Les variants Delta et Omicron changent la donne

Le variant Delta a été identifié pour la première fois en octobre 2020 en Inde, où la pandémie a provoqué la pire tragédie humanitaire depuis l’indépendance du pays. 
Photo: Arun Sankar Agence France-Presse Le variant Delta a été identifié pour la première fois en octobre 2020 en Inde, où la pandémie a provoqué la pire tragédie humanitaire depuis l’indépendance du pays. 

L’année 2021 fut marquée par l’émergence de deux variants du SRAS-CoV-2 qui ont été responsables d’importantes recrudescences de la pandémie : Delta et Omicron.

Le variant Delta a été identifié pour la première fois en octobre 2020 en Inde, où la pandémie a provoqué la pire tragédie humanitaire depuis l’indépendance du pays. En raison de sa plus grande transmissibilité, Delta a rapidement supplanté tous les variants précédents : Alpha, Beta, détecté en Afrique du Sud, et Gamma, détecté au Brésil. Delta s’est révélé deux fois plus contagieux que tous les autres variants apparus jusque-là, y compris la souche d’origine identifiée à Wuhan, en Chine. Un cas infecté par le variant Delta génère deux fois plus d’infections secondaires que les souches antérieures. Alors qu’une personne infectée par la version originale du virus pouvait transmettre à deux ou à trois autres personnes, un individu porteur du Delta peut contaminer à son tour de cinq à six personnes.

Le variant Delta est doté d’une mutation qui lui permet de produire des copies de lui-même beaucoup plus efficacement et rapidement que les souches qui l’ont précédé, ce qui a pour conséquence que les personnes qui sont infectées par ce variant ont des charges virales beaucoup plus élevées.

Delta est également plus virulent que les variants antérieurs et la souche ancestrale : il entraîne un risque d’hospitalisation, d’admission aux soins intensifs et de décès de deux à trois fois plus élevé que les autres versions du SRAS-CoV-2. Même si deux doses d’un vaccin à ARNm sont un peu moins efficaces à prévenir les infections induites par le variant Delta, leur administration avec un délai de huit semaines — entre les deux doses — comme on l’a fait au Québec offre toujours une protection de 80 % contre les infections et de 95 % contre les hospitalisations six mois après la deuxième dose.

Le variant Delta était présent dans 99 % des cas rapportés et séquencés dans le monde jusqu’à l’apparition du variant Omicron, qui a d’abord été dépisté en Afrique du Sud et au Botswana, et qui a été signalé à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le 24 novembre dernier.

Omicron possède un nombre record de mutations par rapport à la souche ancestrale. Certaines de ces mutations lui confèrent une transmissibilité encore plus grande que Delta. Très contagieux, Omicron se répand à une vitesse folle : en une semaine à peine, entre le 12 et le 18 décembre 2021, il était devenu responsable de 80 % des infections au Québec.

De plus, il apparaît évident qu’Omicron échappe à l’immunité générée par une infection préalable à la COVID-19, ainsi qu’à celle induite par la vaccination, comme le montrent les multiples cas de réinfection et d’infections contractées par des personnes doublement vaccinées. Toutefois, des études de laboratoire ont montré que l’administration d’une dose de rappel (troisième dose) permet de générer suffisamment d’anticorps pour neutraliser Omicron. On ne sait toutefois pas combien de temps cette immunité persistera.



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