Deux géants convoitent le tramway de Québec

Québec avait scindé son appel de qualification en deux: un partenaire se chargerait de concevoir, fournir et entretenir les rames, et un autre doit être choisi pour construire, financer et entretenir les infrastructures.
Photo: Ville de Québec Québec avait scindé son appel de qualification en deux: un partenaire se chargerait de concevoir, fournir et entretenir les rames, et un autre doit être choisi pour construire, financer et entretenir les infrastructures.

Il y aura bel et bien concurrence, et non couronnement pour construire le tramway de Québec. Alstom et Siemens ont toutes deux manifesté leur intérêt pour embarquer à bord du projet, un des plus importants dans l’histoire de la capitale.

La Ville accueille avec joie cette course à deux, qui a nécessité autant d’appels de qualification avant de se concrétiser. L’an dernier, un premier processus d’approvisionnement avait fait chou blanc après qu’un seul consortium avait donné signe de vie.

« La Ville se réjouit de ce résultat, a-t-elle écrit par communiqué. Ce succès assurera le meilleur projet au meilleur prix, et ce, au bénéfice de tous les citoyens. »

Deux appels de qualification

Devant l’impasse, Québec avait scindé son appel de qualification en deux en juin dernier. La démarche vise désormais à sélectionner un premier partenaire pour concevoir, fournir et entretenir le matériel roulant, c’est-à-dire les rames, dès l’été prochain.

Un autre partenaire doit être choisi au printemps 2023. Il aura le mandat de construire, de financer et d’entretenir les infrastructures, c’est-à-dire la plateforme du tramway, ses stations, ses terminus et ses pôles d’échanges.

« Dans les semaines à venir, la Ville analysera les dossiers reçus afin de qualifier le ou les candidats qui seront ensuite invités à participer à l’appel de propositions, indique le communiqué. Celui-ci devrait être publié à l’hiver 2022, une fois les autorisations gouvernementales nécessaires obtenues. Au terme de cette démarche, le partenaire privé retenu pour le matériel roulant devrait être sélectionné à l’été 2022. »

La société française Alstom a acquis Bombardier Transport en janvier 2021. Son siège social canadien se trouve à Saint-Bruno-de-Montarville, et l’entreprise revendique plus de 4300 employés au Canada.

La géante française affichait un chiffre d’affaires de près de 16 milliards d’euros (un peu moins de 23 milliards $CA) il y a un an et ses tramways circulent dans une centaine de villes dans le monde. Les trains Azur du métro de Montréal comptent parmi ses faits d’armes au Québec. L’entreprise s’apprête aussi à livrer les 212 voitures Metropolis du REM.

La division transport du titan allemand Siemens a réalisé les trains légers d’Edmonton et de Calgary, en Alberta. L’entreprise compte quelque 2500 employés au Canada.

Échéancier respecté

Québec prolonge aussi d’un mois, soit jusqu’au 22 février, l’appel de qualification pour le volet structurel du tramway. La Ville accède ainsi aux demandes des potentiels candidats, qui voulaient un délai supplémentaire pour préparer leur dossier.

La Ville se dit « très confiante par rapport aux échéanciers prévus pour la réalisation du projet ». Elle n’anticipe aucun délai supplémentaire « à ce stade. »

Le tramway représente l’épine dorsale d’un vaste réseau de mobilité amené à se déployer à Québec et dans sa périphérie. Le coût du projet, d’abord évalué à 3,3 milliards, pourrait bondir à 4 milliards en raison notamment des retards, de la flambée des prix et de la pénurie de main-d’œuvre. L’administration du maire Bruno Marchand doit présenter une mise à jour du projet les 24 et 25 janvier.

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