L’entrée en fonction du REM sur la Rive-Sud se fera après la rentrée scolaire

Des employés ont dû se mettre en isolement en raison de cas de COVID-19 positifs rapportés sur le chantier ou dans les usines qui fournissent des pièces du REM.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des employés ont dû se mettre en isolement en raison de cas de COVID-19 positifs rapportés sur le chantier ou dans les usines qui fournissent des pièces du REM.

L’entrée en fonction de la branche du Réseau express métropolitain (REM) qui relie le centre-ville de Montréal à Brossard ne pourra avoir lieu à temps pour la prochaine rentrée scolaire. Cela s’explique notamment par des questions de main-d’œuvre et d’approvisionnement dans le contexte de la pandémie.

Le Devoir a pu confirmer vendredi que l’entrée en fonction de cette première ligne du train léger de la Caisse de dépôt et placement du Québec accuserait de deux à trois mois de retard par rapport au dernier échéancier, qui la situait à l’été 2022. Les résidents de la Rive-Sud qui étudient dans la métropole devront donc patienter avant de pouvoir emprunter le REM pour se rendre à leurs cours, le cas échéant, puisque ce service ne sera pas prêt pour la prochaine rentrée scolaire, à la fin août, a indiqué une source.

En soirée vendredi, l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) a par ailleurs confirmé avoir récemment informé les sociétés de transport de la grande région de Montréal que le REM ne serait pas en service « avant le 14 septembre 2022 » afin de leur donner un préavis de huit mois. « Le préavis permet à l’ensemble des acteurs d’assurer une coordination des réseaux complémentaires (dont les bus) afin d’optimiser l’expérience et l’efficacité des déplacements des usagers du transport collectif », ajoute un porte-parole de l’ARTM, Simon Charbonneau.

La pandémie en cause

La pandémie est sans surprise au cœur de ce report, indiquent nos sources. Elle a notamment forcé une adaptation des méthodes de travail aux contraintes sanitaires, ce qui a réduit le rythme d’avancement du chantier. Des employés ont aussi dû se mettre en isolement en raison de cas de COVID-19 positifs rapportés sur le chantier ou dans les usines qui fournissent des pièces du REM.

Les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement de différents matériaux dans le contexte de la crise sanitaire ont aussi retardé le chantier du REM, ajoute-t-on en coulisse.

Joint par Le Devoir, le porte-parole du bureau de projet du REM, Jean-Vincent Lacroix, n’a pas été en mesure de confirmer que la mise en fonction de cette antenne du REM serait retardée de quelques mois. « Dans le contexte sanitaire actuel, il devient de plus en plus difficile de maintenir cet objectif [d’une entrée en fonction à l’été 2022] pour l’antenne Rive-Sud », a-t-il toutefois convenu.

Il ne s’agit d’ailleurs pas du premier retard dans la réalisation de cette branche du projet de train léger, qui circulera sur le pont Champlain. Initialement, l’entrée en fonction de celle-ci était prévue à la fin de 2021, mais un report de six mois de cet échéancier avait été annoncé à l’automne 2020, notamment en raison de la suspension temporaire des chantiers au début de la pandémie.

Une date officielle de mise en service de la branche du REM vers Brossard devra maintenant être déterminée avec les autres sociétés de transport de la région de Montréal pour éviter des problèmes logistiques. Ce report pourrait particulièrement causer des maux de tête aux usagers du Réseau de transport de Longueuil (RTL), entrevoit le président de Trajectoire Québec, François Pepin. La société de transport exploite depuis quelques décennies des lignes de bus reliant la Rive-Sud et le centre-ville de Montréal par le biais du pont Champlain. Or, celles-ci doivent cesser d’opérer lorsque le REM entrera en fonction.

« Les usagers vont commencer à se déplacer d’une certaine façon [à la rentrée scolaire], et un mois ou deux après, ils devront complètement changer leurs façons de se déplacer. Donc, ce n’est pas évident. Ça peut amener beaucoup de confusion », prévoit M. Pepin. D’autant plus que « ça va entraîner des coûts pour le RTL », qui est déjà en mauvaise posture financièrement, ajoute-t-il.

Jointe par Le Devoir, la porte-parole du RTL, Marie-Claude Rivet, a qualifié ce report de « regrettable » pour la société de transport. « Ça augmente le quotient de difficulté compte tenu de la rentrée scolaire », qui augmente généralement la pression sur son réseau, a-t-elle ajouté. Néanmoins, « nous serons prêts », assure-t-elle.

Quant aux dépassements que ce retard fait peser sur la facture du projet, ils devraient être couverts par l’enveloppe de contingence de 200 millions de dollars mise en place pour faire face aux imprévus de la pandémie, selon nos informations.

L’échéancier de l’entrée en fonction des autres branches du REM n’aurait pas encore été révisé. En tout, ce projet prévoit l’aménagement de 26 stations sur une distance de 67 km afin de relier notamment l’ouest de la métropole et l’aéroport Montréal-Trudeau au centre-ville, en plus d’offrir une desserte vers la Rive-Sud. La dernière antenne devrait entrer en fonction à la fin de 2024.

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