CPE: les membres de la FIPEQ-CSQ se dotent d'un mandat de grève illimitée

C'est à 91,2 % que les membres de la Fédération des intervenantes en petite enfance, affiliée à la CSQ, ont voté en faveur de ce mandat de grève illimitée.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir C'est à 91,2 % que les membres de la Fédération des intervenantes en petite enfance, affiliée à la CSQ, ont voté en faveur de ce mandat de grève illimitée.

Les travailleuses des CPE qui sont membres de syndicats de la FIPEQ se sont dotées, mercredi, d'un mandat de grève illimitée. Il sera exercé à un moment qui reste à être déterminé.

C'est à 91,2 % que les membres de la Fédération des intervenantes en petite enfance, affiliée à la CSQ, ont voté en faveur de ce mandat de grève illimitée.

Au cours d'une rencontre avec la presse, la présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance, Valérie Grenon, a affirmé que cette lutte est menée pour attirer du personnel dans les Centres de la petite enfance et pour voir croître le réseau.

«Ce que je veux dire aux parents, c'est qu'on le fait pour l'avenir du réseau», a lancé la présidente de la FIPEQ.

Le mandat de grève illimitée qui a été obtenu serait exercé «avant les Fêtes», mais à un moment qu'il reste à déterminer, a indiqué Mme Grenon. Tout dépendra du rythme des négociations.

«On sait qu'il y a beaucoup de parents qui nous soutiennent, qu'il y a des parents qui vont avoir de la difficulté à se trouver des plans B. On va souhaiter ne pas utiliser notre grève générale illimitée. Mais s'il faut se rendre là... c'est pour l'avenir du réseau, pour éviter les bris de services et pour les 37 000 familles, en ce moment, qui attendent une place» dans un service de garde, a plaidé Mme Grenon.

À l'heure actuelle, il y a pénurie d'éducatrices et une baisse des inscriptions dans les programmes de Techniques d'éducation à l'enfance.

Les éducatrices sont sous-payées, de l'aveu même du gouvernement Legault. En conséquence, il a déjà annoncé qu'il augmentait partiellement leur salaire, au beau milieu de la négociation avec les organisations syndicales.

La négociation Avec ce mandat de grève illimitée en main, la FIPEQ s'amène de nouveau à la table de négociation, jeudi, avec un rapport de forces accru face aux négociateurs gouvernementaux.

Il n'y a pas eu de négociation entre Québec et la FIPEQ après que cette dernière eut conclu à la rupture des négociations, vendredi soir dernier.

Quant à la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN, c'est jeudi qu'elle demandera à son tour à ses membres de se prononcer sur un mandat de grève illimitée. Mercredi, plusieurs de ses membres ont tenu une manifestation pour exprimer leur impatience d'en venir à une entente avec Québec.

L'enjeu principal, maintenant, est le salaire des «autres» travailleuses que les éducatrices dans les CPE. 

Mme Grenon a illustré le cas d'une préposée à l'entretien dans un CPE, qui gagne 15,32 $ l'heure.

Québec a offert des augmentations plus importantes aux éducatrices, mais pas à ces «autres» travailleuses dans les CPE, comme les employées à la cuisine, à l'administration et à l'entretien.

Pour ces dernières, Québec offre les mêmes augmentations qu'ont eues les employés de l'État, soit 2 % par année pendant trois ans, ou 6 %, avec une bonification salariale pour les plus bas salariés. Cette bonification porte le salaire de 6 à 9 %, selon le titre d'emploi.

La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, a fait savoir qu'elle ne pouvait financièrement donner davantage aux «autres» travailleuses dans les CPE.

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