En congrès, un Parti québécois qui veut «trancher» avec 2018

« C’est une approche beaucoup plus tranchée sur l’indépendance, le français et l’environnement », soulève Paul St-Pierre Plamondon lorsqu’interrogé sur les différences entre le PQ de Jean-François Lisée et le sien.
Photo: Adil Boukind Le Devoir « C’est une approche beaucoup plus tranchée sur l’indépendance, le français et l’environnement », soulève Paul St-Pierre Plamondon lorsqu’interrogé sur les différences entre le PQ de Jean-François Lisée et le sien.

À l’aube de son congrès préélectoral, le Parti québécois (PQ) souhaite « trancher » avec ses positions du dernier scrutin. En entrevue avec Le Devoir, le chef Paul St-Pierre Plamondon s’engage à se recentrer sur une indépendance à l’antithèse du « communautarisme » prôné par Justin Trudeau.

L’avocat de formation participera samedi à son premier congrès en tant que chef, à Trois-Rivières. C’est une occasion de « proposer un autre avenir » que celui promis par la Coalition avenir Québec, mais aussi celui que prônait son propre parti au scrutin de 2018, quand il avait perdu vingt sièges.

« C’est une approche beaucoup plus tranchée sur l’indépendance, le français et l’environnement », soulève-t-il lorsqu’interrogé sur les différences entre le PQ de Jean-François Lisée et le sien.

Sur le fond, la position du parti de René Lévesque est loin de changer. Le projet national qu’adopteront les membres ce week-end réitérera que « le Parti québécois veut réaliser l’indépendance du Québec », et ce, dans un premier mandat. « Il n’y a aucune ambiguïté », affirme M. St-Pierre Plamondon.

Mais le chef souhaite également placer plus que jamais le parti en opposition avec le fédéralisme du gouvernement de Justin Trudeau.

« Les autres partis politiques parlent de santé, parlent d’environnement, comme si le fédéral n’existait pas et ne mettait pas les embûches qu’il place sur notre chemin en nous empêchant de nous autodéterminer », dit-il en entrevue.

Conceptions « irréconciliables »

En fin de semaine, les membres du PQ voteront pour rejeter le « modèle d’intégration multiculturaliste qu’on nous impose ». Ils débattront de propositions visant à « soustraire le Québec de l’application du ségrégationnisme et du multiculturalisme canadiens » et à « refuser le projet postnational canadien ».

« Nos conceptions de la société sont irréconciliables, soutient M. St-Pierre Plamondon. Le gouvernement Trudeau prône le communautarisme et la classification des individus par leurs différences. Nous, on prône d’unir les Québécois au-delà de leurs différences. »

« On s’inquiète de la division qu’on voit partout », ajoute-t-il.

La division, le chef du PQ la voit tranquillement naître entre le Québec et sa métropole. Il souhaite à tout prix éviter que Montréal, autrefois parsemée de circonscriptions péquistes, se « sépare mentalement du Québec et de son destin ».

« On ne peut pas laisser ça arriver. Montréal est une priorité », lance-t-il à environ dix mois du scrutin de 2022.

« Évidemment », dit M. St-Pierre Plamondon, il faudra faire des gains sur l’île. Comme un peu partout à travers le territoire électoral. « C’est sûr qu’on veut être dans la progression. Puis on ne se fixe aucune limite. S’il avait fallu que je me fixe des limites quand j’étais à 5 % dans la course à la chefferie… » rappelle-t-il.

Le Parti québécois s’appuie sur des candidatures fortes, signale PSPP. Le chef péquiste désigne du doigt Pierre Nantel, lui qui souhaite remporter la circonscription de Marie-Victorin. Il nomme aussi Stéphane Handfield, l’avocat en immigration, qui sera de la course à l’investiture dans Masson.

Mais au sein de son caucus, peut-il compter sur tout le monde pour l’élection de 2022 ? S’il a perdu le député péquiste Sylvain Roy le printemps dernier, M. St-Pierre Plamondon se dit confiant. « On s’est entendu pour que je leur pose la question au retour, en 2022. Mais les signes sont encourageants », affirme-t-il.

Un PQ plus vert ?

Les sondages les plus récents placent le PQ et Québec solidaire (QS) au coude à coude dans les intentions de vote. Un coup de sonde Léger publié cette semaine les mettait même à égalité à 13 %.

Or, le PQ est le « seul vrai parti » de la souveraineté, répète son chef. « À son congrès, Québec solidaire a mis l’indépendance à la fin de son programme et en a à peine parlé », constate-t-il deux semaines après le rassemblement préélectoral du deuxième parti d’opposition.

Si QS a fait de l’environnement une priorité en congrès ; le PQ veut promouvoir plus que jamais un projet de Québec vert et indépendant.

Le conseil exécutif national du parti a déjà décidé de proposer un rehaussement de ses cibles climatiques dont les membres discuteront ce week-end. Il a aussi déposé deux pages d’amendements pour combattre l’urgence climatique. « La crise climatique, par ses effets sur l’environnement, appelle à un nouveau modèle économique », peut-on lire dans le cahier de propositions du parti.

Environ 450 militants se rassembleront au congrès du PQ samedi, certains par visioconférence, certains en personne. Malgré les difficultés de son parti à garder ses députés, le chef péquiste assure que la formation est en pleine santé. Au dernier décompte, soutient-il, le total de cartes de membres se situait entre 30 000 et 40 000. « C’est solide », lance-t-il au bout du fil, moins de 24 heures avant son premier rendez-vous comme chef avec ses membres.

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