Québec crée près de 14 000 nouvelles places en garderie

Ces places ne seront toutefois pas disponibles immédiatement. «On souhaite au maximum que ça se fasse dans les 24 mois», a indiqué le ministre, le temps que la construction des garderies se fasse.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Ces places ne seront toutefois pas disponibles immédiatement. «On souhaite au maximum que ça se fasse dans les 24 mois», a indiqué le ministre, le temps que la construction des garderies se fasse.

La création de 13 974 nouvelles places subventionnées en services de garde a été autorisée par le ministère de la Famille dans les dernières semaines. Le gouvernement accélère la cadence pour que « chaque enfant puisse avoir une place d’ici mars 2025 », mais la difficulté de recruter de la main-d’œuvre préoccupe.

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a annoncé le développement de ces milliers de nouvelles places lors d’une conférence de presse dimanche après-midi. Cela inclut 8000 places en centre de la petite enfance (CPE) et 6000 places en garderies subventionnées.

Québec avait lancé un appel à projets en octobre dernier pour créer 17 000 nouvelles places en quatre ans, soit le nombre de places qui manquaient au gouvernement pour atteindre son objectif de 37 000 d’ici 2025. Pour accélérer le processus, le ministère a considérablement réduit le délai nécessaire pour autoriser les projets, le faisant passer de 10 mois à 60 jours. « Encore une fois, on sort des sentiers battus pour aller plus rapidement », a affirmé le ministre.

Ces places ne seront pas disponibles immédiatement. « On souhaite au maximum que ça se fasse dans les 24 mois », a indiqué Mathieu Lacombe, le temps de construire les garderies.

Il espère toutefois voir se concrétiser des partenariats avec les municipalités pour qu’elles reçoivent temporairement des enfants dans des locaux vacants. « On est prêts à débloquer du financement. Pendant que la garderie ou le CPE se construit, on est capables d’accueillir ces enfants tout de suite », a-t-il illustré.

Plus d’éducatrices nécessaires

Il faudra néanmoins embaucher près de 18 000 éducatrices dans les prochaines années pour faire face à l’augmentation du nombre de places en garderie. Pour les attirer, le ministre Lacombe mise sur l’augmentation de salaire négociée en décembre dernier allant jusqu’à 18 % pour les éducatrices, et sur des « parcours travail-études » rémunérés. « Je suis confiant », a-t-il lancé.

Mais cela ne convainc pas la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ). « Dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre actuel, nous nous questionnons sérieusement sur la disponibilité d’éducatrices et de membres du personnel pour [pourvoir] ces postes », a indiqué par voie de communiqué la vice-présidente de la CSQ, Line Camerlain. « Oui, la mise en place de formations rapides peut aider à attirer de la main-d’œuvre, mais il faut continuer de viser une formation complète et adéquate », a-t-elle ajouté.

Le gouvernement agit sur plusieurs fronts pour former plus d’éducatrices dans toutes les régions de la province, ce qui est une bonne nouvelle, mais le nombre de postes à pourvoir est élevé, souligne l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE). « Le défi reste important, et il ne faut pas s’asseoir en pensant que tout est réglé », a affirmé au Devoir la directrice générale, Geneviève Bélisle. « Nous étudions des propositions avec le ministère pour faire du recrutement à l’international de gens qui parlent français et qui ont des formations connexes », a-t-elle précisé.

Garderies préfabriquées

 

Par ailleurs, à la suite d’une entente entre le gouvernement et l’AQCPE, un appel de projets public sera lancé prochainement pour la conception de bâtiments préfabriqués, qui pourront ensuite être livrés dans différentes régions du Québec. Avec ce projet-pilote de vingt installations usinées, on espère simplifier et unifier la construction des garderies, qui est pour l’instant laissée entre les mains de chaque CPE.

Oui, la mise en place de formations rapides peut aider à attirer de la main-d’oeuvre, mais il faut continuer de viser une formation complète et adéquate

 

« On économise en temps, c’est quelques jours seulement pour usiner un CPE. La main-d’œuvre coûte moins cher, on a moins de problèmes pour la recruter et on est capables d’avoir de meilleurs coûts », affirme Geneviève Bélisle. Elle ajoute que ces bâtiments seront plus « écologiques » et construits avec de meilleurs matériaux.

On espère accélérer la construction de garderies, la faisant passer de neuf à trois mois. L’AQCPE espère que les premières garderies préfabriquées seront prêtes au début de l’automne, et il est prévu de les installer notamment en Abitibi, en Gaspésie, sur la Côte-Nord et au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

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