Deux officiers de l’UPAC relevés de leurs fonctions

Deux officiers de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) ont été relevés de leurs fonctions opérationnelles à la suite d’un arrêt des procédures.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Deux officiers de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) ont été relevés de leurs fonctions opérationnelles à la suite d’un arrêt des procédures.

Deux officiers de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) ont été relevés de leurs fonctions opérationnelles à la suite d’un arrêt des procédures dont a pu profiter l’ex-maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille.

Le commissaire associé aux enquêtes de l’UPAC, Sylvain Baillargeon, et le lieutenant Janik Lacoursière ont été affectés à des tâches administratives, a confirmé jeudi le porte-parole du corps policier, Mathieu Galarneau.

Pour cette raison, M. Lacoursière, un officier de la Sûreté du Québec, a réintégré son organisation d’origine, a précisé le porte-parole.

M. Galarneau a expliqué que ces mesures d’une durée indéterminée ont été prises par précaution, à la suite d’une décision de la Cour du Québec, à la mi-octobre.

La juge Nancy McKenna a ordonné un arrêt des procédures visant M. Robitaille et trois coaccusés dans une affaire de stratagème allégué de corruption et d’abus de confiance à la Ville de Terrebonne.

Travail sévèrement critiqué

 

Dans sa décision, la magistrate a sévèrement critiqué le travail des enquêteurs de l’UPAC et des procureurs du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

La juge McKenna a écrit que « la preuve démontre clairement que les policiers sont prêts à mentir sous serment ».

Mathieu Galarneau a expliqué que la décision de l’UPAC fait suite au jugement. « M. Baillargeon a été muté à des tâches administratives dans les jours suivant la prise de connaissance du jugement, et ce, pour une durée indéterminée, et le chef du service du renseignement, Janik Lacoursière, également », a-t-il dit.

M. Galarneau a expliqué que cette décision était aussi tributaire d’un éventuel appel du DPCP dans ce dossier.

Le commissaire à la lutte contre la corruption, Frédérick Gaudreau, présentera la semaine prochaine son bilan annuel. Il donnera plus de détails à cette occasion, a assuré son porte-parole.

« Le commissaire Gaudreau prend la chose au sérieux pour assurer l’intégrité de son processus de traitement des dénonciations », a dit M. Galarneau.

« Ça grenouille »

En Chambre, le député indépendant Guy Ouellette a questionné la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, quant à une possible enquête criminelle dans ce dossier. Selon M. Ouellette, « il faut punir les délinquants, surtout ceux qui travaillent au sein de ce système de justice ».

« Ça grenouille à l’UPAC, a-t-il dit. Deux des policiers ayant menti à la Cour ont été visés par des actions administratives, soit le numéro 2 de l’UPAC, Sylvain Baillargeon, et l’officier Janik Lacoursière. »

Mme Guilbault s’est retranchée derrière le délai d’appel dont dispose le DPCP dans ce dossier. « L’objectif de la CAQ a toujours été de faire en sorte que l’UPAC fonctionne mieux », a-t-elle répondu.

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