Autoroute 30 - Québec et Ottawa s'entendent

Signera? Signera pas? L'épineux et récurrent dossier de l'autoroute 30 pourrait connaître son dénouement dans les prochains jours.

À preuve: une entente entre Québec et Ottawa serait sur le point d'être signée, ont annoncé hier matin de concert les ministres provincial et fédéral des Transports, Serge Ménard et David Collenette, à l'occasion de la XVIe Conférence internationale sur l'alcool, les drogues et la sécurité routière. «Une annonce d'entente de plus, fait remarquer l'Association du camionnage du Québec, que l'on croira quand on la verra.»

Et cela ne devrait être qu'une question de jours, sinon de semaines, à en croire M. Ménard puisque quelques fils restent maintenant à attacher afin de pouvoir rendre le projet concret. Au cabinet du ministre, son directeur, Denis Dolbec, confirme: «Les négociations vont bon train et les deux ministres se sont montrés optimistes quant à une annonce prochaine.»

«Il est plus que temps», commente Mélanie Lessard, porte-parole de l'Association du camionnage du Québec qui, depuis plusieurs années, presse Québec comme Ottawa de régler rapidement l'éternelle question du prolongement, jusqu'à maintenant virtuel, de 35 kilomètres de l'autoroute 30 entre Châteauguay et Dorion. Cela permettrait de libérer Montréal des 4,3 millions de poids lourds qui encombrent chaque année le réseau routier de la métropole.

«Ça fait cinq ans que ça dure. L'heure est peut-être venue de passer à l'action.»

L'action n'est toutefois pas pour demain. C'est qu'avant de commencer les travaux de construction, les deux paliers de gouvernement devaient préalablement s'entendre sur le partage des coûts comme sur les modalités de gestion de ce nouveau morceau d'autoroute.

Ce qui est sur le point d'être fait: l'autoroute sera à revenu — comprendre: avec péage — et surtout le fruit d'un partenariat entre les secteurs public et privé (un PPP comme disent les fonctionnaires). «Pour le reste, cela viendra en temps et lieu», se contente-t-on de mentionner au bureau du ministre Ménard, actuellement en vacances.

Et le «reste» risque d'être important. Car, outre l'annonce d'une première entente entre Québec et Ottawa, d'autres ententes sont à prévoir. À commencer par le choix du tracé de ce prolongement — tracé sud ou tracé nord — qui ne semble toujours pas faire l'unanimité.

L'un consiste à contourner les villes de Sainte-Catherine, Saint-Constant, Delson et Candiac en traversant des exploitations agricoles qu'il sera nécessaire d'exproprier. L'autre

en une tranchée d'environ 25 pieds passant au coeur des quatre villes.