Les manifestants anti-vaccins continuent d’affluer dans la capitale

Sur les pancartes des manifestants qui déambulaient dans les nuages de monoxyde de carbone dans les rues de la capitale, beaucoup de messages d’injures étaient destinés à Justin Trudeau.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne

Sur les pancartes des manifestants qui déambulaient dans les nuages de monoxyde de carbone dans les rues de la capitale, beaucoup de messages d’injures étaient destinés à Justin Trudeau.

Des milliers de personnes se sont joints samedi au rassemblement qui était au départ une manifestation en appui aux camionneurs opposés à la vaccination obligatoire, mais qui est rapidement devenue une manifestation contre le premier ministre Trudeau.

Un peu avant 14 h, un hélicoptère a survolé le parlement en transportant un message qui a soulevé la foule:

 

«F*** Trudeau», pouvait-on lire en grosses lettres sous l’appareil.

L’espace aérien au-dessus de la Colline du Parlement est pourtant une zone d’exclusion aérienne.

Au même moment, Pat King, l’un des organisateurs, encourageait la foule à scander «Justin Trudeau doit partir ».

« Faites des vidéos, mettez-les sur Facebook et montrez au monde comment on met dehors Justin Trudeau! » a déclaré l’activiste.

Dès 7 h samedi matin, un concert de klaxons a commencé à se faire entendre dans la capitale nationale et rapidement le secteur du Parlement a été envahi par des semi-remorques.

Des centaines de véhicules supplémentaires de l’Ouest canadien, du Québec et des provinces de l’Atlantique étaient censés se joindre au mouvement. En après-midi, des rues et des sorties d’autoroute menant au centre-ville ont été fermées, avant que la police déclare qu’il ne restait plus de place pour d’autres véhicules au centre-ville.

Les manifestants s’opposent aux restrictions liées à la COVID-19, notamment les exigences transfrontalières pour les camionneurs.

Vers 15 h, le chef du Parti populaire du Canada Maxime Bernier a pris la parole sur la Colline du Parlement.

 

« La fin s’en vient, oui, nous allons pouvoir célébrer notre liberté dans quelques jours, car nous allons gagner cette bataille pour la liberté! » a clamé l’ancien député.

Parmi ceux qui déambulent dans les nuages de monoxyde de carbone et de marijuana dans le secteur du Parlement, plusieurs s’opposent aussi au « passeport nazitaire », d’autres demandent la destitution du premier ministre Trudeau, certains appellent à la révolution ou encore demandent «la fin du communisme au Canada».

Jasmine, une brancardière qui travaille dans un hôpital de Montréal, n’est pas intéressée par les appels à la révolution ni par les slogans associés au mouvement QAnon entendus dans la foule. Elle s’est déplacée dans la capitale pour soutenir les camionneurs.

« Ils ont cédé devant les infirmières qui n’étaient pas vaccinées, alors ils n’ont pas le choix de céder à la demande des camionneurs », a expliqué celle qui préfère ne pas dire son nom de famille en faisant référence à la décision du gouvernement québécois de reculer sur la vaccination obligatoire du personnel de la santé.

La femme d’une soixantaine d’années est doublement vaccinée et souhaite une levée graduelle des mesures sanitaires.

Un autre manifestant qui a refusé de s’identifier, transportait sur son dos une pancarte sur laquelle il est écrit: « On peut-tu s’aimer? ».

« Tout le monde se divise, c’est hallucinant, on peut-tu juste s’aimer? », a indiqué l’homme qui se dit vacciné et contre toutes les mesures sanitaires.

Dans cette foule où se mêlent sans complexe le drapeau des Patriotes et celui du Canada, deux pancartes sortaient du lot devant le parlement: celles de Phillipe Haggart et de son ami qui ont décidé de braver le froid, mais aussi certains manifestants hostiles, pour démontrer leur appui à la santé publique.

«Les vaccins sauvent des vies», pouvait-on lire sur la pancarte qu’il tenait au bout de ses bras. Rapidement des manifestants l’ont approché, certains faisaient preuve d’humour et d’autres d’agressivité.

« Combien de doses as-tu besoin espèce de trou du c**! », lui a lancé un manifestant contre les mesures sanitaires.

Alors que Phillipe Haggart expliquait candidement à des journalistes qu’il trouvait important que des personnes appuient les spécialistes de la santé publique, des hommes portant des tuques du Parti populaire du Canada faisaient un maximum de bruit pour enterrer ses propos.

Parmi les nombreux véhicules qui bloquaient les rues du centre-ville, une grue s’était installée sur la rue Wellington devant la colline du Parlement. Un énorme drapeau du Canada était accroché au mât de l’engin.

Près de la grue, un semi-remorque sur lequel il est écrit «F*** Trudeau» en grosses lettres est stationné bien en vue à l’entrée de la colline parlementaire.

Intimidation et complot pour remplacer le gouvernement

 

Des journalistes de différents médias qui couvraient la manifestation vendredi ont rapporté avoir été intimidés verbalement et physiquement par des manifestants.

L’auteur de ses lignes a été obligé d’arrêter une entrevue, sur le trottoir devant le parlement, lorsque trois hommes l’ont entouré en lui lançant des insultes et en criant de quitter les lieux.

La police d’Ottawa travaille avec le Service canadien du renseignement de sécurité, la GRC et d’autres organisations pour identifier toute menace à la sécurité publique.

Le chef de police d’Ottawa Peter Sloly a mis en garde vendredi contre «des individus ou des loups solitaires qui pourraient s’insérer dans la manifestation pour diverses raisons.»

Le groupe Canada Unity, qui fait partie des organisateurs du convoi, devrait s’adresser à la foule samedi. Ce groupe a élaboré un « protocole d’entente » exigeant illégalement que le Sénat nommé et la gouverneure générale Mary Simon usurpent l’autorité du gouvernement élu et suppriment toutes les ordonnances de vaccination et autres restrictions de santé publique - une impossibilité constitutionnelle.

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