Des experts appellent au calme et à la patience face à Omicron

Le variant Omicron jette une ombre sur les perspectives de sortie de pandémie.
Philip Fong Agence France-Presse Le variant Omicron jette une ombre sur les perspectives de sortie de pandémie.

Le variant Omicron pourrait bien déclasser le variant Delta comme souche dominante du coronavirus dans le monde d’ici quelques mois. Peu de données scientifiques existent pour l’instant sur le danger que représente ce nouvel ennemi, mais les experts appellent au calme et à la patience.

Omicron n’est pas une sous-variation de Delta, mais bien une toute nouvelle souche émanant du variant originel de Wuhan. Plus d’une trentaine de mutations ont été repérées sur le spicule du variant Omicron, ce qui en fait le variant le plus différent de la souche initiale à ce jour.

Plusieurs de ces mutations ont déjà été repérées sur d’autres variants, ou sur des extrapolations en laboratoire. « On ne sait pas comment, dans la vraie vie, cette combinaison de mutations précise va affecter la transmission et surtout la virulence », observe le spécialiste de l’évolution des populations microbiennes à l’Université McGill, Jesse Shapiro.

Il estime que « des mois » seront nécessaires pour déterminer le véritable danger que représente Omicron. « Il faut attendre que les gens soient infectés et aillent à l’hôpital, et savoir s’ils meurent ou pas. »

Les quelques informations préliminaires émanant d’Afrique du Sud sont encourageantes. Des centaines de Sud-Africains ont rapporté souffrir de maux de tête, de fatigue ou d’un rythme cardiaque élevé, mais aucun n’a semblé avoir perdu le sens du goût ou de l’odorat, pourtant un des symptômes associés à la COVID-19.

La spécialiste qui a identifié pour la première fois cette souche, la Dre Angelique Coetzee, a indiqué à plusieurs journaux sud-africains que les symptômes étaient « très différents et très bénins comparativement à ceux des autres patients » touchés par les autres variants. Selon elle, les autorités sanitaires des pays « paniquent inutilement » autour de ce variant découvert en Afrique australe.

Les scientifiques ont tôt fait d’entreprendre des recherches pour établir sa capacité à contourner la protection conférée par le vaccin, tout comme sa capacité à réinfecter des individus déjà atteints par la COVID-19. Il apparaît clair qu’Omicron pourrait « échapper partiellement » aux vaccins actuels, estime M. Shapiro. « C’est très improbable qu’il y ait un échappement complet, c’est-à-dire que les vaccins n’apportent aucune protection contre ce variant. »

Il rejoint les autres autorités sanitaires qui appellent à la patience et au calme. « Ce n’est pas un nouveau virus. On ne recommence pas à zéro. C’est le même virus SRAS-CoV-2. Continuons de nous faire vacciner. Continuons de nous masquer. Continuons de nous préoccuper de la qualité de l’air. »

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 29 novembre 2021. Pour vous abonner, cliquez ici.

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