Des entreprises de remorquage refusent de sortir les camions lourds d’Ottawa

Depuis le 28 janvier, des camions bloquent les rues d’Ottawa et font retentir leurs klaxons pour protester contre la vaccination obligatoire.
Adrian Wyld La Presse canadienne Depuis le 28 janvier, des camions bloquent les rues d’Ottawa et font retentir leurs klaxons pour protester contre la vaccination obligatoire.

Le directeur municipal d’Ottawa affirme que toutes les entreprises de remorquage sous contrat avec la Ville ont refusé de remorquer les gros camions qui bloquent le centre-ville d’Ottawa pour la deuxième semaine consécutive.

Steve Kanellakos dit que le consensus semble être que beaucoup d’entreprises ne veulent pas faire le travail parce que l’industrie des camions lourds représente une grande partie de leurs revenus et elles ne veulent pas nuire à leurs activités dans cette industrie.

Il ajoute que la Ville est en train d’examiner les contrats pour voir quel recours elle peut avoir dans cette situation sans précédent.

La ville a des contrats avec 10 entreprises pour remorquer les véhicules pendant les interdictions de stationnement afin que les chasse-neige de la ville puissent faire leur travail. Certains contrats couvrent les services de remorquage pour les véhicules de la ville, et d’autres aident à récupérer les véhicules perdus ou volés pour la police.

« Nous les avons tous contactés et chacun d’entre eux refuse à ce jour de fournir des services de remorquage pour les camions lourds », a déclaré M. Kanellakos, lundi soir, après une réunion d’information du conseil municipal sur la manifestation au centre-ville.

Le président-directeur général de l’une des entreprises de remorquage sous contrat avec la ville, Pascal Loyer, a indiqué qu’il s’inquiétait pour la sécurité de ses employés et pour l’avenir de son entreprise.

S’il devait commencer à remorquer des camions loin du centre-ville, il affirme que « personne ne me soutiendra ».

Depuis le 28 janvier, des camions bloquent les rues d’Ottawa et font retentir leurs klaxons pour protester contre la vaccination obligatoire.

Selon M. Loyer, le remorquage d’un gros camion sans la coopération d’un conducteur est un travail dangereux, difficile et long, et la foule rassemblée au centre-ville pose un certain degré d’incertitude.

Si l’un de ses employés se blessait, il pourrait être accusé en vertu du Code du travail en raison des conditions de travail dangereuses, a-t-il précisé.

M. Loyer a déclaré qu’il voulait rester neutre dans le conflit entre la ville et les manifestants. Il a ajouté qu’il aimerait voir une solution politique évitant de mettre en danger des entreprises privées comme la sienne et des employés municipaux.

La ville examine les contrats pour voir de quel recours elle dispose dans cette situation sans précédent, mais le problème, croit-il, va au-delà d’Ottawa.

Entre-temps, le maire d’Ottawa a demandé à d’autres grandes villes de l’Ontario de l’aider, et la Ville a fait appel à des entreprises de l’est de l’Ontario.

La ville a soulevé la question auprès des gouvernements provincial et fédéral, mais a constaté que les opérateurs de remorqueuses étaient réticents à s’impliquer dans les manifestations à travers le Canada.

Le manque d’entreprises de remorquage disposées à s’impliquer a également entravé les efforts de la GRC pour retirer les camions et autres véhicules d’un blocus de protestation dans le sud de l’Alberta.

Selon le sous-commissaire de la GRC de l’Alberta, Curtis Zablocki, les opérateurs contactés par la GRC s’inquiètent des dommages à long terme à leurs entreprises s’ils aident la police à transporter les véhicules des manifestants.

La ministre de la Justice par intérim de l’Alberta, Sonya Savage, affirme que la province dispose d’autres outils qu’elle pourrait utiliser si nécessaire, notamment le dépôt d’une injonction civile et la saisie de véhicules pour les confisquer au profit de la Couronne.

Selon M. Kanellakos, les entreprises de remorquage continuent de faire d’autres travaux pour la Ville d’Ottawa, notamment le remorquage de véhicules de taille normale.

Le chef adjoint de la police d’Ottawa, Steve Bell, a déclaré lundi que le problème s’était posé dans toutes les juridictions et avait forcé les villes et les services de police à proposer des « solutions créatives ».

Il a choisi de ne pas partager ces solutions, invoquant des « préoccupations opérationnelles » par rapport au fait de partager le plan aux manifestants qu’ils tentent de chasser du centre-ville.

« Nous ne laisserons pas les conducteurs de dépanneuses et la possibilité de remorquer ces véhicules être un obstacle pour mettre fin à ce qui se passe », a-t-il déclaré lundi.

Mardi, M. Bell a indiqué que certains véhicules avaient été saisis et remorqués, mais la situation est devenue encore plus difficile : certains camions n’ont plus de pneus ou alors leurs freins ont été fendus afin de les rendre complètement immobiles.

« L’immobilisation des véhicules dans la zone d’occupation nous préoccupe énormément », a souligné M. Bell lors d’un point de presse mardi.



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