En photos | 2021 dans l’oeil de Marie-France Coallier

Les photographes posent un regard très personnel sur l’actualité. Nous leur avons demandé de choisir leurs meilleures photos de cette année plutôt… inusitée qui s’achève. De rencontres intimistes en événements électrisants, voici la sélection de Marie-France Coallier.

1 12 février | « La fille d’elle-même », premier roman d’autofiction francophone écrit par une femme trans au Québec, Gabrielle Boulianne-Tremblay, marque l’année littéraire. « Sans trop pousser », Marie-France Coallier réveille l’audace de l’autrice. « Je voulais dénuder une partie de son corps qui pourrait montrer un peu sa féminité tout en demeurant respectueuse. J’aurais pu très bien ne pas aller là du tout, mais j’ai eu l’instinct de le lui demander, sans vouloir la vexer, et elle a dit qu’elle était très ouverte à ça. » Cette photo est d’ailleurs la toute première image de Gabrielle Boulianne-Tremblay publiée dans un média. Marie-France Coallier Le Devoir
2 18 août | 2021 a été une année difficile pour les Afghans. La chute du pays aux mains des talibans angoisse une diaspora impuissante. Mohammad Nabi Adel, installé à Sherbrooke depuis environ cinq ans, trouve tout de même le moyen de sourire et de garder espoir. Il triture son tasbih, une sorte de chapelet islamique, assis sur un banc dans un parc du chef-lieu estrien lorsque Marie-France Coallier lui tire le portrait. « Quand je l’ai pris en photo, il s’est mis à rire d’un sourire sans dents. C’est cocasse. Il rit de bon cœur. Malgré le drame, c’est beau de voir sa joie de vivre. » Marie-France Coallier Le Devoir
3 9 mars | Le prix des loyers commerciaux a grimpé en flèche cette année à Montréal. La librairie indépendante S.W. Welch, tenue depuis 37 ans par M. Welch lui-même, est alors menacée de fermeture. « Ça fait le charme de Montréal, ces gens-là », commente Marie-France Coallier. Outre « les trésors » vendus par M. Welch, l’atmosphère curieuse de cette boutique marque la mémoire des visiteurs comme des photographes. « En plus des livres qui entourent M. Welsh, il y avait aussi un plexiglas devant lui, ce qui rajoutait de la texture dans l’image. Il fait un peu Harry Potter. Il y a de la magie dans le personnage. » La mobilisation populaire aura finalement contraint les propriétaires à lui proposer un prix de location convenable. Marie-France Coallier Le Devoir
4 25 mars | La mort de Joyce Echaquan a mis en lumière les défaillances d’un système de santé peu adapté aux réalités des Premières Nations. Marie-France Coallier s’est rendue à Kanesatake pour entendre l’histoire de Winston Soenrese Nelson, qui avait dû revenir de l’hôpital de Saint-Eustache en jaquette, par une température sous zéro. « Je vois beaucoup de bienveillance et d’amour de Cheryl Scott envers son mari, se rappelle-t-elle. Je trouve que ça leur donne une voix. Ils ne sont pas seuls. Ils ont toute une fierté de faire partie de la nation mohawk. C’est important de trouver une certaine forme de justice. » Marie-France Coallier Le Devoir
5 17 août | L’anxiété d’à peu près tout le monde a grimpé cette année, stimulant la demande pour des traitements de zoothérapie. Marie-France Coallier est donc partie à la recherche de chevaux utilisés en équithérapie. « Ce sont des êtres tellement intelligents, qui sont capables de ressentir les émotions », explique-t-elle. Elle croise sur un ranch Samuel Embregts, un vétéran de la guerre en Afghanistan, qui s’amuse avec un Don Juan un peu surpris. « Contrairement à M. Embregts, qui pourrait être celui qui est gêné, c’est plutôt le cheval qui a l’air un peu désemparé ! », note la photographe, amusée. Marie-France Coallier Le Devoir
6 22 octobre | Le monument de la chanson qu’est Gilles Vigneault a offert au Québec un nouvel album cette année. Un précieux cadeau étant donné les 93 ans de l’artiste. Marie-France Coallier se rappelle la « gentillesse » et la « formidable disponibilité » du chanteur de légende. « Ç’a été fantastique, parce que son album traite des quatre éléments : la terre, le feu, l’eau et l’air. J’avais ces éléments qui étaient là. Quand il ouvre les bras de chaque côté et prend une bouffée d’air, ça a pris tout son sens. » Marie-France Coallier Le Devoir

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