Où en sont les établissements québécois en matière de délestage?

Le délestage fait craindre le pire dans le milieu de la santé. 
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le délestage fait craindre le pire dans le milieu de la santé. 

Il cause de la souffrance aux patients, de l’inquiétude à leur famille et de la frustration aux médecins : le délestage fait craindre le pire dans le milieu de la santé. Le Devoir a demandé aux 34 établissements du réseau de faire le point sur la situation dans leurs installations. À noter : puisque des vigies constantes de la situation sont effectuées par les établissements, il est possible que certaines données aient évolué au cours des dernières heures.

Niveau 4 : Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Nord-de-l’Île-de-Montréal, Montérégie-Est, Montérégie-Centre, Montérégie-Ouest, Laval, Lanaudière, Laurentides, Estrie, Mauricie

Les activités chirurgicales des hôpitaux du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal pourraient être réduites jusqu’à 25 %. Des infirmières de cliniques externes seront réaffectées dans les hôpitaux.

Au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, « nos capacités maximales de lits COVID-19 ont déjà été dépassées plusieurs fois dans les derniers jours et les dernières semaines », a indiqué la porte-parole Séléna Champagne. Les opérations cardiaques ont diminué de 50 %.

Le CISSS de la Montérégie-Centre se prépare pour le passage, dimanche, au niveau d’alerte 4. Celui-ci « prévoit un délestage plus important afin de prioriser la réponse aux besoins urgents et semi-urgents », a rappelé sa porte-parole, Martine Lesage.

Au CISSS de Laval, le bloc opératoire fonctionnait cette semaine avec 5 salles d’opération sur 11. Entre le 20 décembre et le 11 janvier, 126 opérations planifiées ont dû être annulées.

Dans Lanaudière, le ministère de la Santé a aussi autorisé le passage au niveau 4 du plan de délestage. Néanmoins, « un nombre négligeable d’opérations a dû être reporté », selon le CISSS.

Le CISSS des Laurentides recense un taux d’occupation des lits COVID de 117 %. L’équivalent de 13 salles de chirurgie sur 22 est en fonction et 162 opérations ont été annulées entre le 20 décembre et le 7 janvier.

En Estrie, l’activité chirurgicale est réduite de moitié. Les spécialités les plus touchées sont l’orthopédie, l’oto-rhino-laryngologie, la gynécologie et la chirurgie générale.

Au CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, seuls certains services demeurent au niveau 3, tandis que tous les autres sont au niveau 4. Les opérations sont maintenues à 50 %, en préservant celles qui sont urgentes, semi-urgentes et oncologiques.

Niveau 3+ : Montréal (sauf les CIUSSS du Nord et du Centre-Sud), Chaudière-Appalaches, Outaouais

Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal était « nettement à moins de 50 % de nos programmes électifs [opérations non urgentes] par rapport à la prépandémie », a fait savoir le porte-parole Christian Merciari. Au total, 162 lits d’hospitalisation étaient occupés sur une capacité de 100.

Au CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, 30 % des activités chirurgicales et 50 % des examens d’endoscopie avaient cours.

Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) dépassait quant à lui sa « capacité de lits COVID d’environ 20 % », selon les chiffres fournis par sa porte-parole, Annie-Claire Fournier. Les activités chirurgicales du CUSM se poursuivaient à environ 50 % dans la plupart des secteurs sur les sites pour adultes.

Le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) a aussi réorganisé ses activités. Il a priorisé les interventions chirurgicales tout en assurant « un suivi étroit de la condition des patients », a déclaré la porte-parole Lucie Dufresne.

Dans Chaudière-Appalaches, le CISSS a pris la décision de prolonger le ralentissement des activités à 50 % jusqu’au 24 janvier. Avec cette baisse de régime, l’établissement espère éviter de passer au niveau 4 du délestage des activités hospitalières, a précisé la relationniste Mireille Gaudreau.

En Outaouais, le délestage était au niveau 4, « mais seulement au niveau des cliniques externes », a précisé l’agente d’information Camille Brochu-Lafrance. Les opérations ont été réduites de 71 %, et le CISSS assurait cette semaine être toujours en mesure de recevoir des patients.

Niveau 3 : Capitale-Nationale, Gaspésie, Îles-de-la-Madeleine, Côte-Nord, Bas-Saint-Laurent, Saguenay–Lac-St-Jean, Abitibi-Témiscamingue, Baie-James

L’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec évaluait que le pourcentage de délestage de ses activités chirurgicales et ambulatoires était de 30 % à 40 %. De 52 opérations cardiaques par semaine, l’établissement est passé à 32, a illustré le porte-parole Joël Clément.

Au Centre hospitalier universitaire de Québec–Université Laval, le plan de contingence annoncé le 2 janvier était toujours en vigueur. Au total, près de 300 opérations sont reportées chaque semaine, puisque les salles d’opération ont réduit leur niveau de fonctionnement à 56 %.

D’autres régions, comme la Gaspésie et la Côte-Nord, s’en tiraient plutôt bien au cours des derniers jours. « Mais on est conscients que ça peut basculer », a souligné le porte-parole du CISSS de la Gaspésie, Jean Morin. Sur la Côte-Nord, les capacités d’hospitalisations étaient suffisantes. Des services ont été « réorganisés » pour soutenir des milieux en éclosion, mais aucun personnel n’a été réaffecté, pas plus que les activités en chirurgie n’ont été réduites.

Dans le Bas-Saint-Laurent, le porte-parole Gilles Turmel a indiqué que le CISSS parvenait à maintenir son niveau d’activité chirurgicale au-delà de 50 %. Le CIUSSS du Saguenay–Lac-St-Jean s’est aussi dit en mesure de diminuer la capacité des blocs opératoires « jusqu’à 50 % régionalement ». Au Centre régional de santé et de services sociaux de la Baie-James, les opérations non urgentes ont été reportées.

Quelle est la différence entre les niveaux de délestage 3 et 4 ?

Niveau 3 : Entre 40 et 80 % des lits disponibles sont attribués aux patients COVID, selon les régions. Le niveau 3+ signifie que la région est à la limite supérieure des capacités du niveau 3.

 

Niveau 4 : Plus de 80 % des lits disponibles sont attribués aux patients COVID. Au total, 50 à 80 % des opérations non urgentes sont reportées et il y a fermeture possible de certaines salles d’urgence pour réorienter les patients à proximité.

Laurianne Croteau



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