L’ombudsman de l’Archidiocèse de Montréal reçoit 75 plaintes, dont 46 pour des abus

Dix des plaintes d’abus ont été transférées à des enquêteurs externes et neuf autres ont été transmises «aux communautés religieuses concernées».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Dix des plaintes d’abus ont été transférées à des enquêteurs externes et neuf autres ont été transmises «aux communautés religieuses concernées».

L’ombudsman embauchée par l’Archidiocèse catholique romain de Montréal a révélé, mercredi, avoir reçu 75 plaintes formelles, dont 46 portants sur des abus, qui s’étendent sur une période allant de 1950 à aujourd’hui.

Ce deuxième rapport de Me Marie Christine Kirouack a été publié mercredi. Cette avocate a été embauchée plus tôt cette année par l’archevêché pour accueillir les plaintes contre des membres du clergé. Les nouvelles données sont basées sur les plaintes reçues entre le 5 mai et le 30 novembre.

Parmi les 46 plaintes d’abus, 30 sont de nature sexuelle et 16 sont de nature physique, psychologique, financière ou spirituelle.

Toujours selon Me Kirouack, dix des plaintes d’abus ont été transférées à des enquêteurs externes et neuf autres ont été transmises « aux communautés religieuses concernées ».

Elle ajoute avoir reçu 30 demandes pour des enjeux qui tombent en dehors de sa juridiction, comme des plaintes liées aux mesures sanitaires imposées en raison de la pandémie de COVID-19 ou liées aux atrocités commises contre les Autochtones.

 

Par voie de communiqué, Me Kirouack soutient que les victimes alléguées « ont besoin d’être réconfortées » et qu’une partie importante de son travail consiste à « écouter leur souffrance ».

Elle dit aussi espérer que son rapport « encouragera d’autres victimes à porter plainte ».

La nomination de Me Kirouack, en mai 2021, faisait suite à une recommandation de l’ex-juge de la Cour supérieure, Pepita G. Capriolo. En novembre 2020, l’ex-magistrate avait déposé un rapport sur la gestion par l’Église du cas de l’ex-prêtre Brian Boucher condamné à huit ans de prison pour avoir agressé sexuellement deux mineurs.

Parmi ses conclusions, l’ex-juge avait noté que l’Église entretenait une « culture du secret » et manquait d’imputabilité. Pepita G. Capriolo soutenait que l’Église était plus préoccupée par la protection de la réputation de Brian Boucher que par l’importance de réagir aux plaintes d’agressions sexuelles.

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