Des pirates font dérailler le point de presse des familles des victimes du vol 752

L'avion de ligne avait été abattu par l’armée iranienne il y a deux ans.
Photo: Ebrahim Noroozi La Presse canadienne L'avion de ligne avait été abattu par l’armée iranienne il y a deux ans.

Des pirates informatiques ont fait dérailler mardi une conférence de presse virtuelle organisée par des avocats et des membres de familles de victimes de l’écrasement d’un avion de ligne ukrainien abattu par l’armée iranienne il y a deux ans, presque jour pour jour.

Des proches et leurs avocats avaient amorcé une conférence de presse virtuelle pour discuter de la décision judiciaire rendue publique lundi, qui leur a attribué des millions de dollars en dommages et intérêts.

 

La Cour supérieure de l’Ontario a accordé plus de 107 millions $ aux familles de six victimes de l’écrasement du vol 752 d’Ukraine International Airlines, abattu par l’armée iranienne, avec ses passagers à bord, le 8 janvier 2020. Les avocats Mark Arnold et Jonah Arnold ont qualifié lundi cette décision de «sans précédent» dans les annales canadiennes.

Me Arnold n’a pas voulu divulguer comment il comptait obtenir cette somme du gouvernement iranien, mais il a déclaré que son équipe savait où se trouvaient les actifs iraniens au Canada et à l’étranger.

L’avocat a lancé mardi en point de presse virtuel que « si quelqu’un de la République islamique d’Iran participe à cet appel, si le guide suprême participe à cet appel », les avocats sauront trouver leurs actifs.

Quelques instants plus tard, la conférence de presse sur la plateforme Zoom a été court-circuitée par de la musique « heavy metal » et des images pornographiques, pendant près de trois minutes, avant que les avocats n’interrompent la communication.

Les avocats n’ont pas tenté de relancer la conférence de presse par la suite.

« Un acte terroriste »

Le jugement ontarien rendu public lundi fait suite à une décision de mai dernier qui concluait que ces tirs de missiles iraniens constituaient un acte de terrorisme intentionnel, ouvrant ainsi la voie aux familles des victimes pour demander une compensation à Téhéran.

Le juge Edward Belobaba, de la Cour supérieure de l’Ontario, a conclu, selon la prépondérance des probabilités, en droit civil, que les missiles qui ont abattu le Boeing avaient été tirés délibérément à un moment où il n’y avait pas de conflit armé dans la région. En conséquence, le juge a estimé qu’il s’agissait d’un acte terroriste, qui invaliderait donc l’immunité dont aurait pu jouir l’Iran contre toute poursuite civile.

Alors que la Loi sur l’immunité des États protège les États étrangers contre les poursuites civiles, la Loi visant à décourager les actes de terrorisme contre le Canada et les Canadiens, de son côté, prévoit en effet une exception dans le cas où les dommages réclamés sont le résultat d’un acte terroriste.

Plus de 100 des 176 personnes tuées dans la tragédie du 8 janvier 2020 avaient des liens avec le Canada, dont 55 citoyens canadiens et 30 résidents permanents.

 

Le juge Belobaba a accordé 7 millions $ en dommages compensatoires et 100 millions $ en dommages punitifs, plus les intérêts, aux membres des familles qui avaient saisi le tribunal.

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