La Fondation de l’Université de Sherbrooke veut doubler ses dons

Leïla Jolin-Dahel
Collaboration spéciale
Loin de ralentir les activités de la Fondation, la crise sanitaire a même donné un nouveau souffle à la philanthropie.
Photo: Michel Caron /Université de Sherbrooke Loin de ralentir les activités de la Fondation, la crise sanitaire a même donné un nouveau souffle à la philanthropie.

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Forte de nouveaux membres dans son conseil d’administration, la Fondation de l’Université de Sherbrooke désire doubler son objectif pour sa prochaine campagne. Après avoir récolté 115 millions dans une collecte qui s’est terminée en 2018, l’organisme vise maintenant à amasser 250 millions de dollars dès 2023.

« On passe du simple au double, mais avec une nouvelle orientation et de nouveaux projets fédérateurs », résume Daniel Asselin, directeur principal du développement philanthropique de la Fondation de l’Université de Sherbrooke.

Trois membres, tous d’anciens diplômés de l’établissement, viennent rejoindre les rangs du conseil d’administration de la fondation. Il s’agit de Geneviève Brouillard, Josée Darche et Alain Hade, dont la nomination a été annoncée le 21 octobre dernier. « On voulait avoir des gens qui sont étiquetés avec l’Université de Sherbrooke, mais dans des créneaux différents », explique M. Asselin.

En doublant l’objectif en vue de la prochaine campagne, la fondation estime que son atteinte est « réaliste » et désire dépasser les résultats déjà obtenus par le passé. Pour se donner les moyens de ses ambitions, elle a embauché du nouveau personnel et mise sur les technologies. « On n’avait pas de responsables philanthropiques dans tous les secteurs d’activité. Si on n’avait pas les bons outils aujourd’hui, ce serait excessivement difficile de travailler, même en bonifiant l’équipe des ressources humaines », explique M. Asselin.

Avec cette nouvelle structure, l’organisme vise également à fournir une action plus efficace. « Ça va rendre le travail plus serré pour M. Asselin et ses collaborateurs. On est là pour leur simplifier la tâche », ajoute le président du conseil d’administration de la Fondation, Vincent Joli-Cœur.

Plusieurs projets en chantier

Les prochaines années annoncent d’ailleurs plusieurs projets sur le campus, notamment la zone d’innovation, qui vise à favoriser l’essor des sciences et technologies quantiques. « On a de grands projets qui toucheront plusieurs facultés au niveau de leurs impacts », explique M. Asselin. Il ajoute que la zone d’innovation permettra de créer des liens avec de nouveaux donateurs, en misant sur des projets qui mettront l’université sous les projecteurs. « En philanthropie, c’est certain que ça va nous aider », prédit-il.

La Fondation a d’ailleurs des objectifs ancrés avec les enjeux actuels de la société. Ainsi, la prochaine campagne sera axée sur plusieurs projets autour des thèmes des changements climatiques et du développement durable, de la transformation technologique, des soins de santé et du vivre ensemble.

La fondation financera également des projets de La Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et l’extrémisme violents, que l’université a lancée en 2018. Mais pour l’établissement, le vivre ensemble vise aussi à intégrer les personnes âgées. Un des enjeux importants est d’ailleurs le vieillissement, qui sera au cœur de plusieurs initiatives.

Pour M. Joli-Coeur, les différents chantiers sur lesquels œuvre l’université permettent maintenant à des étudiants de plusieurs disciplines de travailler de pair. « On a tout fait pour briser les silos qui existaient par le passé », explique le président du conseil d’administration de la fondation. Et ces projets offriront selon lui à l’établissement une visibilité qui s’étendra au-delà du Québec et du Canada.

Un nouveau souffle avec la pandémie

Loin de ralentir les activités de la Fondation, la crise sanitaire a même donné un nouveau souffle à la philanthropie, estime M. Asselin. « Ceux qui ont beaucoup écopé, c’était les petits organismes qui étaient moins bien structurés et qui ne peuvent pas prendre le virage numérique », croit-il.

M. Asselin attribue d’ailleurs le succès de la Fondation en contexte de la pandémie au large bassin de bienfaiteurs que compte l’université depuis sa création, en 1954. « Avec les différentes cohortes qu’on a, à l’âge où nos donateurs sont rendus, on a un très fort potentiel de don majeur individuel et de dons planifiés », illustre-t-il.

Il estime également que l’attachement qu’ont les anciens étudiants de l’université entraînera de nouvelles occasions philanthropiques. « On va faire des efforts pour aller vers tous les gens qui ont l’alma mater Sherbrooke collée au cœur », prévoit M. Asselin. Ainsi, un employé de la Fondation se consacrera aux dons planifiés. « On voit une opportunité très importante de se glisser dans une grande campagne, à une période qui est selon moi favorable. »

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