Le vaccin pour les jeunes de 5 à 11 ans dès la semaine prochaine

Le Québec peut s’attendre à recevoir d’ici la fin de la semaine prochaine les doses du vaccin de Pfizer-BioNTech destinées aux 5 à 11 ans, le premier à être autorisé pour cette catégorie d’âge au Canada. Le gouvernement Legault se tient prêt à démarrer sa campagne.

« On est totalement coordonnés, et on a entièrement confiance que tout va bien se passer. Le Québec, en particulier, a fait un travail préparatoire d’appoint solide, et on a confiance que d’ici la fin de la semaine prochaine, le déploiement des vaccins pour les enfants se fera très bien », a assuré le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos.

Le premier arrivage de ces fameuses fioles au bouchon orange dans le pays doit se faire dès dimanche. À l’intérieur, des doses de 10 microgrammes de vaccin contre la COVID-19, soit trois fois inférieures à celles des fioles de Pfizer pour adultes, au bouchon violet.

Le Québec se dit prêt à lancer sa campagne de vaccination pour les 5 à 11 ans. Il attend le feu vert du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ), qui diffusera ses recommandations dans les prochains jours.

« [La vaccination des 5 à 11 ans] pourrait commencer aussi rapidement que la semaine prochaine, a dit le ministre québécois de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, de passage à Montréal. Ça nous donne à peu près trois semaines ou un mois pour être capables de vacciner un petit peu moins que 700 000 enfants [avant Noël]. »

C’est un jalon important dans la lutte contre la COVID-19 au Canada.

 

Christian Dubé a souligné qu’il revient aux parents de décider s’ils veulent immuniser leur enfant contre la COVID-19. Imposer un passeport sanitaire aux 5 à 11 ans n’est pas dans les plans, a-t-il assuré vendredi. « Ce n’est pas notre objectif », a-t-il dit.

Vaccin sécuritaire

En point de presse vendredi, les autorités de santé publique fédérales ont longuement insisté sur le fait que les données démontraient que le vaccin à ARN messager de Pfizer comporte plus d’avantages que de risques pour les enfants de 5 à 11 ans.

Les experts de Santé Canada ont étudié quatre événements indésirables graves observés lors des essais cliniques de Pfizer, mais l’analyse a démontré qu’ils n’avaient rien à voir avec la vaccination. Aucun cas de myocardite ou de péricardite (des inflammations au cœur) n’a été signalé.

Les autorités gouvernementales ont suivi de près la campagne vaccinale des enfants aux États-Unis, où le vaccin a été approuvé le mois dernier. Plus de deux millions de petits Américains l’ont déjà reçu, et aucun effet secondaire grave n’est à déplorer.

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Santé Canada a donc approuvé l’administration de deux doses, à trois semaines d’intervalle. Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI), lui, recommande d’attendre huit semaines avant la deuxième injection.

Le CIQ a « de grandes chances d’aller dans le même sens », juge le Dr Gaston De Serres, microbiologiste-infectiologue et membre du CIQ. « Si on veut maximiser la protection des gens, on pense que huit semaines, c’est ce qui est le mieux, dit-il. On le dit déjà pour les autres [catégories d’âge]. »

Appuis chez les pédiatres

L’Association des pédiatres du Québec recommande la vaccination des 5 à 11 ans. Son président, le Dr Marc Lebel, rappelle que la pandémie a un « impact majeur chez les enfants et les adolescents » ainsi que sur leur famille. Des jeunes doivent se soumettre de façon répétitive à des tests de dépistage, d’autres s’isoler parce qu’ils sont infectés ou ont eu un contact avec un cas dans leur classe.

« Plus on a de gens qui sont vaccinés, et si on a des enfants qui sont vaccinés — même avec une dose —, ça va permettre des réunions de famille plus faciles avec les grands-parents lors du temps des Fêtes », affirme le Dr Lebel.

La Dre Caroline Quach-Thanh, pédiatre et microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine, souligne qu’il est « normal » que les parents se questionnent au sujet de la vaccination des 5 à 11 ans. Après tout, les complications graves liées à la COVID-19, telles que le syndrome inflammatoire multisystémique, « demeurent rares ».

La Dre Quach-Thanh souligne d’abord que le vaccin de Pfizer est efficace et induit « moins de fièvre, moins de malaises, moins de douleurs partout, moins de maux de tête que chez les 16-25 ans ». Elle précise que « les données émergentes semblent démontrer » qu’avec un « intervalle de huit semaines ou plus » entre les doses, « il y a moins de risques de myocardite qu’avec un intervalle de trois semaines », le délai préconisé par le manufacturier du vaccin.

« Depuis septembre, c’est vraiment des jeunes enfants de 0 à 2 ans qui sont hospitalisés [au CHU Sainte-Justine] à cause de la COVID-19 », dit la Dre Quach-Thanh.

Faire vacciner son enfant de 5 à 11 ans peut aussi protéger les membres de la famille qui sont immunosupprimés ou qui ne sont pas admissibles à la vaccination.

Il reste que bien des parents hésitent encore à faire vacciner leur enfant. La Dre Mélissa Généreux, professeure à l’Université de Sherbrooke, a abordé la question de la vaccination dans sa dernière enquête sur les effets psychosociaux de la pandémie de COVID-19, réalisée entre le 1er et le 17 octobre.

Parmi les 1400 parents d’enfants âgés de 0 à 11 ans qui ont été sondés, 54 % avaient « l’intention ferme » de faire vacciner leur enfant, signale la chercheuse. Les autres étaient indécis (21 %), refusaient de faire immuniser leur jeune (18 %) ou disaient vouloir le faire « seulement » si leur enfant le souhaitait (7 %).

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Assouplissements pour les voyageurs, si vaccinés

Dès le 30 novembre, les Canadiens entièrement vaccinés pourront faire de courts séjours à l’étranger, de moins de 72 heures, sans devoir présenter un test de dépistage négatif de la COVID-19 à leur retour, a annoncé Ottawa vendredi. Les agents frontaliers continueront d’exiger ce test au retour de plus longs voyages ainsi que pour les visiteurs au pays.

 

L’entrée en vigueur de plusieurs mesures déjà annoncées fait en sorte qu’il deviendra à cette date presque impossible de quitter le pays ou d’y entrer sans avoir reçu ses deux doses, sauf exception. Par contre, le Canada reconnaîtra comme vaccinées les personnes qui ont reçu les vaccins Sinopharm, Sinovac et Covaxin, même s’ils ne sont pas homologués au pays.

 

Dès le 15 janvier 2022, les travailleurs essentiels, dont les camionneurs, devront être entièrement vaccinés pour entrer au Canada. À ce moment se termineront les exemptions dont pouvaient aussi bénéficier les travailleurs étrangers temporaires, les étudiants internationaux, les athlètes professionnels ou encore les voyageurs arrivant au pays pour retrouver leur famille.

 

Boris Proulx