​Nos personnalités de l’année 2021 : Marc Bédard, p.-d.g. de Lion électrique

Marc Bédard, p.-d.g. de Lion électrique
Photo: Maia Faddoul Marc Bédard, p.-d.g. de Lion électrique

L’électrification des transports est au cœur de la relance économique. Au Québec, Marc Bédard, p.-d.g. du constructeur d’autobus et de camions urbains électriques Lion, a fait sa marque depuis quelque temps déjà, mais c’est cette année que son entreprise a vraiment pris son envol. Des premiers véhicules vendus en 2016 à l’entrée en Bourse de sa compagnie au printemps dernier, l’entrepreneur ne compte pas s’arrêter là.

« L’année 2021 a été très marquante », confie M. Bédard. Son entreprise située à Saint-Jérôme, dans les Laurentides, a franchi une étape importante au printemps dernier, en passant du statut de privé à public.

« Le 7 mai, ça a été toute une journée ! » confie l’homme d’affaires. « Tôt le matin, on annonçait la nouvelle usine en Illinois aux États-Unis. Après ça, à l’ouverture des marchés, les actions de l’entreprise commençaient à se négocier sur les bourses de New York et de Toronto. Et à 16 h, on sonnait la cloche indiquant la fermeture de la bourse. Mais 15 minutes avant, ma fille m’a écrit pour me dire qu’elle venait d’accoucher de son petit garçon, alors que c’était prévu pour quelques jours plus tard. Tout s’est passé en même temps. Je vous le dis… C’était incroyable », laisse-t-il tomber ému.

Un enjeu de société

L’ex-associé chez PricewaterhouseCoopers a tout lâché pour fonder son entreprise d’autobus électriques en 2008, déjà persuadé de la nécessité d’opérer un virage. « Au début, on était presque les seuls à avoir le bâton du pèlerin. Maintenant, la question n’est plus de savoir s’il va y avoir une électrification des transports, c’est de savoir à quel rythme cela va se faire », estime M. Bédard.

« L’électrification des transports, ça va chercher à peu près tout le monde dans la population, croit-il. On est pour ou on est contre. On pense que ça va prendre du temps, ou on croit que non. Mais on rencontre rarement quelqu’un qui n’a pas d’opinion là-dessus. »

Signe de l’intérêt témoigné par Ottawa et Québec au développement de l’entreprise, les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault s’étaient retrouvés pour la première fois en personne depuis de la pandémie, en mars dernier, pour annoncer du financement pour le projet d’usine de batteries électriques de Lion.

« De voir que la société en général emboîte le pas, ça me rend extrêmement fier, avoue-t-il. Ça ne me rend pas seulement fier de voir que nos affaires roulent à des fins économiques, mais aussi pour l’environnement, la planète. »

Promouvoir le « fait au Canada »

L’homme d’affaires québécois ne s’en cache pas : il veut un « Buy Canada Act » et demande aux gouvernements fédéral et provincial de changer leurs critères d’appels d’offres en matière de transport afin de prioriser l’achat local. « C’est assurément une de nos priorités », dit celui qui continuera d’en faire son cheval de bataille dans la prochaine année.

« Ça se fait beaucoup aux États-Unis. Si vous regardez du côté de l’Asie et de l’Europe, ça se fait aussi. Donc, il n’y a aucune raison valable pour laquelle on n’en ferait pas autant. En fait, si le Canada n’emboîte pas le pas, c’est même aller contre les entreprises canadiennes », croit M. Bédard, déterminé à défendre l’économie locale.



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