Le Tamagotchi a 25 ans... et est toujours en vie

Avec les années, Tamagotchi a sorti des modèles et des éditions plus variés, comme celles, d’«Hello Kitty», de «PacMan» ou de «Star Wars».
Photo: Adil Boukind Le Devoir Avec les années, Tamagotchi a sorti des modèles et des éditions plus variés, comme celles, d’«Hello Kitty», de «PacMan» ou de «Star Wars».

Ils ont séduit des légions d’enfants de l’Asie à l’Amérique en passant par l’Europe, envahi les cours d’école à la fin des années 1990, ont donné des maux de tête à des parents… Les Tamagotchis, ces petites créatures électroniques, qui ont vu le jour le 23 novembre 1996 au Japon et inondé le reste du monde l’année suivante, célèbrent leurs 25 ans. Retour sur un phénomène qui a connu un succès fulgurant et qui continue d’éveiller la nostalgie.

Sur la rue Saint-Hubert à Montréal, la boutique Chez Rhox, spécialisée dans la marchandise inspirée de la « culture pop et geek », vend encore quelques modèles de Tamagotchi. « Ce n’est pas notre produit le plus populaire, mais on en vend quand même pas mal », explique Rhox Forgues, propriétaire de la boutique. Environ 10 à 15 par mois, précise-t-elle.

« Je pense que ce sont un peu des achats nostalgiques. Je suis dans la trentaine et je vois que ce sont des gens de mon âge qui commencent à avoir des enfants et qui leur achètent des Tamagotchis — un peu comme pour leur transmettre la passion qu’ils avaient quand ils étaient jeunes. La moitié des gens l’achètent pour eux-mêmes, l’autre pour l’offrir à un enfant », souligne la commerçante.

Un succès fulgurant

 

Pas plus gros qu’un porte-clés et en forme de petit œuf avec trois boutons de commande, le Tamagotchi a été mis au point par l’entreprise japonaise Bandai. Depuis sa création, ce petit compagnon virtuel qui s’agite sur un écran pixélisé et réclame de son propriétaire qu’il s’occupe de lui s’est vendu à plus de 83 millions d’unités à travers le monde.

Qui aurait pu prédire le succès du Tamagotchi ? Dans une entrevue accordée au New York Times en 1997, Aki Maita, une employée de l’équipe de lancement du jouet chez Bandai et considérée comme la co-inventrice du jouet aux côtés de Akihiro Yokoi, confiait que les premières réactions étaient incrédules et que les gens n’en comprenaient pas l’intérêt. « En fait, nous avons eu du mal à le vendre aux boutiques de jouets, certaines refusaient de nous en commander », disait-elle.

Or, le succès qui a suivi a été monstre, au point de dépasser les frontières de l’empire du Soleil levant et de conquérir le reste du monde. Sur l’ensemble des unités vendues, environ 60 % l’ont été à l’extérieur du Japon, dans plus de 50 régions et pays, selon Bandai.

Adulés par certains, détestés par d’autres, les Tamagotchis ne laissaient personne indifférent, des parents exaspérés par les « bip bip » intempestifs aux enseignants découragés de voir les élèves obnubilés par leur écran. Ces petits compagnons virtuels ont rapidement su capter l’attention de leur propriétaire à coups d’alertes sonores. Aujourd’hui, les applications mobiles qui utilisent des notifications push ont pris le relais.

En 25 ans, Tamagotchi a évolué, et les modèles sont devenus de plus en plus variés. Si certains continuent de s’inspirer des originaux, il en existe désormais en couleurs. Les déclinaisons de style se multiplient, de l’édition « PacMan », à celle « Star Wars » ou encore « Hello Kitty ». Dernière nouveauté en date : le Tamagotchi sous forme de montre, désormais tactile.

Des passionnés invétérés

 

Deux décennies et demie après sa sortie, Tamagotchi s’est donc taillé une place au sein des jouets cultes et continue d’être populaire, notamment auprès des adultes qui l’ont adopté étant enfant. C’est le cas de Samantha Tan, une jeune femme âgée de 31 ans qui vit en Corée du Sud. « Je pense que mon premier Tamagotchi provenait d’une gacha machine [une machine distributrice de jouets] en Malaisie quand j’avais 7 ou 8 ans », raconte-t-elle au Devoir.

« Je l’ai perdu un jour et je n’en ai jamais plus possédé jusqu’à il y a quelques années. Je me suis mise à y repenser et à faire des recherches. J’en ai racheté un d’occasion en 2017 — et après ça, j’ai continué à en acheter d’autres. J’ai perdu le compte, mais je suis sûre que j’ai dû acheter plus de 120 petits œufs au fil du temps », confie la collectionneuse, qui s’occupe actuellement d’une poignée d’entre eux et n’hésite pas à les apporter avec elle à l’extérieur ou au travail.

Comme elle, ils sont encore nombreux à y être accros. Le plus important groupe de revente de Tamagotchis sur Facebook compte près de 6500 utilisateurs. Un autre groupe du réseau social, destiné à rassembler les fans et les collectionneurs, compte quant à lui près de 8000 internautes qui échangent quotidiennement sur la plateforme. 

Les nombreuses rééditions de Tamagotchi continuent d’entretenir la flamme des passionnés et leur engouement, bien que son succès soit loin d’être celui de ses débuts.

En 1997, dans un éditorial de The Gazette, on remettait sérieusement en doute le fait que la popularité de Tamagotchi puisse durer dans le temps et connaître un succès comme celui de Barbie — alors que la poupée de Matel venait de souffler ses 38 bougies à l’époque. « Il est peu probable que Tamagotchi puisse profiter d’une longévité semblable », suggérait-on. Ce n’est toujours pas le cas, certes. Mais force est d’admettre que le poussin virtuel est loin d’être mort dans l’œuf.

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