosseront un portrait statistique exhaustif des collectivités canadiennes d’un océan à l’autre.

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