Toronto finance la contestation de la Loi québécoise sur la laïcité de l’État

Le conseil municipal fournira une contribution de 100 000$ aux organisations qui contestent la loi devant les tribunaux.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le conseil municipal fournira une contribution de 100 000$ aux organisations qui contestent la loi devant les tribunaux.

Le conseil municipal de Toronto a adopté à l’unanimité, jeudi, une résolution visant à contribuer financièrement à la contestation judiciaire de la loi québécoise sur la laïcité de l’État.

Dans un communiqué, la Ville indique que le conseil municipal a voté pour réaffirmer l’opposition de Toronto à cette loi et pour fournir une contribution de 100 000 $ aux organisations qui la contestent devant les tribunaux.

Cette contestation judiciaire est menée par le Conseil national des musulmans canadiens et le World Sikh Organization of Canada, deux organismes basés à Ottawa, de même que par l’Association canadienne des libertés civiles, établie à Toronto.

Toronto a également invité d’autres municipalités canadiennes à affirmer leur opposition à la Loi sur la laïcité et à soutenir financièrement la contestation judiciaire.

La métropole canadienne imitait ainsi jeudi le conseil municipal de Brampton, en Ontario, qui avait été mercredi le premier à voter pour verser 100 000 $ aux trois organisations qui contestent la loi québécoise.

La Loi sur la laïcité de l’État, adoptée en juin 2019 à l’Assemblée nationale, interdit aux employés de l’État en position d’autorité coercitive, comme les juges, les policiers et les gardiens de prison, de porter des signes religieux dans l’exercice de leurs fonctions.

Cette interdiction s’étend aussi aux enseignants du réseau public. Le débat sur cette loi a d’ailleurs été relancé ce mois-ci lorsqu’on a appris qu’une enseignante de Chelsea, en Outaouais, avait été réaffectée à d’autres tâches parce qu’elle portait le hidjab en classe.

« Les Torontois et les Canadiens ne peuvent pas rester les bras croisés devant une telle loi qui restreint la protection et le respect accordés aux libertés religieuses et à d’autres libertés fondamentales par notre Charte des droits et libertés », a expliqué jeudi le maire de Toronto dans un communiqué.

La Ville de Brampton, de son côté, soutient être l’une des municipalités canadiennes les plus diversifiées. En contribuant à la contestation de la loi québécoise, la Ville dit vouloir illustrer son appui à ce que la diversité apporte aux communautés locales et à l’ensemble du pays.

Le maire de Brampton, Patrick Brown, un ancien chef du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario, affirme que cette loi est discriminatoire et que la liberté de religion est un principe fondamental qui doit être défendu.

Depuis que le maire Brown a invité d’autres Villes à s’impliquer, plusieurs municipalités à travers le pays ont indiqué leur soutien à son initiative et ont déclaré qu’elles soumettraient des demandes de financement à leurs conseils respectifs.

Mercredi, la nouvelle mairesse de Calgary, Jyoti Gondek, a également déclaré qu’elle souhaitait que sa Ville contribue financièrement à la contestation judiciaire de cette loi « déraisonnable ».

À voir en vidéo