Des textos troublants dévoilés au procès de la belle-mère de la fillette de Granby

Au palais de justice de Trois-Rivières, la Couronne a présenté jeudi au jury une série de textos envoyés par l'accusée.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Au palais de justice de Trois-Rivières, la Couronne a présenté jeudi au jury une série de textos envoyés par l'accusée.

« Je l’ai attachée ben comme il faut. » Voilà l’un des messages texte troublants envoyés par la belle-mère de la « fillette de Granby » le matin du drame.

La Couronne a présenté jeudi au jury une série de textos envoyés de son cellulaire à un contact identifié comme « Casablanca », dont le nom ne peut être révélé par ordre de la Cour. Ils ont été extraits de son téléphone par l’enquêteur spécialisé de la division technologique de la Sûreté du Québec (SQ) Francis Boily-Martineau.

La femme de 38 ans est accusée de la séquestration et du meurtre au deuxième degré de la fillette de 7 ans pour des gestes commis le 29 avril 2019. Ce matin-là, l’enfant a été retrouvée par les premiers répondants nue et inconsciente sur le sol de sa chambre, dans la maison familiale de Granby.

Le procès devant jury se déroule depuis le 19 octobre au palais de justice de Trois-Rivières.

La théorie de la Couronne est que l’accusée a entouré la fillette de ruban adhésif et que celle-ci est morte par la suite. Son décès a été déclaré à l’hôpital le lendemain, soit le 30 avril.

« Elle crie, elle pleure »

Le matin du 29 avril, l’accusée, qui ne peut être identifiée, a envoyé une série de messages texte à son contact « Casablanca ».

À 8 h 12, son premier texto se lit comme suit : « [la fillette] est en train de sortir encore. Elle s’est détachée. »

Peu après, elle écrit, environ 3 heures avant l’appel passé au 911 : « Bon. Vu que tu me rappelles pas, je l’ai attachée ben comme il faut. »

Les messages se succèdent à bon rythme. Plusieurs sont envoyés avant qu’elle n’obtienne une réponse.

À 8 h 58, ce message est transmis : « Elle est très attachée. Elle fait son gros numéro. Elle se fout [des deux autres enfants]. »

La femme s’impatiente : « Elle crie, elle pleure […], elle essaie de se lever mais elle peut pas, écrit-elle à 9 h 01. Jamais elle va arrêter. »

« Tu sais qu’il y a urgence depuis hier et toi tu prends pas le téléphone, accuse-t-elle. Je suis plus capable. »

La veille, la petite fille avait tenté de quitter sa chambre à quelques reprises et a finalement réussi à sortir par la fenêtre, en pleine nuit.

L’accusée finit par recevoir quelques mots de « Casablanca », envoie encore d’autres messages, puis l’échange se termine à 9 h 27. L’enquêteur de la SQ a toutefois signalé qu’il est possible que des messages aient été effacés, et que les méthodes d’extraction de données n’aient pas permis de les récupérer.

Mardi et mercredi, le jury a écouté les déclarations faites à la police par le fils de l’accusée et le frère de la petite victime, après qu’elle fut emmenée par les ambulanciers. Dans ces déclarations vidéo, ils rapportent avoir vu la fillette complètement recouverte de ruban adhésif. Les premiers répondants qui ont témoigné, eux, ont indiqué à la Cour avoir vu un amas de papier collant au sol, près de la fillette.

Des interdits de publication empêchent les journalistes de rapporter des témoignages entiers ou des parties de témoignages. L’identité de certaines personnes impliquées dans ce drame ne peut pas non plus être dévoilée.

Le procès se poursuivra dans les prochains jours avec des témoins experts amenés à la barre par la Couronne.

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