Un autre pensionnat pour autochtones entreprend des fouilles pour retrouver des corps

Les recherches s’ajoutent à celles de dizaines d’autres sites au pays.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Les recherches s’ajoutent à celles de dizaines d’autres sites au pays.

Un autre pensionnat pour autochtones, l’un des premiers construits au Canada, a lancé mardi des recherches pour tenter de retrouver des sépultures d’enfants sur son site comme celles retrouvées aux alentours de multiples institutions similaires dans le pays.

Les fouilles au pensionnat de l’institut Mohawk, à Brantford, près de Toronto s’ajoutent à celles qui se déroulent sur les sites de dizaines de pensionnats à travers le pays.

Depuis mai, plus d’un millier de tombes d’enfants autochtones ont été retrouvées près de pensionnats, ce qui a ravivé un douloureux pan de l’histoire du Canada et de sa politique d’assimilation forcée des autochtones.

Mark Hill, le chef des Six Nations de la rivière Grand, a salué « une première étape pour ramener nos enfants à la maison », lors d’une conférence de presse.

Après des mois de planification au cours desquels des policiers ont formé des membres de la communauté sur l’utilisation des géoradars pour scanner quelque 500 acres de terrain, « nous sommes finalement arrivés au jour où les recherches peuvent débuter », a affirmé le chef Hill, précisant que les fouilles et le travail d’analyses pourraient prendre deux ans.

Les enfants autochtones qui ont fréquenté les pensionnats ont été soumis à des mauvais traitements ou à des abus sexuels, et plus de 4000 y ont trouvé la mort, selon une commission d’enquête qui avait conclu en 2015 à un véritable « génocide culturel ».

« Les survivants nous racontent depuis des années les histoires qui se sont déroulées dans ces soi-disant écoles. Cette enquête, et tout le travail qui en découle, est menée par les survivants pour les survivants », a-t-il expliqué.

L’institut Mohawk de Brantford a accueilli de 1885 à 1970 entre 90 à 200 élèves chaque année. Cet établissement faisait partie du réseau de 139 pensionnats pour autochtones que le Canada a comptés.

Entre la fin du XIXe siècle et les années 1990, quelque 150 000 enfants autochtones ont été enrôlés de force dans ces pensionnats où ils ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture.

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