La police de Québec se félicite pour sa gestion de la manifestation de camionneurs

Des policiers ont été déployés dans les rues de Québec pour surveiller les manifestants opposés aux mesures sanitaires.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Des policiers ont été déployés dans les rues de Québec pour surveiller les manifestants opposés aux mesures sanitaires.

La police de Québec a procédé à trois arrestations et a donné 170 constats d’infraction au cours des trois jours de manifestations qui ont attiré plusieurs milliers de personnes sur la colline Parlementaire, entre jeudi et dimanche derniers.

Le chef du service de police de la Ville de Québec (SPVQ), Denis Turcotte, avait peine à cacher sa satisfaction lundi matin. La haute-ville a craint le pire, mais c’est finalement sans contrariété majeure que le « convoi de la liberté » a quitté la capitale québécoise, dimanche soir.

« C’est un travail de collaboration de tout le monde, a souligné le chef, heureux que le droit de manifester ait pu s’exprimer en toute sécurité. [Nos agents] ont vraiment été excellents. »

Québec n’est pas pris dans le même bourbier qu’Ottawa, qui peine à libérer son centre-ville d’une occupation qui s’éternise depuis 10 jours. Le SPVQ a tenu à saluer la bonne collaboration des organisateurs, qui ont eux-mêmes demandé aux participants de quitter la colline Parlementaire en soirée, dimanche.

La police de Québec n’a eu qu’une seule infraction criminelle à sanctionner au cours des 72 heures de manifestations. Son auteur est un conducteur qui a immobilisé sa fourgonnette de façon à bloquer la circulation sur le boulevard René-Lévesque, samedi soir, et qui a ensuite refusé d’obtempérer aux demandes des policiers.

Près de la moitié des constats donnés au cours des rassemblements, soit 72 d’entre eux, concernaient des infractions au code de la sécurité routière. Les 98 autres étaient dus à des violations de la réglementation municipale, dont 48 à des fautes liées au stationnement.

Le SPVQ se dit prêt à accueillir le deuxième rassemblement annoncé pour dans deux semaines par les meneurs du convoi parti jeudi matin de la Côte-Nord, Bernard « Rambo » Gauthier et Kevin « Big » Grenier.

« S’il y a un autre rassemblement qui se produit dans la ville comme il y en a plusieurs par année sur notre territoire, on va être là pour y répondre », a assuré le chef Turcotte.

Une retenue saluée

 

La vice-première ministre Geneviève Guilbault, également responsable de la Sécurité publique au Cabinet du gouvernement, a également salué le bon déroulement des rassemblements.

« La situation a été maîtrisée dès le début de la manifestation, a-t-elle indiqué au Devoir. Les gens ont le droit de manifester, et on constate que, règle générale, ça s’est fait dans le respect et en sécurité, sans nuire aux citoyens ni aux festivités du Carnaval de Québec. »

Les bons mots reçus par les policiers de Québec pour leur gestion des manifestations contrastent avec les agissements dénoncés deux mois plus tôt par l’ensemble de la classe politique. Des vidéos montrant les interventions musclées d’agents du SPVQ avaient valu à la police de la capitale un concert de critiques au détour du mois de décembre. Depuis, le corps policier a réintégré tous les agents qui font l’objet d’enquêtes dans la foulée de ces événements.

Le SPVQ n’a pas voulu commenter ce dossier, lundi.

Sur les réseaux sociaux, notamment, d’autres ont rappelé qu’il y a dix ans, les manifestants étudiants n’avaient pas joui de la même retenue de la part des policiers que les protestataires des derniers jours.

« On s’ajuste énormément aux types de rassemblements, aux types de clientèles qui se présentent manifester parce que c’est très variable comme types de personnes qui manifestent, dépendamment de la cause », a indiqué Denis Turcotte.

Il a souligné que son service de police était « toujours à la recherche des meilleures pratiques » et que les agents, sur le terrain, analysaient toujours la « balance des inconvénients ».

« Si notre intervention va causer plus de troubles qu’avant notre intervention, c’est là qu’on va évaluer [si] c’est mieux de laisser perdurer un petit peu », a-t-il précisé. Le chef Turcotte a mentionné que la présence d’enfants aux rassemblements de la dernière semaine avait pesé dans cette balance.

Le SPVQ a aussi « évolué » depuis le Printemps érable, selon André Turcotte, le directeur adjoint à la surveillance du territoire.

« Même dans le nom de nos unités : à l’époque, on parlait de contrôle de foule, maintenant, c’est l’unité de maintien et rétablissement de l’ordre. Nos techniques, oui, évoluent au fil des années, selon l’évolution de la société également. On s’adapte continuellement. »

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