Les enfants, acteurs de leur propre protection

Jean-François Venne
Collaboration spéciale
Le projet PRIDE s'implique dans onze pays d’Afrique et d’Amérique centrale et du Sud (dont le Honduras en photo).
Photo: Orlando Sierra Agence France-Presse Le projet PRIDE s'implique dans onze pays d’Afrique et d’Amérique centrale et du Sud (dont le Honduras en photo).

Ce texte fait partie du cahier spécial Coopération internationale

Le Bureau international des droits des enfants (IBCR) déploie depuis deux ans son nouveau programme de coopération volontaire. Objectif : améliorer durablement le bien-être, la protection et le respect des droits des enfants dans onze pays.

Depuis ses débuts en 1994, l’IBCR travaille au renforcement de la protection des enfants ainsi qu’au respect et à la promotion de leurs droits. Ses actions concernent surtout la protection de l’enfant dans les systèmes de justice, dans les situations d’urgence (sécuritaire, climatique, sanitaire, etc.) et contre les risques d’exploitation.

Le Projet de renforcement intégral des droits de l’enfant (PRIDE) ajoute une volonté d’augmenter la mobilisation des enfants comme acteurs de leur propre protection. Jusqu’à la fin de 2026, près de 250 volontaires seront déployés dans onze pays d’Afrique et d’Amérique centrale et du Sud, en collaboration avec une trentaine de partenaires locaux.

Un travail systémique

L’IBCR a son siège social à Montréal et mise sur des bureaux au Sénégal, au Honduras et au Burkina Faso. C’est justement à Ouagadougou que réside Martin Causin, nouveau directeur général de cette ONG, en attendant de pouvoir venir s’installer dans ses locaux montréalais.

Il ne cache pas son enthousiasme envers le projet PRIDE. « Nous souhaitons aller plus loin que le renforcement technique des partenaires locaux, explique-t-il. Nous voulons que la somme des projets contribue à des changements structurels des systèmes de protection de l’enfant dans ces pays. »

Pour y arriver, PRIDE mise notamment sur des mandats plus longs que d’habitude (de 9 à 12 mois), des approches multisectorielles et des collaborations avec des organismes locaux, mais également avec des structures étatiques et publiques. Au Burkina Faso, par exemple, le Bureau coopère avec l’Association des femmes juristes, mais aussi avec la Direction de la justice juvénile.

Avec, au bout du compte, une volonté de travailler sur la trajectoire complète des enfants. « Il s’agit de trouver des manières d’outiller l’ensemble des acteurs pour clarifier les rôles et les responsabilités de chacun du point de départ d’une situation jusqu’au respect et à l’accomplissement des droits des enfants », précise Martin Causin.

Un laboratoire social

Déjà, une cinquantaine de mandats de dix mois ont été réalisés. « À cause de la pandémie, il est à peu près impossible d’envoyer des volontaires du Nord dans ces régions, mais nous avons saisi l’occasion pour développer la coopération Sud-Sud, ce qui était déjà notre volonté au départ », note le directeur général.

Le laboratoire social a aussi pris son envol. Pièce maîtresse de PRIDE, il servira de lieu d’échanges et de collaboration entre les acteurs des onze pays, notamment par l’entremise d’une plateforme numérique de travail collaboratif, d’événements thématiques et d’ateliers. Il soutiendra également la mise en œuvre d’initiatives et de solutions innovantes en matière de promotion et de protection de l’enfant, par exemple grâce à des projets pilotes et au partage des résultats de l’ensemble des interventions.

« PRIDE constitue le plus important projet du Bureau en matière de budget, de durée, de personnes mobilisées et de résultats à atteindre, souligne Martin Causin. Nous mesurerons son impact sur des changements de pratique concrets dans les systèmes de protection des enfants dans les onze pays. C’est vraiment cela, notre objectif. »

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