Agression du policier Vig: Ali Ngarukiye serait apte à subir son procès

Le mandat d’arrestation déposé contre Ali Ngarukiye comprend une liste de sept chefs d’accusation, dont tentative de meurtre, voies de fait graves contre un policier, avoir désarmé un agent de la paix et avoir déchargé une arme à feu.
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir Le mandat d’arrestation déposé contre Ali Ngarukiye comprend une liste de sept chefs d’accusation, dont tentative de meurtre, voies de fait graves contre un policier, avoir désarmé un agent de la paix et avoir déchargé une arme à feu.

Ali Ngarukiye, cet homme accusé d’avoir tenté de tuer le policier Sanjay Vig dans le quartier de Parc-Extension, à Montréal, serait apte à subir son procès criminel, malgré une étrange comparution lundi lors de laquelle il a eu l’air déconnecté de la réalité.

L’homme de 22 ans est l’auteur présumé de cette attaque, survenue en janvier dernier, sur le policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour laquelle Mamadi III Fara Camara, un Montréalais sans histoire, avait été injustement arrêté et détenu pendant six jours.

Lundi matin, Ali Ngarukiye a comparu depuis l’institut psychiatrique Philippe-Pinel de Montréal. Son avocat, Me Lloyd Fischler, avait demandé une nouvelle évaluation psychiatrique du jeune homme.

Amené dans la salle de visioconférence pour sa comparution, l’accusé était vêtu d’une jaquette d’hôpital en plastique jaune, les épaules enveloppées d’une couverture blanche. Menotté, l’homme avait l’air absent, voire hagard.

Depuis la salle de cour de Montréal où il se trouvait, son avocat lui a demandé en anglais s’il entendait bien. Il n’a reçu aucune réponse.

« Il ne réagit pas, a constaté le juge Salvatore Mascia de la Cour du Québec. Il ne semble pas conscient de l’audience en cour. »

L’accusé s’est alors mis à répéter : « Vas-y man, tu dois parler man », semblant s’adresser à lui-même et tirant sur ses chaînes.

Il a alors été annoncé qu’il remplissait les critères minimaux pour être déclaré apte à subir son procès, selon l’expertise psychiatrique réalisée.

Report de l’affaire

Me Fischler a exprimé le désir de s’entretenir avec son client en personne, vu les conséquences de cette décision pour lui, et aussi parce qu’il n’a pu voir son client depuis deux mois. Tous ont convenu de reporter l’affaire à mercredi, notamment vu le comportement de l’accusé.

Ali Ngarukiye s’est alors agité. Il ne voulait pas que les deux infirmiers qui l’escortaient soient en retrait lors de l’audience.

« Ne restez pas derrière moi. Vous devriez être à côté. Je ne fais rien », a-t-il répété plusieurs fois en anglais avant que le lien de visioconférence ne soit coupé.

Une expertise psychiatrique antérieure en est arrivée à la conclusion que l’accusé peut être tenu criminellement responsable des gestes qui lui sont reprochés.

Le mandat d’arrestation déposé contre Ali Ngarukiye comprend une liste de sept chefs d’accusation, dont tentative de meurtre, voies de fait graves contre un policier, avoir désarmé un agent de la paix et avoir déchargé une arme à feu, en plus de deux accusations de vol de voiture.

Pendant sa détention préventive, il aurait assassiné le détenu avec lequel il partageait sa cellule. Il fait donc face en plus à des accusations de meurtre et d’outrage à un cadavre.



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