Les syndiquées de la CSN en CPE votent à leur tour pour une grève illimitée

Après la Centrale des syndicats du Québec, c’est au tour des syndiqués des centres de la petite enfance de la Confédération des syndicats nationaux de se doter d’un mandat de grève illimité, lequel a été adopté à 92,1 %.

« Mardi prochain, si l’attitude à la table de négociations n’a pas changé et qu’on se retrouve toujours devant ce même mur […], nous n’aurons aucun autre choix que de déclencher la grève générale illimitée pour le lendemain, 1er décembre », a soutenu Stéphanie Vachon, représentante du secteur des CPE à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), en conférence de presse vendredi matin.

« En votant aussi massivement, les travailleurs et travailleuses envoient vraiment un message clair au gouvernement et on espère que ce message sera entendu », a-t-elle ajouté.

Elle dit espérer un appel pour retourner à la table de négociation avant mardi prochain, date de la prochaine rencontre prévue à l’agenda. « Ce n’est vraiment pas de gaieté de cœur qu’on a pris cette décision-là, et on sait que ça aura un impact sur les familles du Québec et sur les parents », a soutenu Mme Vachon, qui se dit disposée à négocier 24 heures sur 24.

Cette dernière est consciente que les syndiqués risquent de perdre le soutien des parents, qui doivent composer avec une logistique difficile, et répète qu’elle espère que la grève va durer le moins longtemps possible. « On a pu voir une vague de soutien de la part de la population et des parents. On sait que ce soutien est de plus en plus fragile, mais on est vraiment persuadés que les parents sont derrière nous. […] On sait à quel point c’est difficile pour les parents […] Et on espère que le gouvernement va prendre acte de la détresse parentale. »

Une « claque au visage »

Mercredi, les membres de la Fédération des intervenantes en petite enfance (FIPEQ), affiliés à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), ont voté à 91,2 % pour la grève illimitée. Ce mandat sera exercé avant les Fêtes, à un moment qui reste à être déterminé, avait fait savoir la présidente de la FIPEQ, Valérie Grenon.

Les négociations avec le gouvernement avaient été rompues vendredi soir dernier après quelques jours de négociations intensives. Québec a offert une augmentation de salaire importante aux éducatrices, mais pas au personnel de soutien, dont les employés à la cuisine, à l’administration et à l’entretien. La prochaine ronde de négociation est prévue pour le 30 novembre et les 1er et 2 décembre.

De son côté, Québec évoque la possibilité d’une loi spéciale. La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, a invité jeudi les syndicats à être « raisonnables » et à « régler la situation », affirmant ne pas avoir les moyens d’offrir davantage au personnel de soutien, dont le salaire augmenterait de 2 %, comme pour tous les autres employés de l’État.

Questionnée sur la possibilité que Québec adopte une loi spéciale, Stéphanie Vachon estime que ce serait « le plus mauvais choix » que pourrait faire le gouvernement. « Si on n’a rien d’intéressant [à la table de négociation] et si, en plus, elles se font rentrer un règlement de force […], je pense que ça va vraiment mettre le clou dans le cercueil et provoquer le départ de plusieurs de nos travailleuses. »

Sa collègue Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS-CSN, abonde dans le même sens. Une loi spéciale serait, selon elle, une « claque au visage » pour les travailleuses du réseau.

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