La population de Montréal a diminué pendant la pandémie

Les migrations vers les régions se sont multipliées au détriment des grands centres comme la métropole.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les migrations vers les régions se sont multipliées au détriment des grands centres comme la métropole.

La population de Montréal a baissé de 46 717 habitants entre le 1er juillet 2020 et le 1er juillet 2021, selon des données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) publiées jeudi. C’est la première fois en près de vingt ans que la métropole enregistre une diminution aussi importante.

Ce bilan s’explique par un exode des Montréalais vers d’autres villes, principalement dans les régions adjacentes. En effet, Montréal affiche un déficit de 48 300 habitants, soit environ 2,56 % de sa population, au profit d’autres villes québécoises, ce qui est aussi un record négatif depuis une vingtaine d’années, selon le Bulletin sociodémographique de janvier 2022 de l’ISQ.

Cela faisait plusieurs années que la métropole était perdante dans ces migrations interrégionales, avec une baisse de 35 931 personnes en 2019-2020. Mais la pandémie a donné un grand coup. En tout, 232 000 personnes ont changé de région administrative de résidence, soit 19 % de plus qu’au cours de l’année 2019-2020.

Restrictions aux frontières

« Ça va à l’encontre des tendances récentes, alors qu’on observait plutôt une diminution des migrations. La population a eu la bougeotte au cours de la dernière année », a souligné la démographe Martine St-Amour.

Selon cette coautrice du rapport, certains ont découvert une nouvelle région, alors que d’autres sont retournés dans leur région d’origine ou se sont installés de manière permanente dans ce qui était autrefois leur résidence secondaire.

Ça va à l’encontre des tendances récentes, alors qu’on observait plutôt une diminution des migrations. La population a eu la bougeotte au cours de la dernière année.

 

Les bilans migratoires des grands centres, comme la Capitale-Nationale, Laval et l’Outaouais, se sont aussi tous détériorés.

Lors des années précédentes, les départs de Montréal vers les régions étaient compensés par l’immigration et l’arrivée de résidents temporaires, explique Mme St-Amour, mais pas en 2020-2021, puisqu’il y avait des restrictions importantes aux frontières.

Des régions se réjouissent

D’un autre côté, plus de citoyens que jamais ont migré vers les régions des Laurentides, de Lanaudière, de l’Estrie, de la Mauricie, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, du Bas-Saint-Laurent et du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Ce sont les Laurentides qui arrivent en tête de liste, gagnant 12 656 personnes, l’équivalent de 2,02 % de leur population.

Ces tendances favorables étaient déjà visibles depuis plusieurs années, mais ont augmenté avec la pandémie. Cela n’est pas sans réjouir le président du Regroupement des MRC de la Gaspésie, Mathieu Lapointe, ravi que la région ait attiré 2907 nouvelles personnes, alors qu’elle en perdait il y a plus de cinq ans.

« En 2017, la région s’est concertée et a choisi de s’attaquer à l’enjeu de la démographie en priorité. C’est à partir de ce moment que les décideurs ont appuyé la stratégie Vivre en Gaspésie dans la concrétisation de son plan d’action, et les données démographiques subséquentes nous prouvent que ce choix était et continue d’être judicieux », a-t-il indiqué par voie de communiqué.

De l’espoir à Montréal

Le président-directeur général de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain a bon espoir que le vent redeviendra bientôt favorable, avec l’augmentation prévue de l’immigration et un éventuel retour d’étudiants postsecondaires en présentiel. Michel Leblanc souligne par ailleurs que l’économie se porte bien malgré le déficit populationnel.

Les prix élevés de l’habitation, qui ont pu faire fuir des familles, restent toutefois une difficulté. « Les promoteurs doivent développer des projets non seulement intéressants pour eux, mais qui répondent aussi aux besoins de la population », a dit M. Leblanc.

C’est notamment là-dessus que travaille la mairesse Valérie Plante, pour « encourager les ménages à rester à Montréal et préserver l’attractivité de la métropole ».

« Les outils que nous avons mis en place pour préserver l’abordabilité de Montréal au dernier mandat portent fruit, et nous allons encore plus loin dans ce mandat, avec la stratégie 60 000 logements abordables, a répondu par écrit l’attachée de presse principale de l’administration, Catherine Cadotte. Nous savons que la sécurité, le dynamisme, la transition écologique et la vitalité des artères commerciales sont des facteurs essentiels à la qualité de vie à Montréal, et c’est sur quoi nous misons. »

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