L’histoire contemporaine du Québec perd un de ses piliers

René Durocher, un des pionniers de l’histoire contemporaine du Québec, est décédé. Un vaste public le connaissait comme coauteur, en compagnie de Paul-André Linteau, Jean-Claude Robert et François Ricard, d’une Histoire du Québec contemporain. Ce livre, publié en deux tomes, a renouvelé le rapport à l’histoire au Québec. Cette imposante synthèse, rédigée dans un style clair, mais sans éclat, a plusieurs fois été réimprimée.

« C’est un livre qui est devenu une référence pour l’histoire du Québec », observe Raymond Bédard, président de la Société des professeurs d’histoire du Québec. « C’était divisé chronologiquement, mais à l’intérieur, il y avait des subdivisions par thèmes. Par exemple : le syndicalisme, les arts, l’éducation, la place de la religion. On pouvait donc rapidement retrouver, disons, l’histoire de l’éducation sous Duplessis. C’était une structure facile à consulter et une très belle synthèse de l’histoire contemporaine qu’on n’avait pas. »

René Durocher, lui-même professeur jusqu’au début des années 2000, s’est engagé dans des débats sur la question de l’enseignement de sa discipline tout au long de sa carrière. Il s’est activement consacré au dossier de l’enseignement concret de l’histoire, sur les bancs de la petite école jusqu’à l’université. En 1995, il est l’un de ceux qui proposent une réforme de l’enseignement de l’histoire au Québec. À son sens, cet enseignement doit redevenir obligatoire dès le primaire. À cette fin, des professeurs compétents doivent être formés, insiste-t-il. Il plaide aussi en faveur d’un nombre d’heures d’enseignement accru de cette discipline, tant au niveau secondaire que collégial.

L’historien a aussi connu une carrière administrative à titre de directeur du Département d’histoire de l’Université de Montréal. Il fut par ailleurs vice-doyen à la Faculté des arts et sciences de la même université, de même que directeur général des Chaires de recherche du Canada. De 1978 à 1981, il présida l’Institut d’histoire de l’Amérique française.

Il est aussi le codirecteur, avec Paul-André Linteau, du livre Le retard du Québec et l’infériorité économique des Canadiens français, un ouvrage consacré à la dimension économique du Canada français et publié en 1971.

Né en 1938, René Durocher obtient, en 1965, une licence en Histoire de l’Université de Montréal. En 1968, il obtiendra un Diplôme d’études supérieures en histoire de la même institution. Il fera carrière dans la même institution à compter de 1974, après avoir enseigné à l’université York, à Toronto. Il est décédé le 21 novembre, à la suite d’une courte maladie.

Photo: Bernard Lambert, Journal Forum, Université de Montréal René Durocher est mort le 21 novembre, à la suite d’une courte maladie.

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