La période d’isolement officiellement réduite à cinq jours pour les enfants en garderie

Un membre du personnel qui entre en contact avec un enfant ou un adulte testé positif n’aura pas à s’isoler, à moins que des symptômes apparaissent.
Photo: Adil Boukind Le Devoir Un membre du personnel qui entre en contact avec un enfant ou un adulte testé positif n’aura pas à s’isoler, à moins que des symptômes apparaissent.

Les services de garde du Québec ont finalement l’heure juste. Le ministre de la Famille accueille les nouvelles recommandations d’isolement de la Santé publique et demandera aux garderies et aux centres de la petite enfance (CPE) de les appliquer.

Dans un communiqué diffusé en soirée, jeudi, Mathieu Lacombe a donné le feu vert à la mise en place dans le réseau de ces nouvelles modalités. Un bulletin d’information a suivi dans les garderies et les CPE vendredi matin.

À partir d’aujourd’hui, donc, les enfants déclarés positifs qui n’ont plus de symptômes après cinq jours de quarantaine pourront retourner dans leur milieu de garde. Advenant la présence de symptômes à la fin cette période, ils devront s’isoler cinq jours supplémentaires. Le masque n’est pas requis chez les tout-petits.

« Ces nouvelles consignes s’appliquent rétroactivement pour les isolements ayant commencé au cours des derniers jours », a précisé le ministère de la Famille dans son avis diffusé dans le réseau.

Les directives de Québec se basent sur des recommandations de la Santé publique faites en début de semaine. Jusqu’à hier, le ministre n’avait pas rendu sa décision finale quant à leur application.

Selon les nouvelles consignes, un membre du personnel qui entre en contact au travail avec un enfant ou un adulte porteur de la COVID-19 n’aura pas à s’isoler. « Pour le personnel qui a été en contact avec un cas à domicile, l’isolement de cinq jours, suivi d’une autre période de cinq jours pendant laquelle il est également requis de porter un masque d’intervention et de respecter une distanciation de deux mètres autant que possible, s’applique », a précisé le cabinet de M. Lacombe.

Des boîtes d’autotests supplémentaires doivent être acheminées dans les garderies ce mois-ci. En fait, le gouvernement de François Legault prévoit distribuer 1,7 million de dispositifs par mois en janvier et en février. Vendredi, le bureau du ministre Lacombe a confirmé qu’en plus des boîtes remises aux parents, certaines pourront servir à même le milieu de garde.

Par ailleurs, à partir de samedi, les éducateurs et éducatrices du réseau de la petite enfance s’ajouteront au personnel autorisé à aller passer un test PCR en centre de dépistage.

Nouveau revirement

Les nouveaux règlements formulés par Québec viennent mettre fin à une longue saga de va-et-vient subie durant les Fêtes par les parents et les éducatrices.

À la fin du mois de décembre, Québec faisait tomber la période d’isolement obligatoire pour les enfants atteints de la COVID-19. Devant une importante levée de boucliers — menée notamment par la Direction régionale de santé publique de Montréal —, le gouvernement revenait sur sa décision quelques jours plus tard. Joint jeudi par Le Devoir, le président de l’Association des garderies privées du Québec, Samir Alahmad, a déploré « le flip flop » du gouvernement Legault en ce début d’année.

« La semaine a été très difficile à gérer sur le plan des communications pour les membres, a ajouté vendredi la directrice générale de l’Association québécoise des CPE, Geneviève Bélisle. Ils ont reçu des informations divergentes de toute part. »

L’Institut national de santé publique du Québec rapporte plus de 180 éclosions actives dans les services de garde cette semaine. Sans contester les nouvelles orientations de la Santé publique, Mme Bélisle convient que cette situation pourrait s’exacerber.

« J’appréhende déjà des bris de service dans les prochaines semaines, parce que c’est sûr que des éducatrices vont tomber malades », a-t-elle dit.

Jeudi soir, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec a réitéré dans un communiqué son désir d’obtenir des masques N95 pour le personnel. « On semble vraiment nous avoir oubliées », a souligné sa présidente, Valérie Grenon.

Pour le moment, le réseau n’a accès qu’à des masques chirurgicaux et à des masques à fenêtre. Le nouveau directeur national de santé publique intérimaire, Luc Boileau, a récemment affirmé qu’en dehors des milieux de soins, les masques N95 n’étaient pas recommandés.

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