L’ex-magnat hôtelier Raymond Malenfant rend l’âme

Raymond Malenfant
Photo: Archives Le Devoir Raymond Malenfant

Le « toffe de la Malbaie », un surnom qui semblait l’amuser, n’est plus. Autrefois propriétaire d’un empire hôtelier évalué à 400 millions et ennemi juré de la CSN dans un conflit épique au Manoir Richelieu, Raymond Malenfant a rendu l’âme vendredi. Il était âgé de 91 ans.

Décrire Raymond Malenfant, c’est décrire un self-made man hors normes dont la faillite en 1993, et la perte du célèbre hôtel de Pointe-au-Pic, a sonné le début d’une série interminable d’événements malheureux que les médias ont couverts tout au long des années qui ont suivi.

« Le Manoir Richelieu m’a tué », raconte-t-il à La Presse Canadienne à l’occasion de la sortie de sa biographie en 2003. « J’avais des hôtels qui allaient bien puis, avec ça, le diable a pogné. »

Ce « Manoir Richelieu », c’est l’histoire tragique d’un de ses grands coups. Après avoir étendu sa chaîne d’hôtels Universel un peu partout au Québec, il met la main sur le célèbre établissement en 1985. Il procède à une rénovation majeure mais refuse de reconnaître la présence syndicale de la CSN. Le conflit dégénère rapidement et sera marqué par la mort d’un manifestant.

Né près de Rivière-du-Loup en 1930, Raymond Malenfant était le cadet d’une famille de neuf enfants. Ses parents étaient agriculteurs. « Mon père avait juste les moyens de nous nourrir, puis c’est tout », dit-il à l’émission Caméra 90, diffusé à TQS. Son « premier coup de chance », raconte-t-il, survient à Sainte-Foy, avec la vente d’un terrain à Sam Steinberg. Le fruit de la transaction lui permet alors de bâtir un hôtel à Rivière-du-Loup sans emprunt.

Après la faillite de 1993, le mauvais sort semble d’acharner. Raymond Malenfant se retrouve devant les tribunaux. En 1999, Cap-Rouge estime que le gazon sur ses terrains est mal coupé et lui impose une amende de 700 $. Il choisit la prison. Au bout de quelques jours, Jean-René Dufort, de La Fin du monde est à sept heures, intervient en sa faveur.

En 2001, il est frappé par une voiture à Laval. Il est alors plongé dans un coma de deux semaines et perd la mémoire pendant six mois. « Après l’accident que j’ai eu, je remercie le Bon Dieu, ça ne va pas si pire », dira-t-il à TVA dans une entrevue exclusive en 2014. « La tête est là, j’ai la moitié du corps de montée en acier et, le reste, il traîne. »

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