Yémen: au moins 70 morts dans une frappe contre une prison des Houthis

En pleine nuit, un bombardement aérien a frappé une prison à Saada, fief des Houthis dans le Nord.
Photo: Centre des médias Ansarullah via Agence France-Presse En pleine nuit, un bombardement aérien a frappé une prison à Saada, fief des Houthis dans le Nord.

Au moins 70 personnes ont été tuées et une centaine blessées vendredi dans une frappe aérienne contre une prison tenue par les rebelles au Yémen, une attaque attribuée à la coalition sous commandement saoudien et témoignant d’une vive escalade de la violence.

L’Arabie saoudite est à la tête de la coalition composée de pays musulmans, dont les Émirats arabes unis, qui soutient les forces gouvernementales yéménites face aux rebelles houthis appuyés par l’Iran.

En pleine nuit, un bombardement aérien a frappé une prison à Saada, fief des Houthis dans le Nord. Au moins 70 personnes ont été tuées et 138 blessées, selon l’ONG Médecins sans frontières (MSF), qui a dénoncé une attaque « horrible ».

Recherches dans les décombres

 

« Des recherches se poursuivent dans les décombres », a ajouté MSF.

Il n’était pas possible de savoir dans l’immédiat qui étaient les détenus ni combien ils étaient. Mais huit ONG, dont Action contre la faim, Oxfam et Save the Children, ont indiqué dans un communiqué commun que parmi les morts figureraient des migrants.

Se disant « horrifiées », elles ont dénoncé une « indifférence flagrante » pour la vie des civils.

L’attaque de Saada n’a pas été revendiquée, mais les Houthis ont accusé la coalition, qui contrôle l’espace aérien du Yémen.

Le patron de l’ONU, Antonio Guterres, a quant à lui condamné « les frappes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite contre un centre de détention à Saada », qui selon lui ont « fait au moins 60 morts et plus de 100 blessés ». Il a aussi dénoncé les frappes à Hodeïda et réclamé « des enquêtes efficaces ».

Sur Twitter, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a indiqué être « profondément choqué » par les frappes sur des « zones peuplées ». « Le coût en vies humaines est inacceptable. »

Une réponse proportionnée

 

Jeudi soir, la coalition a ciblé la ville portuaire de Hodeïda aux mains des Houthis, par où transite la majeure partie de l’aide humanitaire destinée au pays.

Au moins trois enfants ont été tués, selon Save the Children. « Ils jouaient apparemment sur un terrain de football voisin quand les missiles sont tombés. »

La coalition a déclaré avoir visé à Hodeïda une « plaque tournante de la piraterie et du crime organisé ».

Après le raid, l’Internet a été coupé dans le pays.

En Arabie saoudite, les forces de défense antiaérienne ont intercepté et détruit vendredi soir un missile tiré de Saada vers la région de Khamis Mushait (sud), qui abrite une grande base aérienne, d’après la coalition.

Les frappes au Yémen sont intervenues après la revendication par les Houthis d’une attaque au drone et au missile lundi contre des installations pétrolières et aéroportuaires à Abou Dhabi, capitale des Émirats (trois morts). Les Émirats ont averti qu’ils y riposteraient.

Sans dire clairement qui est à l’origine de l’attaque contre la prison, l’ambassadrice des Émirats à l’ONU, Lana Zaki Nusseibeh, a affirmé que la coalition militaire avait « une réponse proportionnée dans toutes ses opérations militaires ».

De multiples bavures

 

Elle s’exprimait après une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a condamné « dans les termes les plus forts les attentats terroristes odieux perpétrés à Abou Dhabi ».

Pendant le conflit au Yémen, la coalition militaire a été accusée de multiples « bavures » contre des civils. Elle a reconnu des « erreurs », mais accuse les rebelles houthis d’utiliser les civils comme boucliers humains.

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