Un bébé de moins de deux mois meurt de la COVID-19

L’établissement hospitalier à vocation pédiatrique en a fait l’annonce vendredi après-midi par voie de communiqué.
Photo: Michael Monnier Le Devoir L’établissement hospitalier à vocation pédiatrique en a fait l’annonce vendredi après-midi par voie de communiqué.

Un bébé de moins de deux mois est mort entre les murs du Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine après avoir contracté la COVID-19. Une situation aussi rare que troublante qui rappelle l’importance de vacciner les femmes enceintes contre ce virus, selon deux employées de l’établissement.

Le centre hospitalier à vocation pédiatrique en a fait l’annonce vendredi après-midi par voie de communiqué. On y mentionne que l’enfant, qui était en bonne santé à la naissance, a été hospitalisé aux soins intensifs récemment après avoir contracté la maladie. Il a succombé à des complications reliées à la COVID-19 jeudi.

« Le CHU Sainte-Justine tient à offrir ses plus sincères condoléances aux parents et à la famille du nourrisson », indique l’établissement, qui rappelle que les nourrissons sont plus à risque de développer des symptômes graves de la COVID-19.

Vacciner les femmes enceintes

 

L’établissement n’a pas voulu commenter davantage cette affaire en raison « des aspects hautement confidentiels » que celle-ci recèle. Deux de ses employées se sont toutefois confiées au Devoir vendredi soir.

« Ça nous a vraiment mis à terre cette nouvelle », confie en entrevue l’obstétricienne-gynécologue au CHU Sainte-Justine, Diane Francœur, qui a tenu à offrir ses condoléances à la famille éprouvée. Il s’agirait d’ailleurs du premier nourrisson à décéder de la COVID-19 au Québec, selon les deux expertes consultées.

Si Mme Francœur a souhaité commenter ce triste décès, dont on ignore l’ensemble des circonstances, c’est qu’il rappelle selon elle l’importance de sensibiliser les femmes enceintes à obtenir leurs deux doses de vaccin contre la COVID-19, puisque celles-ci peuvent alors transmettre leurs anticorps contre le virus à leur nouveau-né.

« Je ne peux pas rester silencieuse sur le fait que présentement, on n’a pas de chiffres sur taux de vaccination des femmes enceintes », renchérit Mme Francœur, qui a d’ailleurs été nommée récemment directrice générale de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada. Selon elle, « pas plus » de 50 % des femmes enceintes seraient adéquatement vaccinées contre la COVID-19 dans la province. « Elles ont peur. On n’a pas réussi à les vacciner et pour nous, c’est un échec », soupire-t-elle.

Les femmes enceintes font d’ailleurs partie des groupes prioritaires pour la vaccination contre la COVID-19, incluant pour la troisième dose.

« Les nouveau-nés, comme on ne peut pas les vacciner eux, on doit vacciner les femmes enceintes », insiste elle aussi la obstétricienne-gynécologue au CHU Sainte-Justine, la Dre Isabelle Boucoiran, qui rappelle que les risques de complications à la suite de la vaccination sont très faibles.

« Ce qui est probablement le plus dangereux pour les femmes enceintes, c’est d’avoir des enfants à bas âge à la maison parce qu’ils ne sont pas vaccinés », surtout si ceux-ci vont à la garderie, où ils peuvent avoir plusieurs contacts sociaux, renchérit Diane Francœur. D’autant plus que le variant Omicron, qui se propage à vue d’œil dans la province, est beaucoup plus contagieux que la souche originelle du virus.

Le nombre de jeunes hospitalisés pour la COVID-19 a d’ailleurs augmenté dans les derniers mois. ll s’agit en bonne partie de personnes qui n’ont pas été adéquatement vaccinées contre le virus.

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