Front commun politico-syndical à la défense des CPE

Les représentants des trois partis d’opposition à Québec, des délégués de l’organisme «Ma place au travail» et du groupe «Valorisons ma profession» de même que les porte-parole des trois syndicats des CPE publics prennent part à un front commun pour soutenir les CPE. Sur la photo, des membres de cette coalition, lors d’une conférence de presse, dimanche.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les représentants des trois partis d’opposition à Québec, des délégués de l’organisme «Ma place au travail» et du groupe «Valorisons ma profession» de même que les porte-parole des trois syndicats des CPE publics prennent part à un front commun pour soutenir les CPE. Sur la photo, des membres de cette coalition, lors d’une conférence de presse, dimanche.

Des syndicats, des associations de parents et les partis d’opposition à Québec font front commun derrière les employés des centres de la petite enfance (CPE) dans leur grève générale illimitée. Ils somment le premier ministre François Legault de s’impliquer personnellement pour régler ce conflit de travail.

Les jours de grève s’accumulent dans les CPE du Québec, ce qui complique le quotidien de nombreuses familles.

Les garderies affiliées à la CSN ont entamé une grève générale illimitée le 1er décembre. Les deux centrales syndicales représentant la majorité des travailleurs et travailleuses en CPE publics prévoient débrayer de la même façon à partir du jeudi 9 décembre. Autrement dit, environ 840 CPE pourraient donc fermer temporairement leurs portes.

Pour résoudre le conflit de travail, une coalition politico-syndicale enjoint au premier ministre de s’impliquer lui-même à la table de négociations. Les représentants des trois partis d’opposition à Québec, des délégués de l’organisme « Ma place au travail » et du groupe « Valorisons ma profession » de même que les porte-parole des trois syndicats des CPE publics prennent part à ce front commun.

« Le premier ministre du Québec, François Legault, doit s’impliquer directement afin de régler le conflit de travail », ont-ils plaidé en chœur lors d’une conférence de presse dimanche.

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de famille, Marc Tanguay, a souligné que 6 milliards de dollars étaient disponibles pour soutenir les CPE en vertu d’une entente avec le gouvernement fédéral. « Il serait bien avisé d’investir cet argent-là, de faire en sorte qu’on valorise de façon financière le réseau », a-t-il plaidé.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, a joint sa voix à celle de ses collègues pour critiquer le gouvernement. « Vous avez promis que ce réseau-là, vous allez le compléter. Mais avec ces offres-là, vous aller la briser, cette promesse-là. »

« C’est carrément l’avenir de nos CPE pour lequel elles se battent », a clamé Véronique Hivon, porte-parole du troisième groupe d’opposition pour la famille. « C’est l’avenir de la conciliation famille-travail. C’est la lutte pour la présence des femmes dans le marché du travail. C’est le développement du Québec au complet qui est en jeu. »

Des négociations qui s’étirent

Le gouvernement et les syndicats en sont « à quelques millions de dollars » de trouver un terrain d’entente, soutient Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ).

Les négociations achoppent surtout sur le salaire des « autres » travailleuses dans les CPE, à la cuisine, à l’administration ou à l’entretien.

C’est l’avenir de la conciliation famille-travail. C’est la lutte pour la présence des femmes dans le marché du travail. C’est le développement du Québec au complet qui est en jeu.

 

Une rencontre de négociation est prévue le mercredi 8  décembre entre Québec et la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ). La vice-présidente de ce syndicat, Sylvie Nelson, a bon espoir que le gouvernement « fera un pas en avant » avant cette date. « On est dimanche aujourd’hui, il reste bien des journées avant [le déclenchement de notre grève générale illimitée] jeudi. Le gouvernement a un autre petit tour de roue à faire. Le premier ministre est capable de faire ce dernier petit tour de roue. »

La FIPEQ doit rencontrer à nouveau les représentants du gouvernement ce jeudi, tandis que les négociations entre la Fédération de la santé et des services sociaux et Québec se poursuivent quotidiennement.

La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, avait affirmé vendredi avoir « rejoint les objectifs et les priorités » des syndicats en ayant bonifié son offre.

Dans une communication écrite, le cabinet de Mme LeBel affirme avoir « fait des pas de géant pour le personnel de soutien » dans le cadre de ces négociations. « Du 6 % offert en juillet dernier, nous sommes maintenant à une moyenne de 11 % offert au personnel de soutien. C’est plus de 5 [points par rapport à ce qui était] offert initialement ! »

« Maintenant, les syndicats doivent eux aussi cesser d’être aussi intransigeants », poursuit-on. « La CSN maintient des demandes autour de 20 % pour tous ses membres. Par ailleurs, la CSQ, plutôt que de faire un rapprochement, a creusé l’écart qui nous sépare. »

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