Valérie Plante aura plusieurs crises à gérer en 2022

De l’habitation à la pandémie en passant par la sécurité publique, Valérie Plante aura plusieurs crises à gérer en 2022.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir De l’habitation à la pandémie en passant par la sécurité publique, Valérie Plante aura plusieurs crises à gérer en 2022.

De la pénurie de logements abordables en passant par le budget défaillant de la Société de transport de Montréal (STM) et la résurgence de la violence armée, la mairesse de la plus grande ville du Québec, Valérie Plante, aura plusieurs crises à gérer en 2022, sans compter la pandémie de COVID-19.

« J’essaie de garder le moral, mais ce n’est pas facile. C’est un peu le jour de la marmotte », laisse tomber Mme Plante en entretien au Devoir le 30 décembre, quelques minutes avant que le gouvernement Legault annonce le retour du couvre-feu de 22h à 5h du matin et la fermeture des salles à manger des restaurants dans un ultime effort pour s’attaquer à une énième vague de cas de COVID-19. La mairesse, qui est rétablie de son infection à ce virus, aura toutefois plusieurs autres crises à gérer cette année, au-delà de la situation sanitaire.

« Définitivement, l’habitation, c’est un enjeu à Montréal, mais pas qu’à Montréal. Ça devient un enjeu municipal, mais aussi national. Il faut trouver des façons de loger tous les ménages québécois, dans toutes les villes [...] Pour moi, c’est un gros sujet », lance d’emblée Mme Plante, au moment où une flambée des prix se fait sentir dans le marché immobilier, à Montréal comme ailleurs dans la province.

La mairesse confie d’ailleurs que ses attentes « sont grandes » relativement au Règlement pour une métropole mixte de la Ville. En vigueur depuis le 1er avril dernier, ce règlement, qui ne fait pas l’unanimité, vient rehausser les exigences en matière d’inclusion de logements sociaux et abordables dans les projets immobiliers lancés dans la métropole.

« Par contre, la crainte qu’on a, c’est quand on voit qu’il y a des promoteurs qui appliquent le règlement de bonne foi et qu’il n’y a pas d’argent pour les unités de logement social qui sont payées par le gouvernement du Québec. Là, on a un problème », ajoute Mme Plante, qui presse ainsi le gouvernement Legault de déployer plus de fonds pour la construction de logement social dans la province.

La Presse révélait notamment en décembre que de grands promoteurs immobiliers avaient proposé d’ajouter plus de 300 appartements à bas loyer à certains de leurs projets dans différents secteurs de la métropole au cours des dernières années, mais que ces unités n’ont pu voir le jour, faute d’un financement gouvernemental suffisant. « Il faut vraiment que le gouvernement du Québec suive la demande, suive la tangente, parce que l’habitation de prime abord, ce n’est pas une compétence municipale », insiste la mairesse réélue.

L’effectif policier, une épine dans le pied

Mme Plante a commencé son deuxième mandat consécutif avec une épine dans le pied. Après avoir promis en campagne électorale un ajout net de 250 policiers dans la métropole d’ici la fin de 2022, elle a dû reconnaître que ce nombre tiendra compte des embauches reliées aux départs à la retraite. Le budget 2022 de la Ville prévoit ainsi l’ajout de 103 policiers de plus qu’en 2021, ce qui fera gonfler l’effectif à 4784 policiers.

« Je peux vous dire que si ça a été mal compris [cet engagement], c’était vraiment une erreur de bonne foi parce que nous, dans les chiffres qu’on avait présentés au début de la campagne, ça a toujours été clair que c’était 250 policiers, incluant les remplacements. Mais ça inclut quand même plus d’une centaine de policiers qui s’ajoutent », fait valoir Mme Plante.

Cette dernière assure par ailleurs vouloir miser sur la prévention du crime en continuant de financer les groupes communautaires. Diverses pistes de solutions à la violence armée qui sévit à Montréal seront par ailleurs abordées lors d’un sommet prévu à la fin janvier en présence notamment de représentants du Service de police de la Ville de Montréal et de groupes communautaires.

« Des défis de financement » à la STM

Parfois, une crise en entraîne une autre. C’est notamment le cas à la STM, qui commence l’année 2022 avec un manque à gagner de 43 millions de dollars dans son budget 2022, principalement en raison de la chute de l’achalandage dans son réseau liée à la pandémie de COVID-19. La fréquence des bus et du réseau du métro demeurera ainsi à un niveau réduit par rapport à ce qu’il était avant la pandémie.

« On ne veut pas avoir d’impacts majeurs sur l’offre de service, mais on veut quand même trouver des solutions pour s’assurer que l’impact financier ne retombe pas sur les Montréalais et les Montréalaises parce que notre transport collectif, à Montréal, c’est toute la région métropolitaine qui l’utilise aussi », relève Mme Plante. Cette dernière interpelle ainsi Québec et Ottawa en leur demandant de bonifier le financement relié au transport en commun et à son opération.

Enfin, la mairesse ne compte pas négliger une autre crise, qui a été éclipsée par la pandémie, soit celle des changements climatiques. « Même si on est en pleine COVID, les changements climatiques, eux, continuent et on en voit de plus en plus des manifestations claires sur l’impact sur les températures et sur nos habitudes de vie », rappelle Mme Plante. La Ville entend ainsi poursuivre ses efforts en 2022 pour ajouter des espaces verts, « planter des arbres » et améliorer sa gestion des matières résiduelles, notamment.

Quant à la pandémie, qui s’éternise, Mme Plante conserve son optimisme à toute épreuve. « On va passer au travers; on est faits forts », lance-t-elle en riant.

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