En photos | 2021 dans l’œil de Hubert Hayaud

Les photographes posent un regard très personnel sur l’actualité. Nous leur avons demandé de choisir leurs meilleures photos de l’année plutôt... inhabituelle qui s’achève. De la représentation de l’invisible à l’art du portrait, voici la sélection d’Hubert Hayaud.

1 19 août | L’été, la belle saison, c’est aussi la saison creuse de l’actualité. «Le Devoir» laisse alors ses photographes libres d’illustrer en images les idées de leurs choix. «Je voulais faire quelque chose sur le vent», explique Hubert Hayaud. «Je suis allé aux îles de la Madeleine, qui sont connues pour le vent. Je me suis mis à chercher tout ce qui était en lien avec le vent.» Une question fondamentale se pose alors: comment illustrer cette chose que l’on ne voit pas, mais que l’on sent ? «Il y a un truc typique des îles de la Madeleine: les cordes à linge», s’est alors dit le photographe. À la recherche de la plus belle corde à linge des Îles, il tombe sur cette demeure où ondoie au vent ce long drap blanc. «J’ai frappé à la porte pour voir si on m’autorisait à photographier la corde à linge. Les propriétaires étaient plutôt surpris de ma demande», se souvient le photographe en riant. Hubert Hayaud Le Devoir
2 19 août | Cet exercice de style n’a pas été très difficile pour Hubert Hayaud. Il a pu combiner ses vacances à son travail de photographe. «C’est ma fille que j’ai attrapée sur cette photo», explique l’artisan du «Devoir». «À la tombée du jour, on monte en haut de la colline et je lui dis: “tu ne fais rien”.» Le vent, la mer et la lumière ont fait l’essentiel du travail. Hubert Hayaud Le Devoir
3 15 janvier | La séance avec la comédienne Virginie Fortin démarrait bien mal. Le photographe et sa muse du jour arpentaient les rues de Montréal à la recherche d’un décor intéressant pour illustrer son nouveau spectacle. «À un moment, on remonte la ruelle derrière la rue Saint-Hubert, qui n’est vraiment pas une belle ruelle. C’est le jour des poubelles; c’est dégueulasse. Il y a de la neige mouillée, de la "slush" partout. Ça sent mauvais. C’est sale. C’est vraiment la pire journée.» Mais le fond noir d’un commerce attire le regard. Le manteau foncé de l’humoriste, sur ce mur ébène avec la faible lumière qui se reflète sur la neige au sol, crée l’illusion d’un studio. Quelques clics plus tard, le tour est joué. Le professionnalisme de Virginie Fortin a fait rapidement oublier les déchets dans lesquels s’enfonçaient les pieds du photographe, note ce dernier. Hubert Hayaud Le Devoir
4 12 juillet | Gabor Szilasi est le saint patron des photographes canadiens. En 93 ans d’existence, il a photographié le Québec rural, fréquenté Gaston Miron et tiré le portrait de Leonard Cohen. Hubert Hayaud se rappelle surtout l’amabilité unique du personnage. «Sa mère est morte dans un camp de concentration, il a fui le communisme, et il tend la main comme s’il me connaissait depuis toujours.» Puis, entre photographes, le courant passe. Gabor Szilasi a profité de la rencontre pour inspecter l’appareil de l’artisan du «Devoir». «C’est un peu comme s’il avait béni mon matériel.» Face à ce personnage plus grand que nature, Hubert Hayaud remarque que «les photographes sont souvent plus à l’aise derrière leur appareil que devant, mais pas lui». Hubert Hayaud Le Devoir
5 10 juillet | White-B était gonflé à bloc cet été. Son groupe de rap 5Sang14 n’a cessé de prendre du galon sur les scènes du Québec et lui-même a lancé en mars un EP impressionnant intitulé Double Vision. «Il y avait une petite fenêtre pendant qu’il était chez le barbier», raconte Hubert Hayaud. «Pour moi, c’est parfait. J’ai une mise en scène, un décor.» Le scénario est idéal: le personnage ne peut pas faire autre chose que de rester assis et demeurer disponible. L’ambiance est parfaite lorsqu’on écrit un article sur un artiste qui soigne son image. «Au final, tu discutes, tu prends ton temps. C’était une affectation idéale, je n’avais pas le droit de la rater.» Hubert Hayaud Le Devoir
6 19 août | «Là, je suis à 100 mètres de la grève, dans l’eau pas très profonde. J’en ai jusqu’aux cuisses. Je suis enfoncé et fais plusieurs passages où il saute de- vant moi. Le mec a été très coopératif.» Hubert Hayaud Le Devoir

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