Le SPVM se dissocie d’un analyste aux propos «inacceptables»

Un mémorial de fortune a été érigé sur la rue Villeray avec des gerbes de fleurs, des chandelles, des animaux en peluche et des lettres adressées au jeune Thomas.
Photo: Adil Boukind Le Devoir Un mémorial de fortune a été érigé sur la rue Villeray avec des gerbes de fleurs, des chandelles, des animaux en peluche et des lettres adressées au jeune Thomas.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s’est « dissocié » des propos tenus mercredi par un ancien policier de Laval et analyste invité à commenterà la télévision le meurtre de Thomas Trudel survenu dimanche, dans le quartier Saint-Michel.

« Ce matin, une personne a accordé une entrevue à Salut Bonjour en lien avec le 31e homicide survenu à Montréal en 2021 », a écrit le corps de police de Montréal dans une publication sur Twitter, mercredi après-midi. « Le SPVM tient à se dissocier des propos inacceptables tenus lors de cette entrevue. Cette personne ne parle pas en notre nom et n’a jamais été à l’emploi du Service », ajoute la publication.

 

L’analyste en intervention policière et ancien agent du Service de police de Laval (SPL), Daniel Cléroux, a accordé un entretien mercredi matin à l’émission Salut Bonjour, diffusée par TVA, afin de réagir au meurtre de Thomas Trudel. L’adolescent de 16 ans a été tué par arme à feu dimanche soir à proximité de sa maison, au coin de la rue Villeray et de la 20e Avenue, dans le quartier Saint-Michel. Un événement tragique qui a ébranlé les résidents du secteur de même que l’élite politique, qui a notamment réclamé un meilleur encadrement des armes de poing par le gouvernement fédéral.

Dans une courte séquence de l’entrevue largement relayée mercredi sur les réseaux sociaux, on entend Daniel Cléroux affirmer que le jeune homme, à la peau blanche, « n’a pas du tout le profil de quelqu’un qui fait partie d’un gang, un de par sa nationalité ». De nombreux internautes ont ensuite associé ces propos à du « racisme » et à du « profilage racial ».

À l’heure actuelle, l’enquête du SPVM se poursuit pour élucider les circonstances du décès de Thomas Trudel. Le corps de police, qui n’a procédé à aucune arrestation dans cette affaire jusqu’à maintenant, ignore quels sont les motifs du meurtre. La victime, qui fréquentait l’école montréalaise Joseph-François-Perrault, n’était d’ailleurs pas connue des policiers.

Joint par Le Devoir, le Service de police de Laval (SPL) a lui aussi tenu à se dissocier des propos tenus par son ancien policier.

« Le SPL ne cautionne en aucun moment les propos mentionnés par M. Cléroux. Ils ne représentent pas nos valeurs ni notre pensée », souligne une porte-parole par courriel.

Celle-ci rappelle d’ailleurs que Daniel Cléroux a pris sa retraite du corps de police il y a environ 15 ans. « Il est devenu analyste pour un grand réseau télévisuel par la suite, mais n’a plus aucun lien avec nous », ajoute le SPL.


Ce texte a été mis à jour pour ajouter la réaction du Service de police de Laval.

À voir en vidéo