Meurtre de Marylène Lévesque: la coroner recommande le bracelet électronique dans de pareils cas

La jeune femme de 22 ans a été assassinée, en 2020, dans un hôtel de Québec par Eustachio Gallese, un client du salon de massage où elle travaillait.
Photo: Facebook La jeune femme de 22 ans a été assassinée, en 2020, dans un hôtel de Québec par Eustachio Gallese, un client du salon de massage où elle travaillait.

Les auteurs d’homicides en contexte de violence conjugale qui sont placés en libération conditionnelle devraient porter un bracelet électronique, selon la coroner qui s’est penchée sur le décès de Marylène Lévesque.

« Si l’agresseur de Mme Lévesque avait porté un bracelet électronique avec géolocalisation, son décès aurait probablement pu être évité », écrit Me Stéphanie Gamache dans son rapport.

La jeune femme de 22 ans a été assassinée, en 2020, dans un hôtel de Québec par Eustachio Gallese, un client du salon de massage où elle travaillait. Cet homme avait purgé une peine de prison pour le meurtre de sa conjointe. Il était en semi-liberté avec conditions au moment de leur funeste rencontre.

Dans son rapport, la coroner relève que « Mme Lévesque n’a jamais été mise au courant des antécédents de violence conjugale de son agresseur », alors que ce dernier « a usé de mensonges et de tromperies pour contourner les conditions de sa semi-liberté conditionnelle » dans le but d’entretenir une relation avec elle.

Les services correctionnels recourent déjà au bracelet électronique pour les délinquants qui ont des interdictions de contacts liés à des restrictions géographiques.

La coroner y voit « une mesure additionnelle de soutien aux mécanismes de surveillance en place » qui permettrait « de valider les dires d’un délinquant qui voudrait user de subterfuges pour faire fi de ses conditions de libération ».

Me Gamache écorche aussi les façons de faire des services correctionnels de façon plus générale dans son rapport. Après analyse du dossier, elle en conclut que « le plan complet d’intervention correctionnel » qui avait été préparé pour Eustachio Gallese « a été un échec retentissant ».

Rappelons que M. Gallese a été condamné en février 2020 à une peine de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

La CAQ ouverte à l’idée

Invitée à commenter les recommandations, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbeault, a dit avoir un « préjugé très favorable » à l’utilisation du bracelet électronique. « Il ne faut pas penser que ce sera un miracle avec ça, mais ça peut certainement être une mesure intéressante », a-t-elle dit.

En fait, le gouvernement du Québec étudiait déjà la possibilité de recommander le recours au bracelet électronique pour prévenir les homicides conjugaux. Il en avait fait l’annonce en décembre 2020 et un rapport sur la question doit être remis à la ministre le 16 novembre.

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