Marguerite Blais ne témoignera pas devant la coroner dans l’enquête sur les CHSLD

La ministre responsable des aînés, Marguerite Blais
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre responsable des aînés, Marguerite Blais

Marguerite Blais n’aura finalement pas à témoigner devant la coroner chargée de faire la lumière sur les décès survenus en CHSLD lors de la première vague de COVID-19.

La coroner Géhane Kamel a annoncé, lundi, qu’en raison de la condition médicale de Mme Blais, celle-ci sera remplacée par l’ex-ministre de la Santé, Danielle McCann, et l’ancien sous-ministre à la Santé, Yvan Gendron.

Le témoignage de M. Gendron aura lieu le 16 novembre, au palais de justice de Québec, tandis que Mme McCann, qui est l’actuelle ministre de l’Enseignement supérieur, sera entendue le lendemain.

Du 25 février au 11 juillet 2020, les Québécois de 70 ans et plus ont compté pour 92 % des décès dus à la COVID-19, selon l’Institut national de santé publique du Québec.

Mme Blais, qui était la ministre responsable des Aînés, est en congé de maladie depuis le 29 octobre pour cause d’épuisement professionnel. Ses responsabilités ont été confiées au ministre de la Santé, Christian Dubé.

Des réactions diverses

En entrevue lundi, le président-directeur général du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, a dit ne pas regretter l’absence de Mme Blais.

«Mme Blais n’aurait pas été nécessairement d’une grande aide, a-t-il déclaré. Mme Blais comme ministre sans portefeuille n’a aucune autorité légale. (...) La seule autorité qui existe, c’est le ou la ministre.»

«Je n’achète pas la théorie de dire: “Elle n’a pas de pouvoir”», a aussitôt rétorqué la porte-parole libérale pour les aînés et les proches aidants, Monique Sauvé.

«Non seulement elle est responsable des CHSLD, mais elle a eu le pouvoir d’aller chercher 3 milliards $ pour ses maisons des aînés. Ça, ce pouvoir-là, elle l’avait.»

L’élue libérale estime que la condition médicale de Mme Blais ne doit pas servir «d’excuse» pour «l’exempter» de l’enquête. Elle demande à ce que Mme Blais témoigne dès sa santé retrouvée.

«Il faut faire le plus de lumière possible. Qu’est-ce qui s’est passé? Qu’est-ce qu’on a manqué? Non pas pour faire un procès, mais pour comprendre la chaîne de commandement, pour que plus jamais ça ne se reproduise.»

Même requête du côté de Québec solidaire (QS). Son chef parlementaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a affirmé en conférence de presse lundi qu’il souhaitait lui aussi entendre Mme Blais lorsqu’elle aura pris du mieux.

«Si c’est possible d’obtenir son témoignage dans quelques semaines, dans quelques mois, je pense que ce serait souhaitable», a-t-il déclaré.

M. Nadeau-Dubois a tout de même souligné que les politiciens ne sont pas des «superhéros», mais des personnes qui doivent prendre soin de leur santé.

«En 2021, on ne sort pas quelqu’un d’un congé de maladie, même si c’est très important, a-t-il ajouté. Changer la culture politique, (...) ça veut dire aussi être capable de respecter quand il y a des limites physiques.»

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