Des commerçants inquiets à quelques jours de Noël

Pour certains commerçants, c’est un achalandage réduit qu’on appréhende, par rapport aux années précédentes.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Pour certains commerçants, c’est un achalandage réduit qu’on appréhende, par rapport aux années précédentes.

Pénurie de main-d’oeuvre, retour des files d’attente, des consommateurs découragés: les commerçants sont confrontés à de nombreux défis à l’approche du temps des Fêtes et du retour de la capacité réduite à 50 % entre leurs murs dès lundi.

« La fin de semaine avant Noël, c’est toujours la folie. C’est généralement là où tout le monde court, tant pour les cadeaux que pour les préparations [en vue de recevoir des proches à la maison]», relève le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) Montréal centre-ville, Glenn Castanheira.

Ce dernier s’attend toutefois à ce que l’achalandage des commerces de détail soit particulièrement important en début de semaine prochaine, lorsque de nombreux Montréalais qui auront entamé leur congé du temps des Fêtes effectueront leurs emplettes de dernière minute en prévision du réveillon de Noël. « Tout le monde va être à bout. Je m’attends à ce que s’il y a des problèmes, ça va être à ce moment-là », laisse-t-il tomber.

Le retour des files d’attente

Dans le contexte du retour dès lundi de la capacité réduite d’accueil dans les commerces, « on s’attend à de longues files d’attente, comme on en a vu l’an dernier », appréhende d’ailleurs M. Castanheira, qui rappelle toutefois que de nombreux détaillants ont bonifié leur offre de magasinage en ligne depuis le début de la pandémie.

Pour certains commerçants, c’est toutefois plutôt un achalandage réduit qu’on appréhende, par rapport aux années précédentes.

« C’est sûr que les restrictions annoncées vont avoir un impact sur les ventes », tranche le directeur général de la SDC de l’Avenue du Mont-Royal, Claude Rainville. Ce dernier constate d’ailleurs que l’achalandage des commerces de l’artère commerciale du Plateau-Mont-Royal a commencé à diminuer depuis que le gouvernement Legault a pressé les employeurs, en début de semaine, à procéder à un retour au télétravail à 100 %.

« On a vu l’achalandage baisser par rapport à l’an dernier », note elle aussi la directrice artistique et du développement de l’atelier-boutique d’Harricana-Canadian Hat, Mariouche Gagné, dont l’établissement se situe sur la rue Wellington, à Verdun. « On espère que les gens vont continuer à venir nous voir », ajoute Mme Gagné, qui assure que la distanciation physique pourra facilement être respectée dans son commerce, compte tenu de la taille importante de celui-ci.

M. Rainville s’inquiète d’ailleurs particulièrement pour les restaurateurs de l’artère, qui ont été pris de court par une vague d’annulation de réservations dans les derniers jours. « Ce n’est pas juste des pertes de ventes, c’est aussi qu’à quelques jours du temps des Fêtes, les frigidaires étaient pleins », évoque M. Rainville, qui espère que des programmes d’aide seront de nouveau mis en place pour venir en aide aux propriétaires de bars et de restaurants.

Pénurie de main-d’oeuvre

Le retour de la capacité d’accueil réduite dans les commerces vient aussi exacerber les enjeux de main-d’oeuvre dans plusieurs établissements confrontés à d’importants défis de recrutement.

« Le réel impact des mesures sanitaires, c’est que ça prend plus d’employés pour contrôler l’achalandage », relève Glenn Castanheira.

Paul-André Goulet, qui possède notamment un magasin Sports Experts de trois étages sur la rue Sainte-Catherine Ouest, craint pour sa part que « l’impact psychologique » de la montée de cette nouvelle vague de cas de COVID-19 et des nouvelles mesures sanitaires annoncées en décourage certains de faire des emplettes du temps des Fêtes.

« Est-ce que les gens vont avoir le goût d’acheter? Est-ce qu’ils vont avoir le goût de fêter? » questionne le commerçant.

Des hôtels au bord du gouffre

 

Bien qu’épargnés par les nouvelles contraintes sanitaires annoncées jeudi par le gouvernement Legault, les hôtels en paient tout de même les frais par ricochet. « Avec la panique qui s’est installée jeudi avec les annonces du premier ministre, il y a une vague d’annulations. C’est difficile pour le secteur hôtelier actuellement », confirme le président-directeur général de l’Association des hôtels du Grand Montréal, Jean-Sebastien Boudreault.

Si certains programmes gérés par le gouvernement fédéral sont toujours en place pour aider les hôteliers, « au niveau municipal et provincial, il n’y a pas grand-chose », déplore-t-il par ailleurs. Or, le temps presse, martèle M. Boudreault.

« Si on ne trouve pas des solutions et qu’on n’est pas capables d’agir rapidement avec des tests rapides, qu’on n’est pas capables d’aider les hôteliers, il y a effectivement des hôtels qui vont fermer. Et on veut éviter ça le plus que possible », laisse-t-il tomber.

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