Trois questions à nos photographes

Nous avons posé les trois mêmes questions à trois de nos photographes.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Nous avons posé les trois mêmes questions à trois de nos photographes.

Nous avons posé les trois mêmes questions à trois de nos photographes à propos de faits marquants de leur année 2021 sur le terrain.

Marie-France Coallier

De quoi êtes-vous le plus contente en ce qui concerne l’année 2021 ?

Il y a eu à un moment donné la réouverture des cafés, des endroits où je pouvais laisser ma voiture et m’installer pour travailler. Les réouvertures ont beaucoup aidé au moral en permettant de travailler dans un contexte un peu plus ergonomique, assis à une table avec un café plutôt que dans ma voiture à geler. Revoir les collègues, aussi, surtout en fin d’année. Je suis retournée au bureau tous les jours durant une semaine ou deux avant que tout referme.

Qu’avez-vous trouvé le plus difficile en 2021 ?

À cause de la pénurie de main-d’œuvre, des cafés et des restaurants ont fermé leurs salles à manger, par manque de personnel, pour favoriser le service à l’auto. Donc, je me suis souvent retrouvée devant des portes closes, incapable de travailler à l’intérieur. Je me suis retrouvée à la case départ des mauvais souvenirs. Mais c’est sûr qu’en 2021, les enjeux, on les connaissait, puisqu’on les avait déjà vécus en 2020.

Qu’est-ce que vous espérez retrouver en 2022 ?

Tout le monde souhaite un retour à la normale. On espère tous que la pandémie va finir par finir. En 2020, on croyait que ça ne durerait que quelques semaines. Naïvement, on a tous cru que ça ne durerait pas si longtemps, jusqu’au jour où j’ai rencontré la Dre Caroline Quach et que je lui ai demandé ce qu’elle en pensait. Elle parlait de 2022 pour le retour des voyages. C’est sûr que la vaccination nous a ouvert les portes, à tous, avec une certaine liberté pour reprendre nos activités, aller dans les cafés, rencontrer les gens, assister à des spectacles. On veut tous passer à autre chose. Trouver d’autres pistes de solution pour la santé globale de la planète. Reprendre nos voyages. Reprendre nos vies normales.

   

Jacques Nadeau

De quoi êtes-vous le plus content en ce qui concerne l’année 2021 ?

Je suis content pour les personnes qui ont eu la COVID-19 et qui s’en sont sortis, surtout les personnes âgées. Je peux donner un exemple : une dame, Jacqueline Sénécal, qui était dans le CHSLD Herron… J’ai aidé sa mère à la faire sortir pour qu’elle aille dans un autre CHSLD. Ils ont connu la guerre, eux. Tu imagines ? Tu es tout seul, couché dans ta chambre, et le service funéraire passe devant ta porte deux ou trois fois par jour. Ça ne doit pas être facile. Tu te dis : quand est-ce que ce sera mon tour ?

Qu’avez-vous trouvé le plus difficile en 2021 ?

De voir les gens souffrir sans rien pouvoir faire. De voir des gens partir, à cause de la COVID-19 ou d’autres maladies. C’est difficile de voir des personnes âgées qui s’en vont pour toutes sortes de raisons, dont mon frère [Michel Nadeau], naturellement. Mais il ne faut pas se laisser aller dans le tourbillon de l’insécurité et du négativisme. C’est ce qui m’apparaît le plus dangereux. On le ressent dans les entrevues, on l’entend dans les médias.

Qu’est-ce que vous espérez retrouver en 2022 ?

Pour 2022, il faut apprendre à vivre au jour le jour. On ne sait pas du tout comment ça va se passer. Pour chercher des idées de reportages, ce n’est pas évident. On trouve en se promenant, en allant voir dans des endroits comment ça se passe. Il y avait beaucoup de monde. Maintenant, il n’y a plus personne. On va se promener et on cherche des sujets. Quand on se sent bien, en marchant à l’extérieur, on trouve des idées. C’est un peu difficile à dire. On a toujours entendu que c’est le plus fort qui va gagner. Mais en même temps, dans cette loi du plus fort, il va falloir que chacun d’entre nous se renforce à l’intérieur de soi-même.

   

Valérian Mazataud

De quoi êtes-vous le plus content en ce qui concerne l’année 2021 ?

Il y a vraiment eu une rentrée culturelle. Il y avait beaucoup de projets que les artistes avaient gardés de côté pendant presque un an. Du coup, de pouvoir les voir en vrai, de retrouver un peu ce rythme-là, c’était assez agréable. Et cette année, j’ai eu la chance d’aller sur la Côte-Nord, en Abitibi. Ce ne sont pas des reportages à l’étranger, mais c’est très chouette et dépaysant. Être sur la route, bouger, sortir de la ville et se consacrer à un sujet, ça a été un gros plus de cet été-automne.

Qu’avez-vous trouvé le plus difficile en 2021 ?

Le côté lassitude de tout ça, de la pandémie. On se rend compte que ça dure. On est encore en plein dans ce thème-là. Même pour les photos. On travaille toujours avec des gens masqués, il faut garder nos distances dans les groupes et il faut gérer tous ces détails de mesures sanitaires en essayant de faire notre travail. C’est déjà assez compliqué de faire des reportages en photos, et là, je trouve que la pandémie qui dure offreune excuse en or aux chargés de communication pour refuser l’accès aux photographes ou aux journalistes à certains lieux.

Qu’est-ce que vous espérez retrouver en 2022 ?

Plus de terrain, moins de restrictions. J’aurais beaucoup aimé reprendre les reportages à l’étranger. Ça n’augure pas très bien. Comme tout le monde, j’ai envie de voir la fin de ce passage-là. Voir des sujets qui ne sont plus teintés par la pandémie, ça serait quelque chose que j’aimerais beaucoup.



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