La position de Québec solidaire sur la loi 21 s’embrume

Gabriel Nadeau-Dubois n’a pas pu dire ce qu’un gouvernement solidaire ferait de la Loi sur la laïcité de l’État.
Photo: Peter McCabe La Presse canadienne Gabriel Nadeau-Dubois n’a pas pu dire ce qu’un gouvernement solidaire ferait de la Loi sur la laïcité de l’État.

Opposé aux principes de la Loi sur laïcité de l’État, Québec solidaire (QS) n’a cependant pas décidé ce qu’il ferait du controversé texte s’il était élu au gouvernement. Après avoir rejeté des propositions pour préciser cette position, dimanche, le parti se retrouve sans plan clair dans l’immédiat.

Cette fin de semaine, des militants ont proposé à la formation politique de poser les bases d’une potentielle modification à la « loi 21 ». Dans deux propositions déposées en cours de journée, dimanche, ils ont appelé QS à rouvrir le texte législatif pour en retirer les dispositions de dérogation et les articles sur le port des signes religieux.

Après un long débat, ces amendements ont été rejetés à majorité. « Les membres de Québec solidaire nous ont dit qu’ils ne souhaitent pas que la laïcité soit un des piliers de notre campagne » électorale en 2022, a soutenu le co-porte-parole de la formation Gabriel Nadeau-Dubois lors d’un point de presse.

Historiquement, QS s’est toujours positionné en faveur de la laïcité. Or, en 2019, lors d’un conseil national, les membres avaient décidé de se positionner contre toute interdiction du port de signes religieux. Le parti rompait alors avec une tradition de soutien au compromis Bouchard-Taylor.

La loi 21 de la Coalition avenir Québec, qui oblige les serviteurs publics à retirer leurs signes dans l’exercice de leur fonction, s’inscrit donc en porte-à-faux avec la position officielle de Québec solidaire.

Position à venir

Mais dimanche, malgré plusieurs questions des journalistes, M. Nadeau-Dubois n’a pas pu dire ce qu’un gouvernement solidaire ferait de la Loi sur la laïcité de l’État. « Il y aura une position très, très claire sur cet enjeu-là, mais les membres ont décidé de ne pas bricoler ça en instance », a-t-il dit.

Rien ne dit donc si Québec solidaire compte abroger la loi dans son ensemble, en laisser expirer les clauses dérogatoires ou bien modifier certains articles seulement. « Québec solidaire mettrait de l’avant une nouvelle loi pour affirmer sa conception de la laïcité, qui n’empêche pas à des gens d’aller enseigner dans des écoles publiques, par exemple », s’est contenté de dire M. Nadeau-Dubois, sans préciser quel impact cela aurait sur l’actuel cadre législatif.

En avril dernier, la co-porte-parole de QS Manon Massé avait pourtant dit « lorsqu’on va prendre le pouvoir, il n’est pas question que cette loi-là demeure ».

« On va poursuivre notre réflexion et on va faire des propositions. Il n’est pas question que cette loi reste inchangée », a signifié M. Nadeau-Dubois dimanche. La position du parti sera précisée avant les élections de 2022, a-t-il assuré.

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