L’ex-conjoint d’Elisabeth Rioux plaide coupable dans une affaire de violence conjugale 

Ni M. McCormick ni Mme Rioux n’étaient présents au palais de justice lundi matin.
Photo: Capture d'écran Instagram Ni M. McCormick ni Mme Rioux n’étaient présents au palais de justice lundi matin.

« Je vais te brûler vivante. » « Je vais te “shooter” une balle dans la tête. » Voilà quelques-unes des menaces proférées par Bryan McCormick à son ex-conjointe, la femme d’affaires et influenceuse Elisabeth Rioux, en plus de lui avoir fait subir de nombreux actes de violence, parfois quand elle avait leur bébé dans ses bras. L’homme de 28 ans a plaidé coupable lundi à trois chefs d’accusation pour ces gestes commis dans un contexte de violence conjugale.

Il a enregistré ses plaidoyers au palais de justice de Saint-Jérôme, le jour même où le procès devait commencer.

Les reconnaissances de culpabilité — sur des chefs de voies de fait, de menaces de mort et de méfait, soit la destruction d’objets — ont fait suite à une entente conclue jeudi avec la Couronne, qui a ainsi accepté de demander un arrêt conditionnel des procédures pour les quatre autres chefs d’accusation auxquels Bryan McCormick faisait face, c’est-à-dire agression armée, séquestration, harcèlement criminel et communications harcelantes.

L’entente conclue jeudi matin fait en sorte qu’il n’y aura pas de procès. Ni M. McCormick ni Mme Rioux n’étaient présents au palais de justice lundi matin. Ils ont tous deux suivi l’audience à distance par visioconférence.

La juge Nancy McKenna, de la Cour du Québec, a lu les chefs d’accusation et a demandé à Bryan McCormick s’il plaidait coupable.

« Oui », a sobrement répondu trois fois le jeune homme, vêtu d’un simple chandail noir.

Cela « évite à la victime de témoigner. C’est donc toujours un soulagement », a déclaré la procureure de la Couronne, Me Fanny Dubois-Grondin, en quittant la salle.

Peu après l’audience devant la magistrate, Elisabeth Rioux a mis en ligne un message sur son compte Instagram, dans lequel elle écrit en anglais que ce triste épisode s’est conclu positivement pour elle et que cette journée représente un « nouveau départ. »

« J’écris habituellement énormément de choses sur mes émotions, mais honnêtement, actuellement, je ne trouve pas les mots », a confié la jeune femme de 24 ans, avant de remercier tous ceux qui l’ont soutenue.

La face cachée de leur relation

Ils sont jeunes et beaux, et publiaient des photos splendides de leur vie glamour aux quatre coins du monde sur les réseaux sociaux. Mais cette vie qui faisait l’envie de plusieurs cachait un côté sombre : après qu’Elisabeth Rioux eut elle-même dénoncé publiquement, il y a un peu plus d’un an, une partie de la violence qu’elle a subie, l’« exposé conjoint des faits » qui a été déposé à la cour lundi matin en révèle beaucoup plus.

 

Les gestes reprochés à Bryan McCormick ont commencé en novembre 2019 et se sont poursuivis après la naissance de leur enfant, en juillet 2020.

Les journées du 28 et 29 septembre 2020 ont constitué un tournant, peut-on lire dans le document de 5 pages, signé par l’homme de 28 ans, qui reconnaît ainsi chacun des faits.

Alors que la jeune femme venait de lui dire qu’elle jugeait préférable qu’ils prennent « du temps chacun de leur côté », ces paroles ont déclenché une colère chez l’homme. Pendant qu’elle avait sa fille dans ses bras, pour lui donner à boire, M. McCormick a pris sa conjointe par les cheveux et s’est approché de son visage « pour lui dire que ça n’allait pas assez vite à son goût ».

Comme elle avait peur, elle a ouvert le moniteur du bébé pour l’enregistrer. Dans un accès de colère, il l’a détruit. Elle a ensuite réussi à le filmer avec son cellulaire. Pour le déverrouiller avec la reconnaissance faciale, il a agrippé son visage, lui laissant un bleu sous le menton et blessant sa lèvre qui s’est mise à saigner.

Il s’est énervé davantage et a commencé à l’étrangler : « J’ai pu rien à perdre, donne-moi ton code de cell, j’vas te tuer si tu ne me donnes pas le code. »

Puis, debout sur le lit avec leur enfant dans ses bras, il a ensuite écrasé la tête de la jeune femme avec son pied. « La base de lit a été détruite lors de cet événement », peut-on lire dans l’exposé.

Elisabeth Rioux a réussi à contacter une amie : Bryan McCormick l’a alors prise par la gorge pour l’empêcher de parler, a-t-elle rapporté. Cette amie est venue la chercher accompagnée de deux hommes et ils ont quitté la maison avec le bébé. Le 29 septembre, elle portait plainte à la police.

Une dizaine d’autres épisodes agressifs

L’exposé conjoint des faits rapporte de 13 à 15 autres épisodes lors desquels l’homme a eu un comportement agressif, s’est livré à des voies de fait sur celle qui était alors sa conjointe, a détruit des objets et fait des trous dans les murs avec ses poings.

« Ce type de comportements agressifs a commencé lorsque Mme Rioux était dans son premier trimestre de grossesse », est-il écrit.

On peut lire dans ce résumé qu’il lui a serré les bras et lui a poussé la tête contre le mur, lui a tiré les cheveux, l’a étranglée et a fait des gestes de coup de poing en l’arrêtant tout près de son visage, parfois quand elle tenait leur bébé.

« L’accusé a déjà étranglé Mme Rioux en l’accotant au mur et en la levant du sol alors qu’elle avait l’enfant dans ses bras. Lors de cet événement, la victime a manqué d’air quelques secondes. »

Il reste à déterminer la peine qui sera imposée à Bryan McCormick : les avocats feront leurs plaidoiries à ce sujet le 30 mai. La Couronne a l’intention de demander une peine de prison ferme.

Si vous êtes victime de violence conjugale, vous pouvez appeler la ligne d’urgence de SOS violence conjugale au 1 800 363-9010 (24/7). www.sosviolenceconjugale.ca  



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